Récupération ou indépendance
Entre tentatives de mise sur orbite en galaxie de certains partis, notamment Ennahdha, et indépendance totale pour se concentrer exclusivement sur la défense de la profession et sa promotion, le choix est crucial. Les luttes partisanes laissent planer leur ombre, clivant les rangs et suscitant tensions. Le rôle du bâtonnier est essentiel pour préserver l’Ordre de ces tiraillements et s’attaquer aux vrais problèmes qui, d’ailleurs ne manquent pas. Avec l’affluence massive de jeunes avocats, (aboutissant à la multiplication par deux des inscrits au tableau de l’Ordre, rien qu’entre 2006 et 2010), sans trouver suffisamment de cabinets pour les accueillir en stagiaires, ni d’affaires à défendre, la limitation du champ d’exercice de la profession et, au même moment, l’autorisation d’autres professions à fournir le conseil juridique et fiscal, les entraves sont de taille. La non-désignation d’office d’un avocat dans toutes les affaires au titre de l’assistance judiciaire prise en charge par l’Etat, le régime fiscal imposé aux avocats (soustraction en tant que frais professionnels uniquement de 20% au lieu de 30% de leur assiette imposable, TVA majorée à 13% au lieu de 6% pour les médecins), et les changements profonds qu’introduira l’ALECA (Union européenne) constituent de véritables préoccupations.
Précarité
Réunis en assemblée générale ordinaire dès le vendredi 5 juillet au Palais de la Foire de la Charguia, les avocats auront à en débattre en profondeur. Plus particulièrement la situation très précaire d’un grand nombre de jeunes avocats et même de moins jeunes, sera sans doute de nouveau à l’ordre du jour. L’aboutissement de ces délibérations aura lieu le lendemain, après adoption des rapports moral et financier, à la faveur de l’élection tant attendue et sans doute fort animée, comme de tradition.
Mes Boubaker Ben Thabet et Brahim Bouderbala
Trois ans après, Me Boubaker Ben Thabet a attendu ce nouveau rendez-vous avec les urnes pour solliciter le soutien effectif de ses confrères qui partagent avec lui les mêmes orientations politiques et pour la gestion du CNOAT. De son côté, Me Brahim Bouderbala s’accroche à la ligne corporatiste dont il avait preuve, depuis sa première élection en 1987, pour un mandat de deux ans, et un deuxième successivement, de trois ans, en 1989. En 1992, il sera élu président de la section de Tunis du CNOAT et y sera reconduit jusqu’en 1998. Cet ancien président de l’Association des Jeunes Avocats (1983 -1984), après en avoir assumé le secrétariat général (1981 -1983), croit lui aussi en toutes ses chances.
Verdict des urnes dans quelques jours, le 6 juillet 2019.
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