Publication. Mémoires d’un Artiste Chanteur, Moudjahid, de Mohand Arezki Bouzid

Le moudjahid et chanteur kabyle, Mohand Arezki Bouzid, cosigne sa biographie dans un ouvrage intitulé  Mémoires d’un artiste, chanteur, moudjahid, Récits de résistance.

Publié aux éditions algériennes  Rafar, Mémoire d’un artiste, chanteur, moudjahid, Récits de résistance se veut un témoignage et un éclairage sur le parcours du moudjahid et artiste Mohand Arezki Bouzid. Le récit, qui s’étale sur 168 pages,  est écrit de la plume de l’auteur et poète Ahmed Mebarki.

Ce dernier note dans la préface : «Pour raconter sa vie et ouvrir les portes de ses souvenirs, très souvent, ce sont des souvenirs de douleur, de souffrance, de privation et de misère. Il était prolixe, ça fusait de partout. Arezki Bouzid, ayant la fibre artistique aussi vive, me permettait jusqu’à narrer en volant quelques mots romanesques et lyriques.

Quand je lui lisais ce que j’écrivais, il était tout ouïe, comme magnétisé par la musicalité poétique des mots… Arezki Mohand mérite vraiment la reconnaissance indéfectible du monde artistique et culturel algérien, des instances politiques et du peuple algérien. Hommage et chapeau bas Monsieur l’artiste.»

Le moudjahid et artiste, Mohand Arezki Bouzid, commence le récit de sa vie par des propos poignants et lourds de sens : «Du haut de mes quatre-vingts ans, je parle avec des mots sincères d’un cœur mûri dans la douleur, dans l’abnégation et dans l’amour de la patrie et des Algériens. Je parle à mes congénères, à la génération présente et aux générations futures, avec des mots écrits d’une encre particulière, sentant l’encens des aïeux, mélangée aux larmes sanguines afin de calligraphier les pages de mon histoire qui traversera avec vous le troisième millénaire.»

Né en 1936 à El Kalâa Frenaia de Béjaïa, l’homme s’est enrôlé assez jeune dans les rangs de l’Armée de libération nationale. En effet,  en 1955 il fut contacté par les premiers maquisards de la région. Il était, d’ailleurs le compagnon d’armes de certaines figures de proue de la résistance algérienne, dont le colonel Amirouche, Abderrahmane Mira, Arezki Lounès  ou encore Si H’mimi.

A la fin de l’année 1955 et au début de 1956,  Mohand Arezki  Bouzid est le témoin de deux grandes batailles au niveau de la  Soummam : la bataille d’Amassine, aux alentours de Timezrite, et celle d’Ighil Ouakoul, entre Ilmaten et le flanc nord de R’mila. Condamné à mort, Mohand Arezki Bouzid est détaché à Alger sur ordre du colonel Amirouche. Mais le fugitif rallie, en mai 1956, par bateau, Marseille, pour travailler et continuer sa quête de résistant.

Après quelques jours, il est embauché à la gare d’Austerlitz au centre de tri des colis postaux en qualité de manœuvre, puis a suivi une  formation au centre de formation professionnelle de Rouen. Il  décroche en septembre 1957 un diplôme d’Etat de peinture en bâtiment et de plâtrier. Un mois après, il regagne Paris pour chercher de nouveau un travail et répondre à tout appel du FLN. Avec son attestation d’activiste FLN, agent de liaison au maquis de la vallée de la Soummam, signée par  le colonel Amirouche, Mohand Arezki Bouzid intègre le réseau des 5e, 13e et 15e arrondissements.

«Mes tâches consistaient en premier lieu à collecter les cotisations à remettre à mon chef hiérarchique, en second lieu, je fus chargé d’inspecter et de contrôler les hôtels gérés par les Algériens à Paris et ses environs d’un point de vue accueil et hygiène, mais beaucoup plus à surveiller le mouvement des anti-FLN, notamment les harkis et certains Messalistes. En 1958, je fus appelé à faire partie du groupe de choc opérationnel dans la région parisienne  et du nord de la France Roubaix-Lille.

A vrai dire, j’ai intégré le service des renseignements généraux, dont les slogans étaient de s’informer, informer et exécuter», déclare-t-il. Mohand Arezki Bouzid a approché de grands noms de la chanson algérienne, dont Dahmane El Harrachi, Zerrouk Allaoua et Slimane Azem. Son amour pour la musique est tel qu’il se fait remarquer par le maestro et chanteur Farid Ali, lequel lui demande d’intégrer l’orchestre kabyle au niveau de l’ORTF, section radiophonique amazighe, dirigée par Béber.

Lors des grandes soirées parisiennes, ce virtuose de la flûte croise les artistes Farid El Atreche et Ouarda El-Djazaïria, qui était accompagnée de son père. L’année 1958  coïncide avec l’écriture de sa première chanson intitulée L’exil et la parution de son premier disque chez Philips, suivi une année après par la sortie de son premier vinyle.

Il prend contact avec le phénix du chaâbi, El Hadj M’hamed El Anka, lequel l’oriente vers cheikh Nourreddine, maestro de l’orchestre amazighophone de la RTF d’Alger. A la fois compositeur, interprète et auteur de chants patriotiques, Mohand Arezki Bouzid anime, en 1960, une émission en tamazigh sur la Chaîne II de la Radio nationale, consacrée à une rencontre avec un artiste.

Après l’indépendance, il continue sa quête de collaboration avec des monstres de la chanson algérienne, à l’image Cheikh Noureddine et de Cherif Kheddam. Mémoires d’un artiste, chanteur, moudjahid, Récits de résistance, de  Mohand Arezki est un ouvrage à lire, tant les informations rapportées sont intéressantes. La grande histoire se mêle à la petite histoire, donnant naissance à un récit des  plus captivants.                                                 

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Auteur: Anis Khecheba
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