La décision prise lundi dernier par le Président américain Donald Trump relative à la reconnaissance de «la souveraineté» d’Israël sur le plateau syrien du Golan occupé depuis 1967 a été au centre des réunions préparatoires au sommet, prévu aujourd’hui, s’imposant comme principal évènement évoqué, lors des débats et dans les déclarations des différents responsables et journalistes. Cette décision intervient deux années après celle relative au transfert de l’ambassade américaine vers la ville d’El-Qods occupée.

En réaction à la dernière décision américaine, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, l’a qualifié de «nulle et non avenue dans le fond et la forme», car constituant une violation des États-Unis de la légalité internationale. M. Aboul Gheit a souligné, dans ce sens, que «toute déclaration émanant d’un pays quelconque ne changera rien à la réalité», arguant que la décision du Président américain concernant le Golan «ne repose sur aucun fondement juridique». «Légaliser l’occupation est une nouvelle orientation de la politique américaine», a déclaré M. Aboul Gheit, soulignant que «les Arabes rejettent cette nouvelle orientation». Dans une déclaration à la presse, le porte-parole du sommet arabe, Mahmoud Khemiri, a évoqué «la possibilité d’engager une action arabe auprès des Nations unies à New York, pour contrer les décisions du Président américain relatives à la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le plateau syrien du Golan occupé et à la reconnaissance d’El-Qods comme capitale d’Israël». Par ailleurs, le vice-Premier ministre algérien, ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a réaffirmé la position «inébranlable» de l’Algérie qui considère le Golan syrien comme «territoire arabe occupé, conformément aux résolutions de la légalité internationale, notamment la résolution 497 de 1981, laquelle rejette la décision de l’entité sioniste et ses mesures arbitraires concernant le Golan, et la considère comme nulle et non avenue».
De son côté, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, avait déclaré que le dossier du Golan et le conflit arabo-israélien seront les principaux thèmes inscrits à l’ordre du jour du sommet de la Ligue arabe au niveau des dirigeants. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Ibrahim Al Assaf, a exprimé le refus de son pays de la décision du Président américain, soulignant que «les tentatives d’imposer le fait accompli ne changeront rien à la réalité, et que cette décision est une violation flagrante de toutes les chartes internationales». D’autre part, cette décision n’a pas été dénoncée uniquement par les pays arabo-musulmans, mais également par d’autres pays des quatre coins du monde.
À cet effet, la Russie a déploré cette décision, la qualifiant de «nouvelle violation américaine du droit international», tout en soulignant que «de telles décisions ont des répercussions négatives sur le processus de règlement au Moyen-Orient et le climat général du règlement politique en Syrie». Pour sa part, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU a indiqué que la politique de l’ONU concernant le Golan «n’a pas changé». Pour plusieurs journalistes arabes chargés de la couverture du sommet, la reconnaissance américaine de «la souveraineté» d’Israël sur le Golan est un nouveau dérapage du Président Trump, après celui du transfert de l’ambassade de son pays vers la ville d’El-Qods occupée, reflétant ainsi «la désintégration des pays arabes et leur incapacité» à traiter leurs questions. L’analyste et écrivain tunisien, Djamai Kacemi, a estimé que les atteintes américaines aux droits arabes, «qui n’ont jamais cessé, ont pris une tournure dangereuse, ces dernières années», posant aux dirigeants arabes, pour leur réunion de demain, «un nouveau défi à relever sérieusement». Le président de l’unité des journaux télévisés à l’Union des radios arabes, Ahmed El-Achqar, a dit qu’au lieu de «se contenter de dénoncer et de condamner», il est nécessaire d’adopter une position forte, lors de ce sommet, car «en l’absence d’une telle position, les choses iront de mal en pis». Il a également plaidé pour «la réforme des mécanismes de l’action de la Ligue arabe, pour qu’elle puisse traiter efficacement et sérieusement les derniers développements». Situé à près de 1.000 m d’altitude entre le Liban (Sud), la Syrie (Sud) et la Palestine (Nord), le plateau du Golan, dont le tiers de la superficie a été occupé par Israël, durant la guerre de juin 1967, compte une superficie de 1.800 km².

