
Depuis un an, la Cameroon Postal Services (Campost) met timidement en œuvre un plan de restructuration adossé à un contrat-plan qui la lie avec l’Etat pour la période 2019-2021. Financé à hauteur de 22,87 milliards Fcfa, ce plan vise à échéance : la restructuration organisationnelle, opérationnelle et technique de la Campost dans l’optique de la mise en œuvre d’une gouvernance saine et compétitive ; la maîtrise des charges d’exploitation pour les rendre compatibles avec l’activité ; l’assainissement du bilan et des états financiers ; l’apurement de la dette clients ; le renforcement de ses fonds propres ; le renouvellement et le renforcement de l’outil de production ; la réhabilitation et la valorisation du patrimoine immobilier ; la formation et le renforcement des compétences techniques et commerciales du personnel ; et l’amélioration des performances de l’entreprise. Selon le top management de Campost, tous les guichets de l’Etat ont été mobilisés, et toutes les activités prévues en 2019 sur ces guichets ont été lancées et sont en cours de mise en œuvre.
En principe, il est question pour l’Etat de reprendre en main l’opérateur postal public, assurer son redressement technique et financier et en faire une entreprise performante au service de l’Etat et des usagers. Mais, la charrue semble avoir été mise avant les bœufs. Dans un contexte généralisé de désordre où 90% des opérateurs postaux exercent dans l’illégalité, selon le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), ce financement supporté à plus de 18,31% par l’Etat et la Banque africaine de développement (BAD) et à 4,46 milliards Fcfa par Campost elle-même risque de rentrer dans quelques années dans le livre noir des gaspillages. A ce jour, il n’existe pas au Cameroun un cadre législatif et réglementaire approprié pour l’activité postale. Il n’existe pas non plus une autorité de régulation en dépit des annonces qui reviennent chaque année. Ce qui est une grosse aberration dans un environnement devenu hautement concurrentiel depuis la libéralisation du secteur de la poste, il y a bientôt 20 ans.
Depuis plusieurs années, l’Etat évoque (sans franchir le pas) la possibilité de confier la mission de régulation à l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART). De plus, si des garde-fous ne sont pas mis par l’Etat, il va être difficile pour la Cameroon Postal Services de développer sa compétitivité et sa capacité d’innovation, surtout face au boom du numérique.
Auteur: Francky
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