-Par Samir Lotfy-.
Essaouira – Accueillante, généreuse et ouverte à tous, la ville d’Essaouira, ce carrefour de rencontres, de dialogue et d’échanges entre les cultures et les civilisations, vibre depuis jeudi aux rythmes et sonorités gnaouis et du Monde des plus alléchants, confirmant encore une fois, toute sa vocation universelle.

Dans une ambiance festive et bon enfant, la cité des Alizés a bien voulu ouvrir, comme à l’accoutumée, ses bras et son coeur pour accueillir dans l’effervescence et l’hospitalité, ses illustres hôtes parmi les nationaux et ceux issus des quatre coins du monde, le temps de les faire vivre des moments de joie et de détente inégalables.

Des moments tant attendus pour goûter au vrai charme, à l’authenticité sans pareil et à la splendeur indescriptible de cette médina authentique du Maroc Atlantique. Une cité paisible déclarée depuis 2001 patrimoine universel de l’Humanité par l’UNESCO.

C’est dans ce cadre que la cité des Alizés a commencé à accueillir ses invités depuis le début de la semaine, permettant ainsi de créer une véritable dynamique économique et une attractivité touristique remarquable, comme en témoignent la corniche de la ville, les terrasses de cafés bondées, ainsi que ses différents espaces publics et places investis, dès les premières heures, par des foules de personnes parmi les plus curieuses et avides de découvrir la magie de cette ville et de s’imprégner de son esprit d’ouverture sur le monde.

C’est donc toute une cité réputée par son calme et sa tendance paisible qui se métamorphose le temps d’un festival pour s’ériger en un théâtre à ciel ouvert et en une véritable « échoppe », où artistes des arts de la rue offrent des spectacles hallucinants, en se côtoyant avec des commerçants ambulants parmi les Africains subsahariens et autres, ainsi que des artistes peintres et sculpteurs qui, eux, étalent leurs produits en investissant divers coins de la ville, en toute quiétude.

Des moments de retrouvailles et de rencontres entre civilisations et religions amplement garantis par une cité qui croit et fait de la culture et des arts, depuis une trentaine d’années,  »le réacteur » de sa dynamique de développement local, et offre singulièrement l’image rayonnante d’un Maroc uni et pluriel, fortement riche de sa diversité.

Afin de garantir aux festivaliers un agréable séjour, les autorités locales, les services sécuritaires, les acteurs engagés de la société civile locale, tout comme les organisateurs du Festival de Gnaoua et Musiques du Monde, n’ont pas hésité à mettre  »les petits plats dans les grands » pour que rien ne soit laissé au hasard, que toutes les conditions de sécurité et de confort soient réunies, et que cette nouvelle édition tienne toutes ses promesses.

Les promesses, certes, de toute une ville bâtie, depuis sa création par le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah, sur cette culture et cette marque du vivre-ensemble, de la communion et du partage qui forment d’ailleurs, son « ADN » et le socle de la singularité et de l’authenticité de tout un Royaume, havre de paix et de stabilité.

Après de belles journées ensoleillées strictement réservées au ressourcement et à la découverte du port de Mogador, des ruelles de la médina et ses monuments historiques et cultuels les plus emblématiques entre autres, les magiques soirées rythmées commencent à s’enchaîner, sous un air frais qui enveloppe la ville, avec le cri lointain de quelque goélands ainsi que le bruit des vagues océaniques qui s’écrasent sur le littoral, permettant une fusion subtile, avec les rythmes et sonorités livrés par les « Guembris » et « Krakebs » des mâalems gnaoua et autres instruments de la musique moderne, pour conférer à la cité toute sa magie et ce, pour le bonheur de tous.

Pour nombre de festivaliers, la ville d’Essaouira, de par cet esprit d’ouverture qu’elle offre tout au long de l’année et pas uniquement lors des périodes de Festivals de marque qu’elle abrite, est un grand motif de fierté pour tout le Maroc.

Ils ont également mis en avant l’importance du Festival Gnaoua et Musiques du Monde qui a su, au fil des années, acquérir ses titres de noblesse et fédérer autour de lui des mélomanes de l’art authentique gnaoui, issus des quatre coins du monde, le temps de venir nombreux rendre hommage à tous ces mâalems qui ont marqué ce patrimoine de leurs sceaux.

C’est l’avis également de Mme Neila Tazi, productrice du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, pour qui  »le Festival a révélé la richesse d’une culture populaire et réaffirmé notre ancrage africain à travers une culture aux profondes racines subsahariennes ».

Et de poursuivre que le Festival a révélé « un nouveau visage de la jeunesse marocaine, une jeunesse libre, créative, volontaire, assoiffée d’art et d’universalité. Cette jeunesse qui continue, année après année, à témoigner tout son attachement à ce rendez-vous culturel unique et qui se montre engagée à porter le flambeau de la relève ».

Pour Mme Tazi, le Festival a révélé aussi l’impact de l’art dans un projet de développement économique et social, notant qu’au fil du temps et des éditions, les Gnaoua sont devenus de véritables « ambassadeurs » du Maroc, en s’envolant chaque année vers des destinations comme New-York, Washington, Los Angeles, Londres, Paris, Bruxelles, Berlin, Abidjan ou encore l’Australie.

« Au fil du temps, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde est devenu une odyssée que se sont appropriés des millions de Marocains, une odyssée dont ils sont fiers », s’est-elle félicitée.

Dans le cadre des efforts visant l’internationalisation du patrimoine gnaoui, le Maroc a déployé ces dix dernières années des efforts considérables en vue d’inscrire cet art ancestral sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité de l’UNESCO, cette organisation onusienne qui, par le biais d’une commission intergouvernementale devra statuer en décembre prochain sur la demande présentée par le Royaume.

En agissant ainsi, le Maroc, fier de son ancrage africain et euro-méditerranéen, riche de son patrimoine, sa culture et de ses traditions, ambitionne de hisser cette belle aventure humaine et artistique longtemps signée par des mâalems gnaouis, en une consécration mondiale de toute une culture de  »Tagnaouite » qui incarne en elle un tout indivisible (art ancestral, état d’esprit, et un savoir-faire séculaire) désormais à la disposition de toute l’Humanité.

In Fine, avec ce Festival, à l’instar des autres grands rendez-vous programmés annuellement tels que le Festival  »les Andalousies Atlantiques », oeuvre de l’Association Essaouira-Mogador et l’unique au monde à mettre, côte à côte et dans une symbiose inouïe, musiciens musulmans et juifs, Essaouira tient toutes ses promesses, celles de demeurer à jamais cet îlot de paix, d’ouverture, de quiétude et du vivre-ensemble dans un monde de plus en plus en proie à la fracture.

Auteur: Meriem IGASS
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