Ouvert hier devant le tribunal criminel de Dar El Beïda à Alger, le procès de Tayeb Louh, l’ex-ministre de la Justice, a été marqué par de lourdes révélations, notamment sur l’affaire des mandats d’arrêt contre l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil. Aussi bien Saïd Bouteflika que Tayeb Louh ont enfoncé l’ex-procureur général près la cour d’Alger et ex-ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, accusé d’avoir agi «dans un esprit revenchard alors que c’est lui qui avait annulé les mandats d’arrêt».

Aussi bien Tayeb Louh que Saïd Bouteflika ont enfoncé l’ancien procureur général près la cour d’Alger et ex-ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, désigné récemment comme ambassadeur d’Algérie en Tchéquie.

D’abord, Tayeb Louh qui apparaît très calme et faisant preuve de beaucoup d’assurance. Il s’est défendu d’une manière très particulière, ce qui a laissé aussi bien les magistrats que les avocats suspendus à ses lèvres.

Jugé pour «abus de fonction», «entrave au bon déroulement de la justice», «incitation à la partialité» et «faux et usage de faux en écritures administratives», il a commencé par planter le décor en revenant sur le contexte dans lequel il a été inculpé et placé en détention il y a plus de deux ans.

«Cette affaire constitue un grave précédent, unique dans l’histoire de la justice algérienne et au niveau international. Les auteurs doivent assumer leurs responsabilités devant Dieu et l’histoire et en être comptables.

J’ai été placé en détention pour des considérations politiques, dans un contexte inconstitutionnel. Le Président avait démissionné et un autre a été désigné sans être élu (Abdelkader Bensalah, ndlr). On voulait que le ministre de la Justice soit emprisonné.

On a dit à ceux qui ont décidé et engagé les poursuites contre moi que j’avais des dossiers, que j’ai ouvert des enquêtes, notamment sur le fils du défunt (ndlr : en référence, au chef d’état-major, feu Ahmed Gaïd Salah). Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais je vous laisse examiner mon cas en votre âme et conscience.

J’étais ministre de la Justice, ancien magistrat et président du Syndicat des magistrats, qui a défendu l’indépendance du juge. C’est une affaire horrible. Cette affaire restera comme une tache noire dont seront comptables ceux qui en sont responsables», déclare Louh.

Pour lui, toutes les poursuites engagées sont «motivées par des considérations politiques» durant une période marquée par des «violations» de la Constitution. (Nous reviendrons demain, sur l’audition des autres accusés)

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Auteur: Anis Khecheba
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