La prise de parole de Célestin Tawamba, président du Gicam, était l’un des points les plus attendu de cette rencontre de discussion entre l’Etat et le secteur privé. Cette 11e édition du Cameroon business Forum(Cbf) s’est tenue dans un contexte marqué par la pandémie du coronavirus et dont les effets sur l’économie ne cessent de se ressentir. Le président du plus important groupement patronal du pays(le Gicam représente 70% des recettes fiscales de l’Etat et 40% du budget) a, dès l’entame de son propos, dressé un tableau sombre des entreprises du secteur privé qui continuent de subir les effets néfastes de la pandémie du coronavirus sur leurs activités. D’après une enquête réalisée par le Gicam, 90% des entreprises ont été négativement impactés par la pandémie, leur chiffre d’affaires par rapport à 2021 est en recul de 31%, leur contribution aux recettes fiscales est en recul de 51 milliards de FCFA, et sur l’ensemble de l’année, cette baisse devrait s’alourdir pour s’établir à 520 milliards de FCFA. Sur le front de l’emploi, c’est 54 000 salariés à plein temps mis en chômage technique, soit environ 14% des effectifs, et près de 14 000 salariés licenciés, soit 3,5% des effectifs. « Les entreprises camerounaises grandes, moyennes, petites, très petites, bref, presque toutes, souffrent et manquent d’oxygène ! » lance-t-il. Cette situation préoccupante générée par la pandémie du coronavirus vient s’ajouter à un climat déjà délétère qui existait, et marqué par un environnement des affaires difficile avec les affres de la crise sécuritaire et une dette intérieure massive dans un contexte fiscal peu propice à la création de valeurs.

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Plan de relance

Pour Célestin Tawamba, la situation telle que présentée plus haut contribue au fil des années à éroder l’enthousiasme des investisseurs et entacher à plus d’un titre leur confiance. Pour redynamiser cette confiance, le Gicam propose la mise en place de mesures en trois temps. D’abord des mesures urgentes d’apaisement, indolores au budget de l’Etat et pouvant être prises en compte dans la loi des Finances 2021. Il s’agit du paiement de la dette intérieure à travers sa titrisation (celle-ci s’élève déjà à 2000 milliards de F CFA) ; revoir le fonctionnement de l’Attestation de Non-Redevance considéré comme une embuscade fiscale ; la baisse d’accès du coût au contentieux fiscal et la suspension tout au long de l’année 2021 des vérifications générales(fiscaux, douaniers, Cnps).

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En deuxième ressort, le patronat propose des mesures à caractère financier, bancaire et fiscal. Il s’agit plus précisément de l’aménagement des règles de provisions de la COBAC afin de permettre aux banques d’accorder des reports d’échéances de paiement, la mise en place de fonds de soutiens aux grandes entreprises et aux PME avec des emprunts garantis par l’Etat pour obtenir des taux bonifiés et l’octroi de subventions à certaines filières et secteurs très touchés par la pandémie. Au plan fiscal, le Gicam propose au gouvernement un changement de paradigme visant à sortir du système d’imposition basé sur le chiffre d’affaires. « Nous ne le répèterons jamais assez, le minimum de perception de l’IS basé sur le chiffre d’affaires rend notre fiscalité confiscatoire à certains égards et ne permet pas d’élargir l’assiette fiscale. De plus, il alimente l’informel en décourageant les migrations vers le formel et en poussant même parfois au chemin inverse, du formel à l’informel » précise Célestin Tawamba.

En troisième ressort, il y’a des mesures d’ordre économique et structurel tel que la promotion des filières prioritaires, du « local content » et la promotion des champions nationaux et de la préférence nationale ».

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Auteur: Eco Matin
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