Fermés depuis mars dernier dans le cadre de mise en action d’un dispositif national destiné à préserver la santé publique du danger de la propagation du Coronavirus, des commerces versés dans différentes activités peuvent désormais rouvrir à la faveur des nouvelles mesures annoncées par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad.
Selon des politologues, des spécialistes de la santé et des universitaires, cette décision, qui peut constituer un motif de soulagement pour les concernés, dénote d’un optimisme en matière de maîtrise de la crise sanitaire. «On a entendu durant les derniers jours, des déclarations en ce sens, de la part des responsable du ministère de la Santé et même du Président de la République le 13 avril dernier», rappelle l’universitaire et conseiller en communication, Abderrahmane Bouteldja. Pour le politologue Redouane Bouhidel, la reprise des activités commerciales énumérées dans le communiqué du Premier ministère certifie d’abord de l’efficience de la stratégie pluridisciplinaire de lutte et de prévention contre le Covid-19 adoptée par les autorités.
«Ces mesures sont destinées à pallier aux séquelles engendrées par l’épidémie et dans ce cadre, il est aisé de comprendre que les commerçants concernés ont été durement touchés eu égard des pertes sèches qu’ils ont cumulées face à une situation de cessation d’activité qui dure depuis mars dernier», dira-t-il. Toutefois, a-t-il estimé, «une telle reprise ne pouvait être envisageable n’étaient les résultats probants obtenus en matière de traitement sanitaire de l’épidémie et d’une dynamique de sensibilisation du citoyen autour des règles de prévention, de distanciation et de barrière sociales».
L’Etat a optimisé les conditions de prise en charge médicale : un axe central du plan d’action, rappelle notre interlocuteur. Il fait allusion aux arrivages successifs de Chine d’équipements et de matériels médicaux reçus récemment par l’Algérie et au soutien du personnel soignant réaffirmé notamment lors de la visite de travail effectuée par le président de la République à Alger et par le Premier ministre à Blida ainsi qu’à l’action du Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de l’épidémie. «L’utilisation de la Chloroquine, l’apport du scanner thoracique et la consolidation du dépistage sont autant d’éléments ayant permis une évolution positive dans la maîtrise de la crise sanitaire au sein des structures de la santé publique», affirme la spécialiste en infectiologie, Leila Zehraoui.
Elle citera comme arguments la courbe baissière du nombre de décès que font ressortir les statistiques à l’échelle nationale, le nombre de plus en plus élevé de patients guéris grâce à l’utilisation de la Chloroquine.
Plaidoyer pour une extrême vigilance
L’instruction du Premier ministre portant élargissement des secteurs d’activités et ouverture des commerces requiert un comportement extrêmement vigilant en matière d’attitude sociale, souligne pour sa part l’enseignant universitaire Bouteldja. «C’est une décision de bon sens pour l’allègement du confinement parfois lourd et pesant notamment en cette période du Ramadhan mais aussi de permettre aux citoyens de subvenir à leurs besoins et aux commerçants de nourrir leurs familles», a-t-il expliqué. Il fera toutefois remarquer, qu’avec l’ouverture de magasins, les citoyens sont tenus de respecter les règles de prévention, de distanciation sociale et d’hygiène pour parer aux risques de nouvelles contaminations. «Le danger est toujours là, et pour le citoyen, la seule arme de combattre est de rester extrêmement prudent et très vigilant», insiste-t-il. «Ces mesures font suite à une campagne de prévention soutenue initiée en direction de la population qui a fait preuve d’une responsabilité citoyenne exemplaire à travers son adhésion au dispositif de protection et de lutte contre l’épidémie», indique, pour sa part, le politologue Idriss Attia.
Le communiqué du Premier ministre précise qu’il appartient aux walis «de définir les conditions de prévention sanitaire à respecter avec vigueur «pour les activités de coiffure, de commerce d’habillement et de chaussures. Pour les taxis à l’intérieur du périmètre urbain, la reprise de l’activité est différée jusqu’à l’annonce par les pouvoirs publics des modalités liées à la sécurité sanitaire de ce moyen de transport, a-t-on indiqué de même source.
Karim Aoudia
Auteur: elmoudjahid
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