La proposition faite par le Chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, hier, n’a pas globalement été reçu avec grand enthousiasme de la part des partis et personnalités politiques. Si certains ont tenus quand même à signaler le fait que le pouvoir ait été obligé de faire marche arrière, la majorité des formations politiques de l’opposition sont plutôt sceptiques.
Contacté à chaud, le député du Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD), Yacine Aissiouène, a affirmé que pour son parti, «il n’y a aucune différence» entre la première et la deuxième lettre de Bouteflika. D’après lui, le Chef de l’Etat voulait, dans la première lettre, conduire la transition avec le même personnel et à l’intérieur du système, après l’élection, alors que dans cette deuxième, il est question de ce même processus avant l’élection.
Le RCD a tenu à rappeler que le peuple réclame le changement du régime avec le départ de toute sa composante. En d’autres termes, ce n’est pas à Bouteflika de conduire cette transition. Même position de rejet de la part de Talaie El Houriet, de Ali Benflis. Son responsable de la communication, Ahmed Adimi nous a indiqué que cette proposition est «la même que celle faite il y a deux mois par Abderazak Makri, chef du MSP, après que ce dernier ait rencontré le frère du président».
En d’autres termes, «ce qu’ils n’ont pas pu faire avant, ils veulent le réaliser après». D’après Adimi, «si Bouteflika a eu de bonnes intentions, il aurait du démissionner». Parce que comme ça se présente, «c’est lui, avec les forces supra-constitutionnelles, qui vont gérer cette période». Tout en signalant que «la première partie a été gagné», le président de Jil Jadid, Sofiane Djilali, a estimé toutefois qu’ «il ne faut pas arrêter la mobilisation de la rue», comme «il n’est pas question que la Présidence actuelle se prolonge jusqu’à la fin de 2019». Celui-ci considère même que «le complot a commencé».
Même scepticisme chez l’opposant, Djamel Zenati qui a estimé que «la nomination de Bedoui comme premier ministre révèle la véritable intention de Bouteflika». «Bouteflika ne briguer pas un 5ème mandat. Il se l’offre sans scrutin et sans scrupule», a-t-il déclaré. Zenati appelle donc les algériens à manifester en masse ce vendredi. D’autres acteurs de la scène politique ont voulu par contre être plus modérés dans leurs réactions à chaud, avant de procéder à une analyse profonde de la proposition bien évidement. L’avocat et défenseur des droits de l’homme, Mustapha Bouchachi, pense qu’il s’agit d’une «victoire partielle».
D’après lui, «le message des algériens était clair. Ils sont sortis dans la rue contre un cinquième mandat et pour l’annulation de l’élection». «Il est question, ajoute-t-il, d’une période de transition chapotée par un gouvernement d’union nationale qui soit constitué suite à des consultations très larges et dans lequel ne figureront pas ceux qui ont été dans les gouvernements précédents».
Karim tabou, de l’Union démocratique et sociale (UDS) a appelé, quant à lui, les algériens à «rester mobiliser pour le départ de tous le système».
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Auteur: Hicham Chouadria
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