Le directeur de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation (AREF) de l’Oriental, Mohamed Dib, aborde, dans un entretien accordé à la MAP, les nouveautés relatives au concours de recrutement des cadres des AREF et les objectifs de cette opération, dans le cadre de la réforme du système d’éducation et de formation.

1-Quelles sont les principales nouveautés relatives au concours de recrutement des cadres statutaires des AREF ?

Tout d’abord, il convient de rappeler le contexte dans lequel intervient ce concours, à savoir la poursuite de la mise en œuvre des dispositions de la loi-cadre 51.17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, en plus de l’activation des recommandations du Nouveau modèle de développement dans son volet dédié à l’éducation et la formation.

Cette année, le concours connaît plusieurs nouveautés visant à réaliser la «renaissance éducative» escomptée, préserver les intérêts de l’élève et assurer la qualité de l’enseignement, mais aussi renforcer l’attractivité des métiers de l’éducation au bénéfice de l’école publique, et ce en investissant de la manière la plus optimale dans la formation et les parcours professionnels des candidats et candidates.

Parmi les principales nouveautés, figure l’adoption de critères rationnels et stricts de présélection pour passer l’épreuve écrite du concours, afin de renforcer la sélection et attirer des candidats compétents. Ces critères prennent en considération les mentions obtenues au baccalauréat et en licence et le nombre d’années passées pour obtenir la licence.

Les nouvelles mesures concernent aussi l’obligation de soumettre une lettre de motivation, permettant de mesurer la volonté, la disposition et le sérieux des candidats désireux d’intégrer les métiers de l’enseignement, et la fixation à 30 ans de la limite d’âge pour accéder à la profession d’enseignant, dans le but d’attirer les jeunes vers les métiers de l’enseignement, garantir leur engagement permanent au service de l’école publique et investir efficacement dans leur formation et leurs parcours professionnels.

Par ailleurs, les lauréats de la licence d’éducation ont été dispensés de la phase de présélection et pourront passer directement les épreuves écrites du concours. Il s’agit d’encourager les parcours de formation étalés sur 5 ans en vue de renforcer les métiers de l’éducation et de l’enseignement.

2-Vous avez évoqué l’objectif de «renaissance éducative», à votre avis comment il peut être réalisé ?

La clé est dans l’élément humain. Améliorer le système d’éducation et de formation passe avant tout par le renforcement des ressources humaines, d’un point de vue quantitatif et qualitatif. Dans cette optique, le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement préscolaire et des sports est déterminé à valoriser les métiers de l’éducation et de la formation et à encourager les cadres, à travers une stratégie globale visant à améliorer les compétences et la qualité des apprentissages.

Il s’agit notamment de développer la formation de base en généralisant la filière de la licence en éducation, dans la perspective d’en faire un parcours essentiel pour l’accès aux métiers de l’enseignement, et de renforcer les critères de sélection pour passer le concours d’accès à ces métiers en respectant les principes de mérite et d’excellence.

Cette stratégie s’appuie également sur l’amélioration de la qualité de la formation qualifiante dans les Centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation, en vue de doter les enseignants des compétences professionnelles nécessaires à l’amélioration de l’opération éducative, en sus de la mise en place de mécanismes d’accompagnement et de formation continue en faveur des nouveaux enseignants ainsi que de l’ensemble des cadres tout au long de leur parcours professionnel.

3-Les conditions adoptées cette année excluent une catégorie de candidats potentiels, qu’en pensez-vous ?

Les critères adoptés cette année ne sont pas inédits, plusieurs départements ministériels fixent des conditions préalables aux candidatures selon la nature des emplois, et des conditions similaires ont déjà été adoptées par le passé pour le recrutement des enseignants.

L’adoption de ces critères vise à doter les métiers de l’enseignement de compétences de haut niveau et de rajeunir la population des enseignants, dans l’objectif d’améliorer la qualité du système de l’éducation, dans lequel les ressources humaines constituent le socle de toute réforme.

Il s’agit aussi d’assurer un long parcours professionnel aux enseignants, qui pourront évoluer tout au long de leurs carrières, car l’enseignant d’aujourd’hui peut devenir le directeur d’établissement, l’inspecteur éducatif, le responsable provincial ou le directeur régional ou central de demain.

Le but ultime est de servir les intérêts des élèves et répondre aux attentes des familles, tout en gagnant le pari de la qualité et de l’édification de l’école de l’équité et de l’égalité des chances.

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Auteur: Soufiane ELAHMAR
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