Repenser l’école tunisienne avec l’IA, à partir du téléphone de pocheRepenser l’école tunisienne avec l’IA, à partir du téléphone de poche
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Dans un classement continental, la Tunisie occupe une place enviable. Dans une salle de classe de village, elle n’en occupe presque aucune. Ce grand écart résume la situation de l’intelligence artificielle dans l’éducation tunisienne.

Le pays figure au deuxième rang africain pour la préparation des talents en IA, derrière l’Afrique du Sud, mais il ne dispose toujours d’aucune stratégie nationale pour l’enseigner, l’utiliser ou l’encadrer à l’école.

Cette contradiction n’est pas une fatalité. Elle indique surtout où se trouve le vrai chantier : non pas dans la production d’ingénieurs, déjà solide, mais dans la manière dont un système scolaire entier apprend à se servir d’une technologie que ses élèves ont adoptée avant lui.

Une réflexion de fond de l’IACE

C’est le constat que dresse la note stratégique de l’IACE, « Pour une stratégie tunisienne d’adoption de l’IA dans le système éducatif », dont s’inspire cet article. Le document confronte les bénéfices attendus, les risques, les expériences étrangères et la réalité du terrain tunisien, avant de proposer une feuille de route à faible coût.

Les élèves ont déjà tranché

Sur le terrain, la question de l’adoption est réglée depuis longtemps. À l’échelle mondiale, 86 % des élèves de moins de 12 ans ont utilisé l’IA durant l’année scolaire 2024 – 2025, selon un rapport américain cité par la note.

Du côté des enseignants du primaire et du secondaire, 85 % l’ont fait. Chez les étudiants, la bascule est spectaculaire : 92 % utilisent ces outils, contre 66 % un an plus tôt. Le marché de l’IA éducative, estimé à 2,5 milliards de dollars en 2022, aurait atteint 6 milliards en 2025 et pourrait dépasser 88 milliards en 2032.

En Tunisie, ce basculement s’est produit sans mode d’emploi. Lors d’une évaluation des aptitudes des bacheliers en 2024, l’un d’eux résumait l’attrait de l’outil par une phrase : « On peut tout demander à Chat Gpt ». L’IA offre une réponse immédiate, sans risque de moquerie des camarades. Face à cela, une partie du corps enseignant regarde surtout la fraude possible, plus rarement l’apprentissage personnalisé qu’elle permet.

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Auteur: Mohamed Ben Abderrazek
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