La récupération d’assiettes foncières indûment attribuées à des hommes d’affaires, beaucoup plus à titre de privilèges que dans le souci de booster la dynamique du développement local à travers des projets d’investissement, est la nouvelle bataille que mènent les walis. En ce sens, ils ont reçu des instructions fermes de la part du Premier ministre Noureddine Bedoui. Ce qui est certain, c’est que sur le terrain, les walis s’activent et s’attellent avec toute la fermeté voulue à la récupération du foncier dont ont bénéficié des investisseurs, sans s’engager toutefois à mener à terme les projets pour lesquels ils ont été destinés. Parmi ces investisseurs, certains sont aujourd’hui dans le collimateur de la justice, poursuivis dans le cadre de l’opération « Mains propres» pour des faits de corruption et placés en détention provisoire. C’est le cas du patron de l’EtrhB Ali Haddad, à qui le wali de Tissemsilt vient de retirer une assiette de terrain d’une superficie dépassant les 1.500 m² qui lui a été attribuée en septembre 2013 pour un investissement dans le domaine des médias qui n’a jamais vu le jour. La même décision à l’encontre du même homme d’affaires vient d’être entérinée, selon des sources concordantes, par le wali d’El Bayadh Mohamed Djamel Khanfar. Ce dernier, quoique poursuivi pour abus de fonction et détournement de deniers publics, vient de résilier une décision d’attribution d’un lot de terrain d’une superficie de 50.000 hectares située dans la commune Brezina, dans le sud de la wilaya. Le groupe EtrhB a été bénéficiaire de ce terrain en 2016 dans le cadre du processus de mise en valeur des terres agricoles. Il était même question durant cette même époque pour le même groupe de réaliser un projet prometteur dans le domaine de l’agriculture, un créneau important pour ce qui est de la région du Sud, compte tenu notamment des avantages et des facilitations accordées par l’Etat en la matière. Une fois de plus, il n’en fut rien ! Autre exemple de la récupération toute récente d’assiettes foncières et d’annulation de décisions d’attribution accordées antérieurement à des hommes d’affaires émane de Mostaganem. Dans cette wilaya côtière, le wali Rabhi Mohamed Abdenour aurait résilié, selon des sources crédibles, plus d’une cinquantaine d’actes de concession, ce qui a permis la récupération de 120 ha de foncier industriel. De leur côté, les services de wilayas de Souk Ahras ont annulé 38 contrats de concession de foncier industriel pour le motif de non-concrétisation de projets pour lesquels ces terrains ont été attribués. Cette décision adoptée à l’issue de la réunion du comité d’investissement de la wilaya a été prise à l’encontre des investisseurs récalcitrants, ont fait savoir les mêmes services dans une déclaration à l’APS. Il a été précisé à ce titre que des mises en demeure ont été adressées aux investisseurs concernés pour lancer leurs projets avant de recourir à la résiliation. « L’opération d’assainissement du foncier qui concerne, dans un premier lieu, la daïra de Souk Ahras, permettra de récupérer 23 hectares d’assiettes à vocation industrielle qui seront destinées à abriter des équipements publics », a ajouté la même source. Aussi, le chef de l’exécutif local avait relevé récemment que les poches foncières disponibles aux chefs-lieux de communes seront consacrées à la réalisation des équipements publics, d’établissements scolaires, de structures de jeunesse et des sports et d’espaces verts notamment. Autant d’exemples qui démontrent que les walis œuvrent d’arrache-pied pour la récupération des assiettes foncières bradées par des procédés ne tenant nullement compte du respect des lois en vigueur, tant les projets divers pour lesquels ces assiettes ont été a octroyées sont restés fictifs.

Karim Aoudia

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.