Des mesures de restructuration totale du système national de santé seront prises en même temps que l’amélioration des conditions de travail des professionnels du secteur, a déclaré, lundi dernier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Khemis Ali, de la Fédération nationale des personnels de la santé publique explique que «les difficultés vont croissant depuis plusieurs années». Il ajoute que « la pandémie du Coronavirus a révélé à l’opinion publique beaucoup d’anomalies et manquements dans la gestion des structures et établissements hospitaliers».
Pour M. Khemis, «la visite du président de la République aux structures de santé a été l’occasion pour lui de constater de près l’état dans lequel se trouve l’hôpital public et le secteur de la santé en général».
Pour lui, les déclarations du président arrivent à point nommé. Ce que déplorent le personnel de la santé, selon M. Khemis, «est de ne pas pouvoir prodiguer des soins de qualité» et il y a vraiment une exaspération prégnante à l’hôpital partagée par tous les professionnels de la santé». Soulignant ce qu’il estime être «un décalage entre les exigences professionnelles et la réalité du terrain», M. Khemis estime qu’il est temps de réfléchir à «une stratégie de réformes du secteur avec en priorité, la formation en continu et envisager la promotion de l’investissement dans le domaine de l’industrie pharmaceutique». Le syndicaliste souligne l’importance de faire appel à la collaboration entre les établissements hospitaliers et les industriels afin de prendre en charge les besoins des hôpitaux dans les plus brefs délais et ne pas subir de pénuries, notamment dans les périodes de crise, et limiter ainsi le recours à l’importation des équipements sophistiqués». M. Khemis estime par ailleurs, qu’il faut revoir la loi n°18-11 sur la santé, notamment les dispositions relatives à la création d’une carte sanitaire adaptée aux spécificités de chaque région. Le syndicaliste fait savoir qu’il faut réfléchir à la répartition des spécialités sur la carte sanitaire pour pallier au manque de personnels et l’accroissement de l’activité dans l’objectif de réduire le fossé entre les régions en matière d’accès aux soins et garantir à toute la population un accès équitable à des services de qualité.
Lounès Ghachi, président du Syndicat algérien des paramédicaux, salue l’intérêt accordé à la création de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire. Cependant, il estime que les défaillances constatées jusque-là sont la conséquence logique d’une crise de gestion structurelle du secteur de la santé.
Pour le président du Syndicat, les responsables doivent se pencher sur les problèmes de gestion et sur le plan organique pour sortir le système de santé de l’état de déliquescence. «La volonté de réforme se heurte le plus souvent au mur épais de la bureaucratie et de la lenteur de la mise en œuvre des stratégies publiques», dit-il.
Il importe, selon M. Ghachi, «d’impliquer les professionnels de la santé dans les stratégies élaborés par les autorités publiques».
Il ajoute que «la restructuration totale du secteur de la santé est une exigence et ne passera pas sans la mise en place des moyens pour accompagner au quotidien les professionnels de santé». Pour lui, «ces derniers sont sur le terrain et sont mieux placés pour réfléchir sur les défaillances» et explique que l’épidémie a montré que le pays possède des infrastructures et des compétences dans tous les établissements. «Le développement des structures et équipements sanitaires et la formation de la ressource humaine sont également parmi les piliers de la réforme», estime M. Ghachi.
Tahar Kaïdi
Auteur: elmoudjahid
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