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La guerre au Moyen-Orient pourrait bientôt se traduire par une nouvelle secousse sociale au Royaume-Uni. Selon le Telegraph, plus de 100 000 Britanniques supplémentaires pourraient perdre leur emploi dans les prochains mois sous l’effet du choc énergétique provoqué par le conflit, alors que le pays aborde déjà cette phase de tension avec un marché du travail fragilisé. Le quotidien estime qu’en cas de perturbations prolongées de l’énergie pendant plusieurs mois, le taux de chômage britannique pourrait dépasser 5,5 %.

Cette alerte intervient alors que le chômage britannique se situe déjà à 5,2 %, son plus haut niveau depuis 2015 si l’on exclut la période exceptionnelle de la pandémie, selon Reuters, qui cite les données de l’Office for National Statistics. Dans le même temps, le nombre de personnes sans emploi au Royaume-Uni atteignait déjà 1,88 million en février, d’après un briefing de la Chambre des communes. En clair, une perte supplémentaire de plus de 100 000 emplois rapprocherait le pays du seuil symbolique des 2 millions de chômeurs.

Le mécanisme redouté est désormais bien identifié: La flambée des prix du pétrole et du gaz renchérit les coûts de production, comprime les marges des entreprises et pousse de nombreuses sociétés à ralentir les recrutements, voire à geler certaines embauches. La Chambre de commerce britannique a indiqué il y a quelques jours que 52 % des entreprises subissaient déjà une pression à la hausse sur leurs prix à cause du coût des services publics, et que ce stress pourrait encore s’aggraver si les prix de l’énergie continuaient de grimper.

Le contexte énergétique explique cette nervosité. Reuters rapportait le 13 mars que le plafonnement des factures d’énergie des ménages britanniques pourrait augmenter d’environ 11 % en juillet, passant de 1 641 livres à 1 827 livres par an pour un foyer type, sous l’effet de la guerre et de la poussée des prix de gros. Dans le même article, l’agence précise que les prix de gros du gaz ont bondi de plus de 60 % en deux semaines.

Sur les marchés pétroliers, la pression est tout aussi nette. Reuters relevait le 12 mars que le Brent était repassé au-dessus de 100 dollars le baril, après avoir frôlé les 120 dollars plus tôt dans la semaine. D’autres sources de presse britannique rappellent qu’au début de l’année 2026, le Brent évoluait autour de 60 dollars, ce qui donne la mesure du choc énergétique encaissé en quelques semaines.

Pour l’économie britannique, ce choc est particulièrement sensible. Reuters souligne que le Royaume-Uni est perçu comme plus exposé que nombre d’autres économies occidentales à une nouvelle flambée énergétique, en raison de sa forte dépendance au gaz importé et de marges budgétaires jugées étroites. Cela signifie que la hausse des prix mondiaux se transmet rapidement à l’économie réelle, aux ménages comme aux entreprises.

Cette nouvelle donne complique aussi la tâche de la Banque d’Angleterre. Le 16 mars, Reuters indiquait que l’institution devrait renoncer, pour l’instant, à baisser ses taux face aux risques inflationnistes nés de la guerre. Les économistes interrogés par l’agence s’attendent majoritairement à un maintien du taux directeur à 3,75 % le 19 mars, alors qu’avant le conflit une baisse vers 3,5 % semblait presque acquise. Reuters ajoutait même que les contrats à terme sur les taux n’intégraient plus de baisse cette année au moment du sondage, preuve de la brutalité du revirement.

Au fond, le scénario redouté par le Telegraph dépasse la seule question du carburant ou des factures domestiques. Il suggère que la guerre pourrait freiner l’activité, retarder l’assouplissement monétaire et détériorer encore un marché du travail déjà sous tension. Entre énergie plus chère, croissance molle et recrutements en berne, le Royaume-Uni risque de voir se refermer un peu plus la fenêtre d’un redémarrage économique rapide.

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Auteur: balkis T
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