Le défunt Kamel Eddine Fekhar, la SG du Parti des travailleurs (PT) Louisa Hanoune et le traitement réservé aux ex-hauts responsables et hommes d’affaires placés en détention provisoire à la prison d’El-Harrach ont fait l’objet d’importantes précisions de la part du directeur général de l’Administration pénitentiaire, M. Mokhtar Felioune.
En effet, à l’occasion d’une conférence de presse qu’il a animée hier à l’Ecole nationale des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire de Koléa (Tipasa) ayant abrité la cérémonie de sortie de trois promotions, il fera savoir que le défunt militant politique et défenseur des droits de l’homme Kamel Eddine Fekhar, qui avait mené une grève de la faim à la prison de Ghardaïa, n’a fait l’objet d’aucune négligence en matière de prise en charge médicale spécialisée au sein de son lieu de détention. Bien au contraire, appuie M. Felioune, mettant en relief le fait que le défunt, ayant rendu l’âme le 28 mai dernier à l’hôpital Franz-Fanon de Blida, a été au centre d’une attention particulière de la part des médecins relevant de la prison de Ghardaïa.
Il précisera que Kamel Eddine Fekhar a fait l’objet de contrôle régulier à raison de deux fois par jour, et ce, depuis la date du 2 avril correspondant à sa mise en détention. «Sa prise en charge par le staff médical de la prison de Ghardaïa a été des plus adéquates et au- dessus de tout reproche», insiste encore le conférencier, indiquant que le traitement de son état de santé avait inclus 9 paramètres en rapport, entre autres, avec l’hypertension, le diabète, le poids, la respiration pulmonaire ainsi que sa santé mentale.
Il ajoutera qu’au niveau de l’hôpital de Ghardaïa où il a été transféré suite à un profond malaise dû à la grève de la faim de plusieurs dizaines de jours, là aussi Kamel Eddine Fekhar a fait l’objet d’analyses diversifiées et intensifiées qui sont mentionnées dans les détails dans le rapport médical le concernant. Tout en réitérant ses condoléances à la famille du défunt, au sujet duquel le ministre de la Justice, garde des Sceaux avait, rappelle-t-on exigé l’ouverture d’une enquête approfondie sur les circonstances de son décès, le DG de l’Administration pénitentiaire ne manquera pas en outre de dénoncer ce qu’il a qualifié de «contrevérités» rapportées ici et là au sujet de la fin tragique de Kamel Eddine Fekhar.
Aussi, et tout en reconnaissant le droit des prisonniers de recourir à une grève de la faim, il fera savoir que cette catégorie de détenus font l’objet d’un suivi médical, en vertu, explique-t-il, d’un protocole d’accord établi entre l’administration pénitentiaire et des professeurs et experts en médecine légale relevant notamment du CHU Mustapha d’Alger et de plusieurs structures similaires.
Louisa Hanoune bénéficie d’une prise en charge totale, conforme à la loi
Au sujet de la SG du PT, Louisa Hanoune, poursuivie par le tribunal militaire de Blida pour atteinte à l’autorité de l’Armée et complot contre l’autorité de l’Etat, et incarcérée à la prison de Blida, M. Felioune fera savoir qu’elle fait l’objet d’une prise en charge totale y compris sur le plan médical. Une prise en charge conforme aux lois de la République en matière notamment de protection des droits des détenus. Par ailleurs, aucun traitement privilégié n’est réservé aux ex-hauts responsables ni aux hommes d’affaires mis en détention provisoire à la prison d’El-Harrach, affirme également le même responsable. «J’ai déjà mis en exergue dans des occasions antérieures que l’Etat algérien applique rigoureusement la loi de 2006 relative aux conditions de détention sur l’ensemble des détenus, sans distinction aucune», a-t-il dit, relevant que la loi en question se réfère aux conventions internationales en la matière. Nul n’est au- dessus des lois et tous les détenus, quel que soit leur profil, «sont soumis au même régime carcéral et sont égaux en droits et en devoirs », insiste-t-il. A une question en rapport avec la généralisation du bracelet électronique, M. Felioune, qui qualifie cette mesure d’audacieuse mais également de complexe, révèle le chiffre de plus de 700 détenus qui ont déjà bénéficié de ce procédé sur décision d’une commission judiciaire présidée par le juge de l’application des peines. Il informe par ailleurs de la fermeture de plus 34 prisons datant de l’ère coloniale et qui ne sont plus conformes aux conditions de détention requises sur le plan international. Des prisons auxquelles se sont substitués d’autres centres de réclusion, souligne encore le conférencier qui évalue la population carcérale à plus de 65.000 détenus. Mettant en relief les progrès réalisés en matière d’insertion social de détenus, il rappelle que plus de 40.000 parmi ces derniers ont été concernés, cette année, par l’examen de fin de cycle primaire, alors que 4.600 autres ont passé l’examen du BEM et 4.250 étaient comptés parmi les candidats au baccalauréat. Sur un autre volet, et pour revenir à la cérémonie de sortie de 3 promotions d’agents, surveillants et officiers de l’administration pénitentiaire au nombre total de 951 nouveaux promus, celle-ci a été rehaussée par la présence du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Slimane Brahmi, et d’autres membres du gouvernement, des autorités civiles et militaires des wilayas de Tipaza et d’Alger ainsi que de hauts responsables du secteur de la justice.
Karim Aoudia
Auteur: elmoudjahid
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