Flambée générale des prix

Karim Ben Amar

Une séquence vidéo devenue virale circule depuis le week-end dernier. Elle relate la scène apocalyptique se déroulant dans un souk informel de la ville de Had Soualem, relevant de la province de Berrechid, à proximité de Casablanca. Les habitants, en colère contre la flambée des prix, ont littéralement chassé les vendeurs de fruits et légumes installés dans le souk. Le motif de cette protestation est naturellement connu de tous. À Had Soualem, région agricole par excellence, le prix est censé être plus bas qu’ailleurs. Et pourtant, la flambée n’a épargnée aucune région. Même son de cloche à Berrechid, où les citoyens ont mis le feu à 40 tonnes d’oignons, en représailles à la spéculation et à la raréfaction volontaire du légume qui connait une hausse vertigineuse.

La scène largement partagée sur les réseaux sociaux et les plateformes d’échanges fait craindre le début d’un chaos général. Entre les cris et les courses poursuites, la vidéo qui dure 2 minutes et 51 secondes, traduit le véritable malaise qui pèse sur tout le pays.

Il faut bien se le dire, le panier de la ménagère, qui n’excédait pas la barre des 150 dhs par semaine, il y a peine quelques mois, frôle désormais la bagatelle de 300 dhs. Du simple au double. À cause de cette flambée des prix, le Marocain se voit poussé à l’anarchie pour survivre, à défaut de réaction positive de la part du gouvernement, et ce dans la seule perspective d’exprimer par les moyens légaux sa frustration. Sur la séquence, on voit les citoyens prendre de force la marchandise des vendeurs, pendant que ces derniers prennent la poudre d’escampette, abandonnant ainsi au même titre les légumes et fruits en vrac destinés à la vente.

Au milieu de la séquence, l’on aperçoit des transporteurs de marchandises fuyant le souk de peur de se faire littéralement braqués par une population décidée à en découdre. Par la suite, les habitants se servaient tout bonnement dans la marchandise abandonnée, tel un butin de guerre. Le chaos a donc pris le dessus sur l’ordre.

Même climat délétère du côté de Berrechid où pas moins de 40 tonnes d’oignons ont été brûlées par les citoyens en représailles à la tendance haussière. En parlant d’oignons,  sa particularité dans la langue entre sa prononciation et son écriture, se manifeste également dans la flambée de ses prix dans cette conjoncture. À 12 dhs le Kg, et plus dans certains cas, la salade marocaine composée principalement d’oignons et de tomates réclame également sa particularité et prend sa revanche sur les discours qui la reléguait au second plan en tant que salade non coûteuse. C’est ainsi qu’elle fait désormais un clin d’œil revanchard à la ménagère dans les souks et les souikas au grand dam des consommateurs.   

Tout le monde s’accorde à dire que le Maroc est un pays agricole. Plus que cela, le pays exporte ses fruits et légumes dans les quatre coins du globe. D’ailleurs, une photo, elle également très largement partagée sur les réseaux sociaux, affichait un ancien prix de la tomate marocaine, moins cher en France qu’au Maroc. Ce qui a permis de mettre de l’huile sur le feu. Pour couronner le tout, voilà que le gouvernement ose se camoufler derrière les conditions climatiques, en avançant des justificatifs tirés par les cheveux. 

La gestion anarchique des stations de conditionnement et de stockage de produits alimentaires ainsi que les installations frigorifiques accentuent la flambée des prix appliqués.  Surtout que les spéculateurs et autres intermédiaires tentent d’échapper au mécanisme du contrôle approprié qui, lui, n’est d’ailleurs pas activé. Or ce mécanisme permet d’éviter la situation anarchique ou l’intermédiaire régule le prix du marché. Il convient donc de se poser cette question, qu’est ce qui empêche le  gouvernement d’endiguer ces agissements déséquilibrant ?

Les Marocains sont victime d’une cherté virale. Jusque-là, ils souffraient en silence, mais la situation a empiré pour devenir intenable pour des millions de foyers.  Ce gouvernement est décidément complétement déconnecté de la réalité du pays et de ses citoyens. Tout porte à croire qu’il est incapable de gérer la situation du pays. Pour sa gouverne, le Marocain accepte joyeusement le compromis, mais il y a une chose qu’il n’accepte pas, et n’acceptera jamais, c’est qu’on touche à sa marmite. À bon entendeur salut.

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Auteur: M’hammed rahal
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