À la veille du mois de Ramadhan, le Forum d’El Moudjahid a abordé l’équation binaire entre le diabète et le Ramadhan, avec le président de l’Association des diabétiques de la wilaya d’Alger, M. Fayçal Ouhadda, le diabétologue, Abdelhafid Habitouche, et l’imam, Saïd Boudjenan.
À cette occasion, M. Fayçal Ouhadda a tenu à préciser que «l’avis du médecin sur le patient (la fatwa) dépasse tout entendement, et ce ne sera pas négociable, car le toubib parle à partir de données bien précises», appelant «les patients, et les diabétiques en particulier, à être compréhensifs, pour éviter toute complication de santé à l’avenir».
Après avoir rappelé que son association exploite tous les espaces pour organiser des campagnes de sensibilisation, dans les médias, la mosquée et même les stades, M. Ouhadda a recommandé aux personnes qui ont des maladies chroniques, comme le diabète et l’hypertension, «de faire de la marche d’une façon régulière ; et s’ils pratiquent un sport, c’est encore mieux». Dans ce cadre, l’intervenant a considéré que «le diabète n’empêche pas de continuer une vie normale», appelant encore une fois à fournir plus d’efforts physiques et à garder le rythme des activités corporelles.
S’agissant de la relation entre le patient diabétique et le mois de Ramadhan, «sacré pour les Algériens», le conférencier a mis en exergue «l’importance de la communication avec les patients qui n’acceptent pas toujours facilement les recommandations du médecin», indiquant que «des personnes qui ont jeûné pendant plus de 40 ans veulent continuer à jeûner, bien qu’étant diabétiques, alors que cela est contre-indiqué».
Dans ce cadre, cheikh Saïd Boudjenan recommande de ne pas négliger «erroukhsa tibiya» (l’autorisation du médecin), citant, entre autres, le verset coranique 195 de sourate Elbaquara (la Vache) : «Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction», «Et ne vous tuez pas vous-même», verset 29 de sourate Enissa (les Femmes). Cheikh Boudjenan précise également que «ceux qui n’obéissent pas aux orientations du médecin, se mettent en danger».
Après avoir rejeté catégoriquement la contradiction entre la science et la religion, l’intervenant a affirmé que «les patients sont appelés aussi à partager d’autres impératifs du divin, à part le jeune, avec les autres personnes non malades, comme la récitation du Coran, faire l’aumône et aider ceux qui sont dans le besoin». Dans son intervention, cheikh Saïd Boudjenan a appelé les médias à «attirer le public vers la culture de la religion», afin de comprendre l’islam avant d’interpréter les faits.
Des chiffres inquiétants
Pour sa part, le Dr Abdelhafid Habitouche, diabétologue, a recommandé aux médecins d’«accompagner les patients, notamment ceux qui ont des maladies chroniques, afin qu’ils respectent les orientations médicales», précisant que «le spécialiste essaye de minimiser les dégâts après avoir diagnostiqué l’état de santé du patient». L’intervenant a appelé à faire un bilan an moins chaque année, pour se rendre compte de l’évolution de bilan de santé, indiquant que «plus de 4 millions de personnes sont diabétiques et ne le savent pas».
M. Ouhadda a repris la parole pour annoncer qu’il y a «plus de 5 millions de diabétiques en Algérie, selon les statistiques du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière», indiquant que «selon mon constat sur le terrain, ces chiffres sont loin de la réalité ; en fait, il y aurait plus de 10 millions de diabétiques, et 20 millions de personnes seraient atteintes de maladies chroniques».
«Le nombre des personnes souffrant de maladies chroniques est en augmentation, pas seulement en Algérie, mais dans le monde, cela est dû, entre autres, au régime alimentaire. Des pays font la part des choses et savent ce qui nuit à la santé, contrairement à l’Algérien qui consomme une moyenne de 30 kg de sucre par an, ce qui est excessif, même des diabétiques ne respectent pas le régime alimentaire, et cela pourrait compliquer leur maladie et représenter un danger pour leur santé», a-t-il estimé.
Des appareils de mesure défectueux sur le marché
M. Fayçal Ouhadda a attiré l’attention des pouvoirs publics sur les appareils de mesure glycémique actuellement sur le marché.
En ce sens que de fausses données pourraient provoquer une dégradation de la santé du malade ; ces appareils ne sont pas conformes aux normes internationales. Aussi, il appelle les autorités publiques et le ministère de la Santé, entre autres, à intervenir, pour mettre un terme à cela.
L’existence de glucomètres ne répondant pas aux standards requis pour une mesure exacte du taux de glycémie permettant la prise de la dose requise de médicaments constitue un danger véritable pour la vie du malade, citant une marque en circulation sur le marché depuis des mois, laquelle n’est pas destinée à la femme enceinte ni à l’enfant diabétique, comme mentionné sur son guide d’utilisation, d’où les interrogations concernant son efficacité.
M. Ouhadda a ajouté qu’«il n’est pas normal de faire du business avec des médicaments essentiels», indiquant que «jusqu’à ce jour, nous vendons des couches pour adultes alités, alors que ce n’est pas normal». Le président de l’association a appelé le gouvernement à assurer la disponibilité de tous les médicaments destinés aux diabétiques, comme la pompe à insuline pour enfants qui est chère, précisant que des patients souffrent en silence. M. Ouhadda a enfin souligné l’importance de prendre en charge tous les patients en général, notamment ceux qui ont des maladies chroniques.
Hichem Hamza
Auteur: elmoudjahid
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