Transition démocratique

Le sommet arabe constitue une occasion, pour examiner les questions arabes qui n’ont que trop duré et dont les répercussions et effets se sont étendus touchant divers plans, comme c’est le cas pour la question palestinienne, la situation en Libye et au Yémen, et la crise syrienne.
Les participants à ce rendez-vous arabe s’emploieront à mettre en lumière les questions susvisées et à examiner les voies de renforcement de la coopération interarabe et d’autres questions engendrées par une scène internationale complexe, à l’instar de la lutte contre le terrorisme et la criminalité. Selon la Ligue arabe, les réunions du sommet verront l’examen de l’évolution des situations dans la région arabe, et des modes et moyens à même de permettre d’aller de l’avant dans le soutien du processus de l’action et de la coopération interarabes dans les différents domaines politique, économique, social et culturel, qui sont susceptibles de contribuer à l’instauration de la sécurité, de la stabilité, de la prospérité et du développement des pays et des peuples arabes.
Le sommet de Tunis intervient directement après la tenue du sommet Ligue arabe-UE, en février dernier à Charm El-Cheikh (Égypte), et dont la déclaration n’a apporté aucune nouveauté en ce qui concerne les questions arabes actuelles. Pour ce qui est de la cause palestinienne, la déclaration finale dudit sommet a affirmé les positions communes vis-à-vis du processus de paix au Moyen-Orient, y compris la situation d’El-Qods et l’illégalité des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, rappelant l’importance de maintenir le statu quo qui régit la ville sainte d’El-Qods et la nécessité de soutenir l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). S’agissant de la situation en Libye, les participants au rendez-vous de Charm El-Cheikh ont exprimé «leur soutien aux efforts onusiens et à la mise en œuvre de l’accord politique libyen de 2015», appelant les parties libyennes à adhérer aux efforts consentis par l’ONU visant à «faire aboutir» le processus de transition démocratique. En ce qui concerne la crise au Yémen, les participants du sommet Ligue arabe-UE ont salué l’accord de Stockholm, notamment le volet relatif au cessez-le-feu à Hodeida, et les résolutions 2216, 2451 et 2452 du Conseil de sécurité, faisant part de leur préoccupation de la situation humanitaire gravement détériorée qui impacte des millions de citoyens. Dans ce sillage, ils ont appelé toutes les parties prenantes à œuvrer à parvenir à une résolution politique «durable et globale» au service du peuple yéménite. L’ordre du jour du sommet arabe à Tunis prévoit une clause qui stipule le développement de la Ligue arabe, en vertu d’une note élaborée par le secrétariat général de la Ligue. 

Situations de crise : appui à la paix  et au développement

Devant l’étendue des crises dans les pays arabes et les réactions y afférentes, qui usent, à chaque fois, de termes de condamnation et d’expressions renfermant vœux et dénonciation, le dossier de la réforme des mécanismes d’action est désormais parmi l’un des thèmes ayant refait surface, ces dernières années.
Un sujet qui est la revendication même d’un nombre de pays arabes, en tête desquels figure l’Algérie qui n’a de cesse appelé à la réforme de la Ligue arabe, à travers la révision des fondements, des instances et des méthodes de travail en son sein, en vue d’être au diapason des mutations survenant dans la région, pour faire primer les intérêts suprêmes de la nation arabe et faire face aux risques qui la menacent. L’Algérie estime que les circonstances et les défis régionaux et internationaux sans précédent qui ont impacté l’accélération des événements dans le monde arabe et dans son environnement immédiat ont induit des bouleversements violents et surprenants sur la scène actuelle, et aggravé davantage la situation dans les pays arabes, comme les menaces terroristes, faisant de la réforme de la Ligue arabe, une question importante et impérative. Partant, la réforme de la Ligue n’est plus une demande de forme, car elle est devenue une nécessité impérieuse mise à nu par l’incapacité évidente à remédier à des situations et crises d’urgence ayant frappé la maison arabe, particulièrement depuis l’année 2011, d’autant plus qu’aucune solution n’a été trouvée pour les résoudre, à l’instar de la décision du Président américain Donald Trump portant transfert de l’ambassade de son pays vers la ville d’El-Qods, les complications de la situation à Ghaza, l’aggravation de la situation en Libye, au Yémen et en Syrie, la dissension qui a affecté la région des États arabes du Golfe, ainsi que d’autres questions ayant trait à l’économie, au commerce, à la lutte contre le terrorisme et à la migration clandestine, et autres questions.
Le Sommet de Tunis sera une opportunité pour mettre en œuvre un programme qui comporte une vingtaine de dossiers et d’avant-projets, en tête desquels figurent la cause palestinienne et la crise syrienne, avec ses implications, la situation en Libye et au Yémen, l’appui à la paix et au développement au Soudan, l’appui à la Somalie, le suivi du développement de la sécurité nationale arabe et la lutte antiterroriste. Indépendamment des derniers développements survenant sur le dossier syrien, notamment après la reconnaissance par Washington de «la souveraineté» d’Israël sur le plateau du Golan occupé depuis 1967, le sommet n’inscrira pas à son programme, la question de la réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe (LA), comme relayée par des observateurs et indiquée par des médias arabes. Le programme contient également un point portant sur les déplacés dans les pays arabes, et qui a été inscrit, à la demande de l’Irak. Le sommet devra également examiner les décisions et plans issus des réunions préparatoires, notamment du Conseil socio-économique, dont les travaux ont été sanctionnés par des décisions et plans visant la consolidation de la coopération en matière de développement socio-économique et la lutte contre le terrorisme. 
 

Auteur: elmoudjahid
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