Le département d’État a rendu public, mercredi, son 43e rapport annuel sur la situation des droits de l’homme dans le monde couvrant la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2018. Dans son allocution, à l’occasion de la publication du document, le secrétaire d’État, Michael R. Pompeo, a indiqué que «le rapport de cette année évalue les pratiques d’environ 200 pays et territoires». Selon lui, «il s’agit d’une gigantesque collaboration entre des centaines de responsables d’ambassades américaines dans le monde entier et ici, au département d’État, qui accomplissent une œuvre extraordinaire au service de la défense de la dignité de leurs semblables». L’Algérie est l’un de ces 200 pays et territoires cités par le rapport. Selon le document consultable sur le site du département d’État, l’Algérie semble poursuivre ses efforts, déjà soulignés lors du précédent rapport, en matière de respect et de promotion des droits de l’homme. «Le gouvernement a pris des mesures, pour enquêter, poursuivre en justice et punir les agents publics qui ont commis des violations», est-il indiqué par les rédacteurs du document.
Des efforts pour lutter contre l’impunité
La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) est citée ainsi pour illustrer les efforts déployés en la matière. Un diplomate en poste à Alger relèvera, à titre d’exemple, l’organisation par la DGSN «d’ateliers et de séminaires en présence d’ONG», pour débattre des droits de l’homme en Algérie. Le rapport souligne ainsi que «les ONG des droits humains sont actives, à l’instar d’Amnesty International qui a maintenu son bureau en Algérie». Néanmoins, il sera fait état des difficultés rencontrées par certaines ONG de tenir des réunions, faute d’autorisations ou en raison du retard accusé dans leur délivrance. Concernant la lutte contre l’impunité, le suivi des plaintes déposées contre des policiers sera relevé comme étant un indicateur quant à la volonté des autorités algériennes dans ce volet. Aussi, le rapport mentionne que la «DGSN a déclaré avoir reçu 131 plaintes pour violence ou menace de la part des agents de sécurité, et mené 163 enquêtes sur ces allégations». Six membres des forces de l’ordre ont été poursuivis en justice, pour torture. Et au rapport de relever que si «des cas d’impunité des forces de police et de sécurité subsistent encore, le gouvernement a fourni des informations sur les mesures prises à l’encontre des agents accusés de méfaits». Le rapport relève aussi qu’«aucune exécution arbitraire ou extrajudiciaire imputée aux pouvoirs publics ou à leurs agents n’a été signalée», le même constat est établi pour les disparitions pour des motifs politiques. L’absence de rapports soulevant des préoccupations quant aux conditions de vie dans les prisons et les centres de détention. Le rapport souligne que «le gouvernement a aussi autorisé le Comité international de la Croix-Rouge et les observateurs locaux des droits de l’homme à effectuer des visites dans les prisons». Seul bémol, la persistance de la détention provisoire et l’arrestation de manifestants accusés de troubler l’ordre public. Autre point positif mis sur le compte des autorités algériennes, «la mise en place d’une base de données pour récolter les informations sur les violences faites aux femmes». Au chapitre des libertés civiles, le département américain rappelle que la Constitution garantit la liberté d’expression et la liberté de la presse, ajoutant que les médias indépendants en Algérie critiquent régulièrement les politiques établies par le gouvernement. Citant des allégations formulées par des responsables, le département d’État note cependant «l’absence de règlementation claire» régissant la distribution de la manne publicitaire du secteur public, qui aurait permis au gouvernement d’exercer une certaine influence sur les médias. S’agissant des atteintes à la liberté de la presse et d’expression, le diplomate soulignera que selon les réponses des autorités algériennes, «les procédures engagées contre les journalistes sont tout à fait légales». Et aux rédacteurs du rapport de poursuivre que si «les utilisateurs d’internet ont régulièrement exercé leur droit à la liberté d’expression et d’association en ligne», le gouvernement aurait surveillé certains e-mails et médias sociaux, et bloqué l’accès à certains médias sociaux, y compris Facebook et Twitter, durant la période des examens scolaires, avance le rapport. Concernant la participation au processus politique, le document du département d’État souligne que la Constitution algérienne accorde aux citoyens le droit de choisir leur gouvernement par le biais d’élections périodiques libres et justes, à bulletin secret et tenues au suffrage universel et égal, relevant l’organisation réussie des élections législatives de 2017.
« Engagement franc du gouvernement. »
Il est à noter que les diplomates en poste à Alger, chargés de collecter les données pour l’élaboration de ce rapport, ont eu des entretiens avec l’ensemble des acteurs concernés par les droits de l’homme. Selon l’un d’eux, «toutes les parties, gouvernement et société, ont été consultées». Cette source souligne, par ailleurs, «l’engagement très franc du gouvernement algérien, sa franchise, son honnêteté et son esprit d’ouverture», lors des entretiens. Cette collaboration a été, selon cette source, «utile pour avoir une compréhension de tous les points de vue». Et d’affirmer que «toutes les questions ont été évoquées avec le gouvernement algérien». À l’ambassade américaine, on tiendra aussi à rappeler que ce rapport n’a pas pour vocation d’établir «un classement ou une comparaison entre les pays».
N. K. et APS
Auteur: elmoudjahid
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