Les questions liées à la sensibilisation, à la protection et à la valorisation des zones humides dans la région de l’Oriental ont été au centre d’une rencontre régionale tenue, samedi à Oujda, sous le signe : ’ »Pour une grande mobilisation et une gouvernance locale opérationnelle en vue de la protection des nos zones humides ».

Lors de cette première rencontre régionale, initiée par l’Alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCCD), l’accent a été mis sur la valeur économique des zones humides résultant de leurs fonctions écologiques et naturelles, en sus de leurs valeurs culturelle, esthétique et biologique d’une grande importance.

Les participants ont souligné dans ce sens l’impératif de renforcer la mobilisation et l’adhésion aux efforts visant la conservation de ces zones au niveau de la région de l’Oriental, du fait qu’elles constituent un berceau de la diversité biologique, notant la nécessité de coordonner les efforts des différents intervenants, dans le sillage d’une approche participative en vue de préserver et d’assurer la durabilité de ces zones.

Initiée en partenariat avec la Direction régionale des Eaux et Forêts et de la Lutte Contre la Désertification de l’Oriental, le Conseil régional et la Wilaya, la rencontre, qui a réuni des responsables, des universitaires, des chercheurs et des acteurs associatifs, a été l’occasion pour rappeler les multiples services rendus par les zones humides, plus particulièrement dans la lutte contre les catastrophes naturelles et les changements climatiques.

Les intervenants se sont arrêtés aussi sur les efforts fournis pour la protection et la préservation de ces écosystèmes, notamment dans la cadre de la stratégie nationale des zones humides élaborée par le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), de même qu’ils ont passé en revue les facteurs de dégradation de ces zones, tels la pollution, les inondations, les extensions urbaines et le surpâturage.

Dans une allocution de circonstance, le Secrétaire général de la wilaya de l’Oriental, Abderrazak El Gourji, a noté que le Maroc a adopté des mécanismes et une panoplie de mesures qui lui ont permis de réaliser un saut qualitatif dans la gestion environnementale, ajoutant que ces acquis ont été confortés par la Constitution qui stipule notamment le droit à un environnement sain.

Conformément à cette nouvelle orientation qui a fait de l’environnement une préoccupation nationale, a-t-il dit, il a été procédé au renforcement des bases institutionnelles et juridiques liées à l’action environnementale et ce, à travers un ensemble de procédures et de lois.

S’inscrivant dans cette dynamique et à la faveur de la réalisation d’un certain nombre de projets et d’actions, ainsi que de l’intérêt accordé à la formation et la recherche dans ce domaine, a fait remarquer M. El Gourji, la région de l’Oriental compte désormais parmi les régions pionnières en matière d’intégration de l’approche environnementale dans les programmes de développements économique et social.

Il a appelé à cet effet les différentes parties concernées à oeuvrer dans le cadre d’une approche participative impliquant tous les acteurs pour la sensibilisation quant à l’importance socio-économique et écologique des zones humides, plaidant aussi en faveur de la création d’un réseau de communication englobant les élus, les associations de la société civile et les chercheurs en vue d’élaborer un programme éducatif et de sensibilisation prônant une gestion intégrée des zones humides et fragiles.

De son côté, le Directeur régional des eaux et forêts et de la lutte contre la désertification, Mohamed Bennani, a expliqué que ces écosystèmes naturelles constituent un réservoir de biodiversité et jouent un grand rôle dans la régulation des catastrophes naturelles et dans la réduction de leurs impacts.

Et de poursuivre que la célébration au niveau national de la Journée mondiale des zones humides le 2 février de chaque année reflète l’engagement du Maroc dans les efforts internationaux pour la préservation de ces zones à travers le monde et ce, depuis son adhésion à la convention RAMSAR en 1980.

Ladite Convention a pour mission la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier.

Mettant en avant les réalisations accomplies sur la voie de la préservation des zones humides, M. Bennani a jugé nécessaire l’intégration de ces milieux d’exception aux atouts multiples dans les plans de développement territorial et l’adoption de mesures fondées sur une vision de développement durable favorisant une exploitation rationnelle des zones humides en vue de les préserver et de mettre à profit leurs services écosystémiques.

La région de l’Oriental compte actuellement quatre sites inscrits sur la Liste des zones humides d’importance internationale (Sites Ramsar).

Des données publiées sur le Site officiel de la Convention de Ramsar montrent qu’entre 1970 et 2015, environ 35% des zones humides de la planète ont disparu, que ce soit en raison d’un changement d’affectation des sols, de l’expansion urbaine ou agricole ou du détournement de l’eau des zones humides pour le développement de l’infrastructure.

Auteur: Soufiane ELAHMAR
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