Le président de la République a souligné vendredi dernier l’impératif de passer à un autre modèle de santé basé sur la prévention contre les pathologies, notamment le cancer, la production pharmaceutique, les mécanismes de veille au niveau de chaque wilaya, outre la formation et la gestion hospitalière. Lors de son entrevue avec des médias nationaux, il a estimé également que le système de santé algérien était le meilleur en Afrique et au Maghreb, reposant sur le principe de la gratuité des soins, signalant «que tous les villages et localités sont dotés de salles de soins». 

Les professionnels de la santé ont, rappelons-le, salué l’engagement du Président Tebboune à aller vers des réformes dans le secteur et «la mise en place d’un système de santé développé en adéquation avec les besoins d’un pays avancé». En effet, il s’est engagé à revoir le système national de santé et à améliorer les conditions de travail des professionnels, dans son discours d’investiture et lors de l’inspection du service de médecine interne du CHU de Beni Messous. Le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), Lyes Merabet, a salué la position du président de la République lors de cette entrevue où il a réitéré la nécessité d’aller vers un système de santé efficace, moderne et fort qui réponde aux besoins de la population. «Notre système a connu une régression ces dernières années. Il y a eu un relâchement, notamment en matière de prévention, un volet que l’on a omis de renforcer. C’est l’une des revendications de notre Syndicat. Nous avons plaidé pour la mise en place d’une autorité ou une agence à l’instar de l’Agence de sécurité sanitaire. Cette autorité doit être rattachée au Premier ministère avec la mise en place d’une commission de réflexion et d’un plan d’action afin de définir les besoins de la démographie, comme l’a souligné le Président, le ministère de la santé sera chargé de la mise en œuvre de cette stratégie», dit-il. 

Le syndicaliste a également mis l’accent sur la politique de prévention soulignant l’impératif de «prévenir les risques d’épidémie». Il a rappelé que les spécialistes de la santé en Algérie avaient déjà mis en garde contre l’insuffisance et les manquements de notre système de santé pour faire face à l’apparition de telles urgences médicales, notamment en 2008, suite au H1N1. «Aujourd’hui, il y a une volonté politique pour réussir le plan de santé préventive», s’est-il félicité.

L’Algérie est dotée d’une carte sanitaire 

La pandémie du coronavirus a montré les faiblesses des systèmes de santé les plus performants dans le monde. En Algérie, on s’attendait à une catastrophe soit une situation épidémiologique semblable à celle de l’Italie, au vu du dysfonctionnement du système sanitaire national mais la situation a été maîtrisée, notamment grâce aux mesures anticipatives et préventives prises par les pouvoirs publics, a soutenu le Dr Mohamed Yousfi, également chef de service des maladies infectieuses à l’établissement hospitalier public (EHP) de Boufarik. Il a, dans ce sens, plaidé pour la mise en place d’une politique nationale de santé. 

«Le SNPSP lutte depuis une vingtaine d’années pour l’amélioration du système de santé. Cette pandémie est une occasion pour revoir ce système, des systèmes performants de santé dans le monde ont été mis à genoux à cause de la pandémie. Nous n’avons, fort heureusement, pas vécu des scénarios catastrophiques, mais il ne s’agit nullement d’un manque de moyens humains ou matériels mais de dysfonctionnement et de gestion. C’est la première fois qu’un président de la République donne la parole au secteur de la santé et évoque la 

réforme du système. Il est nécessaire de consacrer un Conseil des ministres à la santé à l’instar de l’éducation. Il y a deux droits constitutionnels, la santé et l’éducation», a-t-il dit.

Réhabiliter la médecine préventive

Il a affirmé que l’Algérie a le meilleur système de santé en Afrique «parce que notre pays dispose d’une carte sanitaire sur le déploiement des médecins ; des structures de santé dans toutes les localités, c’est un acquis mais la réforme passe d’abord par la gestion des ressources humaines». Interrogé sur la prévention, le Dr Yousfi a soutenu que cet aspect est très important dans le système de santé. «On doit s’orienter vers la médecine préventive afin d’éviter des dépenses de traitements curatifs aux pouvoirs publics. En l’absence de stratégie et de politique de santé et de prévention, le retour des maladies infectieuses devient une évidence, d’où la nécessité de réhabiliter la santé préventive», soutient-il. Le Dr Yousfi a affirmé qu’il a longuement plaidé pour la mise en place d’une agence de veille et de sécurité sanitaire. «La médecine préventive constitue le pilier pour la préservation de la santé publique et de l’économie nationale», ajoute-t-il. 

A cette occasion, il a appelé à la prise en charge des médecins spécialistes à travers la révision du statut particulier et leur place dans l’échelle des valeurs, notamment les mesures incitatives et le service civil. «Il y a des éléments positifs et j’espère que la situation s’améliorera avec les nouveaux dirigeants», relève-t-il. 

Pour les professionnels de la santé, la pandémie du Coronavirus «est une leçon à retenir pour revoir la politique de la santé en Algérie et un nouveau départ pour un système sanitaire moderne répondant aux besoins du citoyen après de longues années de combat», a-t-il conclu.

Neïla Benrahal 

Auteur: elmoudjahid
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