Suite à sa rencontre avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le président du parti Jil Jadid a déclaré avoir insisté sur plusieurs points importants relatifs, notamment à la libération de l’ensemble des détenus. «Le président de la République a affirmé qu’il suivait de près ces questions et que le processus judiciaire en cours permettra une libération rapide de celles et ceux qui sont en détention pour raison d’opinion», précise Soufiane Djilali, dans  un  communiqué de presse parvenu à notre rédaction.
La question des médias et de la liberté d’expression a également été débattue, lors de cette audience. À ce sujet, le président de Jil Jadid souligne avoir insisté pour une «véritable ouverture» et pour que les sites d’information, actuellement bloqués, soient «rapidement libérés». «Le président de la République nous a assuré que ce dossier devra trouver une solution dans un proche avenir», ajoute la même source.
Le troisième point important cité par Soufiane Djilali concerne la révision de la Constitution. À ce sujet, il révèle que M. Tebboune a confirmé que dès que l’avant-projet sera remis par la commission chargée de sa rédaction, un très large débat sera ouvert, incluant la société civile et les partis politiques. Il est question, au sujet des amendements, des rajouts ou des changements consensuels qui seront pris en compte, à l’issue de ce débat sur la première mouture de la Loi fondamentale. La forme du dialogue autour du projet de la Constitution sera adaptée en fonction des propositions, a expliqué le chef de l’État, au président de Jil Jadid qui se réjouit de l’annonce que lui a faite son interlocuteur concernant l’organisation de débats contradictoires dans les médias audiovisuels publics.
Évoquant les changements proposés, le communiqué du parti souligne qu’il s’agira de réduire les prérogatives du président de la République, de renforcer le Parlement qui aura le pouvoir d’auditionner publiquement les ministres dans leur gestion et de censurer le gouvernement. Enfin, une séparation  réelle sera opérée entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Enfin, la quatrième question mise en exergue, lors de cette rencontre, est relative à l’amendement de la loi électorale et à l’organisation d’élections législatives anticipées qui seraient envisageables avant la fin de l’année en cours, selon le président de Jil Jadid. «Ces deux étapes viendraient après le référendum annoncé pour la révision de la Constitution», a indiqué Soufiane Djilali, qui s’est félicité de la qualité de l’échange «approfondi et sérieux» qui a caractérisé ce tête-à-tête sur «toutes les questions sensibles», dont la situation actuelle du pays et les perspectives de construction d’une «nouvelle gouvernance». De son côté, Karim Younes, reçu lundi dernier par le président de la République, a indiqué, dans un communiqué de presse, que «M. Tebboune m’a fait part de sa vision d’avenir, capable d’insérer notre pays dans le processus mondial des Nations, en adéquation avec les réalités contemporaines, et des ambitions légitimes que nourrit notre peuple aux plans politique, économique, social et culturel». Il a assuré avoir décelé  une «réelle sincérité et une ferme» volonté d’engager le pays sur le chemin de la modernité, par la mise en place de «profondes réformes répondant aux aspirations de notre valeureux peuple».
L’ancien coordonnateur de l’Instance nationale de dialogue déclare avoir donné son opinion sur les pistes à défricher pour «éclairer la voie de l’avenir» pour notre pays «en quête d’une République nouvelle», et estime que la révision impérative de la Constitution, voire sa «totale reconfiguration», permettra de «concevoir l’architecture de la République nouvelle», et «répondre ainsi aux revendications légitimes de notre peuple». «Cette opportunité m’a donné l’occasion de préciser que tout projet de révision constitutionnelle se présente au préalable sous la forme d’orientations politiques, avant sa transposition en Loi fondamentale, permettant au pays de se doter d’Institutions capables d’ouvrir de réelles perspectives favorisant son entrée dans le concert des Nations modernes», a-t-il expliqué.
Selon lui, la démarche qui consiste à «consulter, à écouter et à réunir tous les acteurs de la vie civile», avant de soumettre leurs propositions et suggestions aux experts chargés de l’élaboration finale du projet de loi constitutionnelle, paraît une approche «juste et sage». «Je dirai, à ce propos, que le président de la République ouvre bien la voie du renouveau, en y associant l’expertise de la société civile et politique», a-t-il noté, considérant que le recueil de suggestions, relatives aux objectifs politiques à définir dans la nouvelle Constitution, permettra aux experts d’élaborer un projet de texte qui regroupera «l’essentiel des revendications liées au système de gouvernance du pays, rompant définitivement avec les bricolages» d’antan.
Karim Younes confie avoir affirmé  au Président  Tebboune que «les conditions de succès de la démarche sont toutefois conditionnées par la prise urgente de mesures d’apaisement du climat politique ambiant, à savoir la nécessaire libération de tous les détenus du Hirak, même s’il faut se féliciter de la libération e certains d’entre eux». «J’ai également recommandé le respect total de la liberté du
champ médiatique, tout comme celle d’afficher publiquement et en tout lieu son appartenance identitaire, ainsi que la garantie constitutionnelle  de la liberté de culte dans l’esprit de tolérance, afin d’éviter toute stigmatisation de quelque nature qu’elle soit, et préserver le caractère sacré de l’unité du peuple», a-t-il détaillé.
    Soraya Guemmouri

Auteur: elmoudjahid
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