Entre Rabat et Paris, les échanges entre les départements de la justice des deux pays sont constamment sur une ligne de crête. Ce qui n’a pas empêché Gérald Darmanin de signer avec son homologue marocain, à Rabat, un plan d’action de coopération judiciaire particulièrement ambitieux.
C’est la photo d’un Gérald Darmanin tout sourire qui accompagne son post sur Linkedin « À Rabat, au Maroc, avec mon ami Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice marocain, pour évoquer l’importance de la coopération judiciaire entre nos deux pays, dans la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme. L’occasion d’évoquer le défi commun de la saisie des avoirs criminels, mais aussi les grands projets numériques portés par le ministère de la Justice marocain : un des piliers du plan d’action triennal que nous avons signé ce matin ».
Effectivement , au Maroc pour deux jours, le Garde des sceaux et son homologue Marocain ont signé lundi à Rabat un plan d’action pour la coopération technique dans le domaine de la justice entre le Maroc et la France au titre de la période 2026-2028. Le plan d’action pour la coopération technique pour la période 2026-2028 entend mettre en oeuvre un cadre structuré et durable de coopération entre les deux parties, notamment dans le domaine de la modernisation de l’administration judiciaire et le renforcement de ses capacités en matière de gestion et de développement des ressources humaines, et ce, à travers l’échange d’expertises d’informations.
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Ce plan s’appuie notamment sur plusieurs axes de coopération essentiels qui incluent la modernisation, la numérisation et l’amélioration de la gouvernance de l’administration judiciaire, le renforcement des capacités des ressources humaines dans le secteur de la justice, l’échange d’informations et d’expertises autour des nouveautés et évolutions législatives liées au domaine de la justice, en plus du soutien technique aux projets de réforme du système judiciaire.
Il prévoit également plusieurs formes de coopération, notamment l’organisation d’ateliers de travail et des visites de courte, moyenne et longue durée au profit des magistrats et des fonctionnaires des administrations judiciaires des deux pays, l’organisation de congrès, conférences et forums sur des sujets d’intérêt commun, et la participation conjointe à des manifestations et rencontres internationales, ainsi que la création de groupes d’experts spécialisés.
Afin de garantir le suivi de la mise en œuvre des engagements et la réalisation des objectifs tracés, le plan d’action prévoit également l’élaboration d’un agenda annuel de coopération technique à partir de 2026, ainsi qu’une évaluation annuelle du bilan des activités de coopération accomplies.
Habitué du Royaume, Darmanin a ainsi fait part de sa gratitude pour la coopération exemplaire unissant le Maroc et la France, notamment dans le domaine de la lutte contre le crime organisé et l’échange d’informations à l’échelle méditerranéenne. En filigrane, le ministre français est particulièrement satisfait de la coopération judiciaire entre les deux pays qui a permis jusqu’à présent, l’identification et l’ extradition de ressortissants français en fuite au Maroc. En janvier 2025, Gérald Darmanin ne s’était d’ailleurs pas privé de remercier le Maroc après l’extradition, depuis le royaume, du narcotrafiquant Félix Bingui, soupçonné d’être à la tête du clan marseillais Yoda.
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En août 2025, Rabat a aussi arrêté et extradé vers l’Hexagone deux complices présumés du narcotrafiquant Mohamed Amra, dont l’évasion en 2024 avait causé la mort de deux surveillants pénitentiaires français. Karim Harrat, un baron du narcotrafic marseillais, condamné fin janvier à dix ans de réclusion, avait lui aussi été arrêté au Maroc et transféré en France en 2023. En juin, c’était au tour du Franco-Marocain, Badiss Mohamed Bajjou, soupçonné d’organiser des «crypto-rapts», d’être arrêté à Tanger.
Ce qui fait dire en off à une source judiciaire française qu’entre la France et le Maroc, la coopération judiciaire notamment en matière de terrorisme ou de trafic de cannabis a toujours été de qualité, même si parfois les aléas de la politique interfèrent négativement sur ces rapports.
Le mot de la fin a été réservé à Abdellatif Ouahbi qui a souligné que cette symbiose atteste de la qualité des relations bilatérales entre le Maroc et la France, en particulier en matière de lutte contre la criminalité et de coopération technique.
Auteur: Abdelaziz Bouabid
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