La Commission régionale des droits de l’homme (CRDH) de l’Oriental a organisé, mardi à Oujda, une rencontre sur la parité en politique, en tant que fondement de l’effectivité du droit à l’égalité.

Cette rencontre qui s’inscrit dans le débat sociétal sur la promotion de l’accès des femmes aux postes politiques, a débattu de la réalité de la parité à la lumière des lois électorales et des données sociales, économiques et culturelles, ainsi que les acquis réalisés par le Maroc et les défis à relever en la matière.

Pour le coordinateur du mécanisme national de la promotion de la culture des droits de l’Homme et de la consolidation de la démocratie, Mustapha Merizak, cette rencontre rentre dans le sillage du programme d’actions lancé par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) à l’occasion de la Journée internationale de la femme et qui est ponctué par une série de conférences internationales, nationales et régionales.

Cette rencontre, a-t-il souligné dans une déclaration à la Map, est axée sur le thème de la parité en politique pour l’effectivité des droits de la femme marocaine, notamment le droit à la participation politique, à l’accès aux postes de responsabilité et l’élimination de la discrimination, en plus de l’activation et du renforcement de l’ensemble des mécanismes nationaux et internationaux portant sur l’égalité.

L’objectif escompté, a-t-il ajouté, est d’ouvrir un débat au niveau de la région de l’Oriental sur les lois électorales qui ont constitué une occasion pour revoir le rôle et la place de la femme afin de booster sa participation politique.

De son côté, Amina Hakko, professeur universitaire et membre du CRDH, a mis l’accent sur l’importance que revêt le thème retenu pour cette rencontre, compte tenu de l’approche de la période électorale et de l’adoption des lois organiques encadrant le système électoral.

La rencontre se veut ainsi un espace de débat pour examiner les nouveautés de ces lois à même de hisser la représentativité de la femme dans les conseils élus, a-t-elle fait savoir, notant toutefois que la parité ne doit se concrétiser uniquement au niveau des conseils élus, mais également dans les hautes fonctions et d’autres domaines.

 »Relever le défi de l’égalité et de la parité requiert, en plus des lois, une véritable volonté politique, sans laquelle on ne peut atteindre le but recherché », a conclu Mme Hakko.

Les intervenants lors de la rencontre ont passé en revue les réalisations et les acquis du Maroc en matière des droits de la femme, notamment la consécration constitutionnelle du principe d’égalité entre hommes et femmes, la création d’une commission paritaire, la lutte contre toutes les formes de discrimination et la ratification de nombreux accords internationaux liés à la protection des droits des femmes.

Notant que la participation politique de la femme est un levier fondamental pour la construction de la démocratie et sa préservation, ils ont affirmé que la représentation des femmes en politique, qui a connu une évolution notable durant les dernières décennies à la faveur d’une série de mesures positives et de politiques générales conscientes de l’impératif de l’égalité, demeure encore en deçà des aspirations

Ils ont ainsi été unanimes à plaider en faveur de la conjugaison des efforts des différentes parties prenantes pour remédier aux lacunes et relever le défi de l’égalité et de la parité en tant que choix démocratique et prélude essentiel au développement.

La question de la promotion de la parité en politique est d’actualité, d’autant plus que la présence de la gent féminine sur la scène politique n’est pas encore à la hauteur des attentes, ont-ils dit, mettant l’accent à cet égard sur l’importance d’une culture sociétale soutenant la participation féminine, et sur le rôle que doivent jouer les partis politiques en particulier et la responsabilité qui leur incombe pour créer un saut qualitatif en matière de parité.

Auteur: Soufiane ELAHMAR
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.