Le décollage économique, notamment dans cette conjoncture politique difficile, est tributaire d’une série de réformes à mener. Au chapitre des priorités, figure la stratégie économique à asseoir. Les experts préconisent de l’efficacité. Et ne veulent pas que ce nouvel édifice soit un géant aux pieds d’argile.
Le président du Cercle d’action et de réflexion prône la simplification de l’acte d’entreprendre, et le replacement effectif de l’entreprise privée dans la vie des citoyens. Des comportements sont à bannir. La politique économique, telle que menée, était truffée d’incohérences.
«Des poches de surcapacité sont créées dans des secteurs à très faible intensité technologique et, parfois, à forte intensité capitalistique», diagnostique Slim Othmani, lors de son passage à l’émission télévisée «la semaine éco». S’y ajoutent «des avantages distribués à tour de bras». Mohamed Bouchakour, universitaire, lui, estime qu’il est temps d’aller vers une «transcription économique des messages politiques» scandés par des millions d’Algériens lors des manifestations organisées à travers le territoire. En termes de propositions, il relève la nécessité d’une politique de la jeunesse, avec à la clé une territorialisation et une sectorialisation du potentiel existant. Dans ce registre, Omar Berkouk, expert financier, brandit l’argument d’une «véritable économie de marché qui favorise l’éclosion d’entreprises créatrices de richesse et d’emploi». A ses yeux, certaines mesures sont un fiasco.
Des exemples ? «Avec l’Ansej, ce sont des faux emplois qui sont créés», tempête l’expert.
En effet, le constat est implacable. Un déficit structurel des réserves de change. Un financement conventionnel qui pousse l’inflation. Des finances publiques détériorées. Une dégradation des finances publiques ressentie, en particulier, sur le fonctionnement des entreprises. Certes, met en garde M. Berkouk, « on n’est pas au stade de la récession, mais le futur inquiète». Lui emboîtant le pas, le premier responsable du Care pointe du doigt «une information économique à bout, cachée et modifiée au gré des attentes». Et M. Bouchakour de relever l’impératif d’«affronter une économie très abîmée sur le plan des équilibres financiers internes et externes».
A une question liée aux raisons ayant mené à l’endettement interne, Slim Othmani évoque l’«entêtement à ne pas vouloir dialoguer, écouter les acteurs de la sphère économique et leurs mises en garde itératives qui, prises en considération, auraient évité au bateau économique national de tanguer».
Au cours du débat, l’expert financier M. Berkouk bifurque sur la «non-application» du pacte économique de croissance et l’échec des tentatives d’un plan de croissance solide. A la lumière des résultats de l’application de la planche à billets, explique l’expert, «les engagements de l’Etat ne sont pas reflétés dans la Loi de finances. De cette situation naît un ‘‘hors-bilan’’». Une chose est sûre, rendre l’économie algérienne compétitive ne relève pas d’une chimère. Si on ne peut transformer le plomb en or, on doit au moins éviter d’en faire le contraire.
Fouad Irnatene
Auteur: elmoudjahid
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