
Suite aux mesures de découpage des classes, le reste des écoliers feront leur rentrée aujourd’hui. Des conditions sanitaires et organisationnelles historiques ont marqué cette première étape de la rentrée scolaire 2020-2021.
Masqués, cartable sur le dos et flacon de gel désinfectant dans les mains : c’est ainsi que plus de 2,5 millions d’élèves du cycle primaire ont rejoint, hier, les bancs de l’école.
Suite aux mesures de découpage des classes, le reste des écoliers feront leur rentrée aujourd’hui. Des conditions sanitaires et organisationnelles historiques ont marqué cette première étape de la rentrée scolaire 2020-2021.
«L’école m’a beaucoup manquée.» C’est en ces termes que la petite Yasmine a exprimé sa joie de retrouver enfin le milieu scolaire.
A cause du protocole sanitaire appliqué, elle n’a pas pu faire des câlins à ses jeunes camarades de classe, tous inscrits à l’école primaire Salah Nour, à Kouba. A l’entrée de l’établissement, c’était plutôt la panique chez les parents d’élèves.
Tandis que certains vérifiaient la répartition des groupes et les emplois du temps, d’autres posaient un tas de questions au directeur de l’école quant aux mesures d’hygiène et de prévention de la Covid-19. «Je ne vous cache pas, j’ai vraiment peur. C’est mon fils unique. J’ai peur qu’il chope ce virus, qu’il tombe malade et nous contamine.
Toutefois, je n’ai pas le choix. Il faut qu’il aille à l’école», souligne Samia, jeune maman avant de reprendre ses questions en quête de plus d’assurance.
Pour la mise à exécution du protocole sanitaire approuvé par le ministère de la Santé, les enseignantes sur place étaient partagées. Tandis que deux prenaient les températures des écoliers, d’autres veillaient au respect de la distanciation sociale.
Un agent par contre distribuait les masques aux petits qui n’en avaient pas. Dès l’entrée, ces derniers devaient désinfecter leurs chaussures et mémoriser le jeu de couleur très ludique du marquage au sol. Le vert pour la 5e année, le rose pour la 4e année, le blanc pour la 3e année, le jaune pour la 2e année et le bleu pour la 1re année.
Ceux des classes du préscolaire, c’était plutôt un marquage multicolore. «Nous avons tout préparé à l’avance. Nous avons été aidés par des parents d’élèves, les collectivités locales et les inspecteurs.
Justement, ce sont ces derniers, plus précisément les inspecteurs de l’éducation physique et sportive, qui ont pris en charge bénévolement le marquage au sol. Avec le jeu de couleurs, les enfants se sentent plus dans un jeu que dans un protocole strict», déclare Mounir Senhadji, directeur de l’école.
Bien que ses classes ne soient pas surchargées (pas plus de 22 élèves par classe), le système de double vacation est adopté avec des sous-groupes de 10 à 11 élèves.
Le directeur souligne qu’il n’existe pas de note claire quant au non-découpage des groupes scolaires dont le nombre ne dépasse pas les 24 élèves.
Les parents d’élèves à la rescousse
Loin de cet établissement exemplaire, beaucoup d’autres écoles du pays se sont retrouvées dans une situation compliquée : préparer une rentrée sans véritables ressources humaines et financières. Rien qu’à Alger, des établissements n’ont pas pu ouvrir aujourd’hui. Certains n’ont pas été aménagés, tandis que d’autres sont carrément en travaux.
Le motif du retard serait la période de confinement qui a sommé les entrepreneurs à geler leurs chantiers. Dans certains, ce sont les enseignants et les parents d’élèves qui ont contribué, côte à côte, pour garantir la réussite de cette rentrée.
Les premiers se sont investis dans le nettoiement et l’aménagement des salles de classes. Les parents ainsi que la société civile ont mis la main à la poche pour aider financièrement les écoles en déficit. Gel hydroalcoolique, bavettes et détergents ont été mis à la disposition des écoles.
Le département de Mohamed Ouadjaout se dit satisfait de l’exploit des enseignants du primaire, les directeurs des établissements, les parents d’élèves et la société civile pour la réussite de cette rentrée qualifiée d’«historique».
«Nous sommes dans un contexte mondial exceptionnel qui nécessite des efforts communs de tous pour garantir la scolarité des élèves. Nous sommes aujourd’hui dans une situation de guerre face à ce virus. Nous ne voulons en aucun arriver à l’échec, encore moins être comme nos voisins et déclarer une année blanche», déclare un cadre au ministère de l’Education nationale qui souligne que l’heure est aujourd’hui celle de l’enseignement participatif.
Pour notre cadre, les parents d’élèves doivent s’investir auprès du ministère afin d’inciter leurs enfants à suivre l’enseignement à distance dispensé en parallèle du présentiel. Les parents ont, selon les propos de notre interlocuteur, une grande part de responsabilité dans ce sens.
Il est à rappeler qu’avec le système de double vacation, les groupes scolaires verront la répartition de la semaine ordinaire hors-corona sur deux semaines.
En incluant les connaissances du 3e trimestre non fait suite à la pandémie de la Covid-19, les programmes ont été adaptés de sorte à dispenser aux élèves les connaissances principales.
Pour éviter un décalage dans l’avancement du programme entre l’école publique et le privé, ce dernier devra dispenser les cours une journée sur deux.
La journée libre devra être consacrée aux activités extrascolaires. Signalons qu’ils sont 5 289 666 élèves inscrits au cycle primaire répartis sur 19 703 établissements d’enseignement sur le territoire national.
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Auteur: Anis Khecheba
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