Corona-bêta peut aller au diable ! Aujourd’hui, pas question de céder à l’abrutissement. Lequel est synonyme, à plus d’un égard, d’une soumission quasi collective, pour ne pas dire nationale, des plus lâches et des plus serviles, à ce corona-fléau. Etudier à distance devient donc, sous nos cieux, plus qu’une plausibilité. C’est une forme de résistance et de combat. Il s’agit même d’une voie de survie ! Les difficultés semblent colossales, mais à l’impossible nul n’est tenu. Ingrédients nécessaires : une bonne volonté politique, mais surtout une once d’originalité et un brin de créativité. La classe !

En tout cas, les deux ministères de tutelle, entendez celui de l’Education nationale et celui de l’Enseignement supérieur, semblent, du moins jusqu’à maintenant, avoir plutôt l’air d’y croire. Les déclarations de part et d’autre tendent manifestement vers le rejet catégorique de l’année blanche. L’année scolaire et universitaire touchant de toute façon à sa fin, reste maintenant à terminer ce qui a été déjà commencé ; quitte à devoir accumuler quelque retard. Voilà, au moins, qui a le mérite d’être clair.

Loin des yeux, près du cœur ?

Dans cette logique, le ministre de l’Education, Mohamed Hamdi, s’est voulu, ainsi, rassurant pour ce qui est du maintien des examens nationaux, entendez « la sixième », « la neuvième » et le baccalauréat. En cas de corona-persistance, les épreuves pourraient bien, selon lui, avoir lieu en septembre prochain, au cas où il serait impossible de les maintenir en juin. Concernant les autres niveaux, le report des examens serait également à l’ordre du jour. Au pire des cas, le ministre a évoqué l’éventualité de ne comptabiliser que les moyennes du 1er et du 2ème trimestre.

Mais quoi qu’il en soit, Mohamed Hamdi se montre, en effet, ouvert à l’idée de mettre en marche l’enseignement à distance. Seul hic : comment garantir le principe d’équité des chances et arriver à toucher la totalité des élèves confinés à leurs domiciles sur tout le territoire national ; à l’heure où il n’est pas forcément donné à tout le monde, encore aujourd’hui en Tunisie, d’avoir un ordinateur, et encore moins une connexion à internet à la maison…

Toutes distances gardées et toutes contraintes considérées, le ministre assure que son département est en train d’envisager la possibilité de dispenser des cours adressés à tous les niveaux et touchant plusieurs matières, qui seront diffusés à la Télévision Nationale, à priori sur la « Wataniya 2 », en suivant, selon toute vraisemblance, un calendrier bien déterminé et des horaires fixes, afin de garantir leur bonne réception.

De son côté, Slim Choura, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a confirmé, lui aussi, la détermination de son département pour mener à son terme la présente année universitaire. Cela dit, pas de cours à la télé pour les étudiants, mais plutôt une communication interactive entre profs et étudiants sur la plateforme numérique de l’enseignement supérieur à distance, déjà existante, à savoir le site internet de « l’Université virtuelle ».

Du wifi à retordre ! 

Même hic : comment garantir le bon déroulement du procédé, alors qu’il n’est toujours pas donné à tout le monde, quitte à nous répéter, d’avoir le câble ou le wifi à domicile. Solution proposée par le ministre : à défaut d’avoir internet chez soi, les étudiantes et les étudiants seront invités à « visiter » les maisons de jeunes et les maisons de culture les plus proches, histoire de se connecter quand même sur le désormais unique et indispensable site de l’Université virtuelle.

Enorme hic : ladite solution s’avère totalement contradictoire avec le confinement obligatoire de toute la population et qui sera, dorénavant, beaucoup plus obligatoire, en raison du passage de la Tunisie à la phase 3 de la corona-propagation, caractérisée par un risque grandissime de contagion rapide et horizontale. Sur ce point, Slim Choura ne devrait pas tarder à revoir sa position et à chercher une alternative. En attendant, il a fait savoir que son département travaille « en étroite collaboration » avec les institutions  de l’enseignement supérieur pour trouver des solutions.

De toutes les manières, le ministère « des Technologies de la communication et de la transformation digitale », décidément un maillon des plus importants dans cette chaîne, est aujourd’hui plus que jamais exhorté de revoir encore à la hausse –beaucoup plus à la hausse !- le débit d’internet, sur tout le territoire tunisien. Car si cela ne tienne qu’à un fil, on va se dire que la connexion donne, d’ores et déjà, du wifi à retordre à tout le monde !

Entretemps, les enseignantes et les enseignants, tous niveaux confondus, sont aujourd’hui plus que jamais motivés. Les parents, de leur côté, n’attendent désormais que le mot d’ordre, pour improviser, chacun à sa manière et en un claquement de doigts, des salles de classe des plus « équipées », à l’intérieur de leurs maisons. Quant aux élèves et étudiants, ils sont certes un peu grincheux et un tantinet paresseux, -faut-il d’ailleurs les en vouloir ?-, mais c’est seulement pour le moment ; car, une fois la sonnerie retentie, ils répondront très vite à l’appel !

Heureux qui comme l’élève ou l’étudiant tunisien pourra suivre son cours sans quitter son lit !

Slim BEN YOUSSEF

Auteur: letemps1
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