«L’année 2023 s’avère une année charnière. Il est donc nécessaire d’œuvrer pour une relance économique effective et veiller au renforcement des structures financières des entreprises marocaines».

Rencontre
La CGEM et la DGI ont discuté lundi à Casablanca des nouvelles dispositions fiscales et ce à la veille de la publication de la note circulaire. L’occasion étant de mettre le point sur les chantiers stratégiques à ouvrir.

Si 2023 s’avère une année de réforme fiscale, des mesures prioritaires sont fortement attendues par le patronat et ce en raison de leurs répercussions positives, notamment en termes d’allégement de la pression fiscale, d’alignement des taxes et de neutralité. Chakib Alj, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a énuméré le temps d’une rencontre avec le directeur général des impôts les réformes en «stand-by». Il s’agit de la réforme de la TVA, celle de la fiscalité locale ainsi que l’informel. Des chantiers clés qui, selon le patron des patrons, déterminent la disposition économique et fiscale des opérateurs économiques marocains. Cette rencontre qui s’est tenue lundi 13 février à Casablanca a en effet été l’occasion de discuter des nouvelles dispositions fiscales introduites par la loi de Finances 2023 ainsi que des priorités stratégiques de la Direction générale des impôts au titre dudit exercice.

Elle vient par ailleurs couronner le travail de fond amorcé entre l’administration fiscale et le secteur privé. Un engagement qui se poursuit en vue d’atteindre l’ambition des deux parties en vue de renouer avec une croissance soutenue et durable créatrice d’emplois et de richesse pour tous. «L’année 2023 s’avère une année charnière. Il est donc nécessaire d’œuvrer pour une relance économique effective et veiller au renforcement des structures financières des entreprises marocaines», peut-on relever de Chakib Alj. Et de poursuivre que « la politique fiscale joue, dans ce sens, un rôle déterminant. Des réformes fiscales avec notamment des incitations en faveur des opérateurs économiques sont les principaux instruments pour stimuler la croissance». De son côté, Youness Idrissi Kaitouni, directeur général des impôts, a mis l’accent sur les priorités stratégiques de son administration. L’engagement étant de consolider le contact de la DGI avec ses partenaires stratégiques.

Une relation où la sécurité de l’acte d’investir doit primer. «L’administration devrait toujours être à l’écoute de son environnement et à l’écoute de l’entreprise pour véhiculer cette image de sérénité et aussi de travailler ensemble pour améliorer la conformité volontaire de tous qui nous permettra à terme de mobiliser les ressources dans le pays». Le responsable a, dans ce sens, fait part de sa conviction du rôle prépondérant que joue la croissance dans la mobilisation des ressources fiscales. « La croissance doit être notre leitmotiv pour mobiliser les ressources et améliorer le climat de confiance». Et de rappeler: «Tout le monde sait que les grands projets menés sous les Hautes orientations royales mobilisent énormément de ressource. Et donc la sécurité financière de l’état dépend fortement de notre engagement mutuel dans cet élan». Une perspective où, selon M. Idrissi Kaitouni, l’administration et l’entreprise travailleront côte à côte dans la mesure où ils améliorent ensemble dans un cadre de concertation le climat des affaires et la sécurité de l’acte d’investir. «Il est important qu’on soit conscients de notre rôle mutuel pour l’amélioration de la transparence et de l’équité fiscale», peut-on conclure du directeur général des impôts. Il est à noter que les éléments précités par Youness Idrissi Kaitouni se veulent les grandes lignes sur lesquelles la DGI devrait travailler de concert avec ses partenaires de la CGEM. Sachant que d’autres actions ont prévalu à ce début de réforme fiscale.

C’est le titre de la boite

Le satisfecit du patronat

Réforme 

Cette rencontre a également été une occasion pour les patrons de saluer les mesures introduites dans le cadre de cette réforme au titre de la loi de Finances 2023. Citons dans ce sens la réforme globale de l’impôt sur les sociétés visant une baisse progressive des taux pour atteindre les 20 % pour la grande majorité des entreprises. « Cette prévision permettra de mettre en place un système plus harmonieux , simple et équitable tout en donnant aux opérateurs et investisseurs futurs plus de visibilité d’ici 2026 », assure à cet égard le président de la CGEM. La Confédération s’est également félicitée de l’attractivité du Maroc pour les IDE d’envergure avec le plafonnement du taux de 20 % même pour les entreprises réalisant plus de 100 millions de dirhams de bénéfice net fiscal opérant dans les Zones d’accélération industrielle (ZAI) ou sous statut Casa Finance City (CFC). La loi de Finances 2023 prévoit, en outre, de mettre en place certaines incitations fiscales en matière d’impôts sur le revenu (IR). Citons à ce propos la reconduction de l’exonération de l’IR pour 36 mois en faveur des jeunes recrues ainsi que la révision du taux d’abattement des frais professionnels. Le patronat a également salué la reconduction jusqu’en 2025 de l’abattement de 70 % sur les plus-values de cessions d’actifs hors terrain et construction. Une mesure qui, selon M. Alj, permettra d’encourager le réinvestissement privé et donc la création d’emplois.

Auteur: ALM
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