Aucune autorité en Algérie n’est en mesure de fixer une date précise pour les élections, et la tenue de cette échéance ne sera possible que lorsque toutes les mesures de confiance seront réunies et les Algériens convaincus de la sincérité du gouvernement d’organiser une élection transparente.
C’est ce qu’a affirmé hier sur les ondes de la Radio nationale Abdelaziz Rahabi, le coordinateur de l’initiative du Forum national pour le dialogue. Rahabi a mis l’accent sur l’impératif de revoir tout le dispositif réglementaire régissant le processus électoral. A ce titre, et après une première rencontre des assises pour le dialogue national, il a tenu à préciser qu’il s’agit d’un processus qui devrait prendre le temps nécessaire jusqu’à la maturation de la situation et la conclusion d’un accord politique. L’invité de la rédaction préconise une solution politique négociée consensuelle, graduelle et surtout pacifique. Et pour être plus explicite, il a fait remarquer que des signes d’apaisement doivent émaner du pouvoir central comme preuve de bonne volonté pour aller au changement démocratique. Des inquiétudes sont bel et bien là, estime-t-il, compte tenu des dernières évolutions de la situation politique en termes de libertés, du nombre croissant des interpellations et de la fermeture des médias audiovisuels publics. Ajoutant que les forces politiques ont entièrement le droit d’être exigeantes, car elles risquent d’être jugées par le peuple comme co-responsables de la complication de la crise. Or, l’objectif principal de ces forces politiques réunies est d’aboutir à des compromis solides sans céder sur le fond.
Cette initiative entreprise par les forces du changement envisage d’élargir le cercle des concertations à d’autres dynamiques, notamment les force de l’alternative démocratique regroupant sept partis et les personnalités politiques appartenant à la mouvance dite démocratique (PT, RCD, FFS, UCP, MDS, PLD, UCP et LADDH). Cette solution attendue par tout le peuple n’émanera pas du pouvoir, clarifie l’ancien ministre et diplomate, mais plutôt de l’effort national qui fera sortir le pays de ce blocage politique dû à l’illégitimité des institutions de l’Etat, et qui dure depuis plus de quatre mois. Cette prochaine étape, explique-t-il, visera à amener toutes les forces de l’opposition à une approche consensuelle. Concernant l’exclusion de certaines personnalités désirant prendre part à cette première rencontre, Rahabi a indiqué que les forces pour le changement ne font pas dans l’exclusion et que les portes du dialogue resteront ouvertes à tout porteur d’initiative, rappelant que la rencontre de samedi à Ain Benian a vu la présentation d’une trentaine de propositions émanant de diverses entités (associations, partis politiques, universitaires…)
« Cette proposition n’est pas un document figé ; elle est ouverte à tout enrichissement. Nous sommes intransigeants sur les principes (libertés, indépendance, justice…) ; quant aux détails relatifs aux procédés et modalités, nous pourrons en discuter », a dit l’intervenant.
Pour ce qui est de l’instance censée organiser l’élection et dont toutes les propositions réclament l’indépendance totale, l’ancien ministre préconise qu’elle devrait être l’émanation de l’opposition ce qui, à sons sens, garantira sa souveraineté pendant tout le processus électoral.
Pour conclure, Rahabi a fait observer que le peuple est le dernier juge vis-à-vis de l’engagement du pouvoir et de sa volonté pour aller vers un véritable changement. En somme, tout est une question de confiance. Si l’on arrive à restaurer cette confiance perdue chez le citoyen algérien et qu’il va aux urnes pour exprimer sa voix en étant sûr qu’elle sera respectée, l’Algérie gagnera le défi du changement démocratique.
Auteur: Boudjedri
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