«Nous ne sommes plus qu’à quelques jours des célébrations de la fête de l’Indépendance. En juillet 1962, les caisses étaient vides et le plus grand défi était d’assurer la rentrée scolaire et de construire un Etat qui survive aux hommes. En 1967, nous avions commencé par la loi sur les communes puis celles des wilayas à cette date nous avions élu notre première Assemblée populaire». C’est par ces propos, empreints de nostalgie que s’est exprimé, le président du Conseil de la nation lors d’une séance plénière de clôture de la session parlementaire 2018-2019 qui s’était ouverte en septembre dernier.
Cette cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, Noureddine Bedoui, et des membres du gouvernement. Poursuivant ses propos, M. Salah Goudjil a commenté l’actualité politique en affirmant que le 22 février dernier, les Algériens sont sortis dans les rues pour dire «Ça suffit» et ce, dans le calme et la sérénité. «Notre peuple a fait preuve d’un grand éveil en refusant toute forme d’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de notre pays et en restant attaché fidèlement à la stabilité et l’unité du pays», a-t-il fait savoir avant de saluer et de rendre un vibrant hommage à l’Armée nationale populaire (ANP) et à son haut commandement qui a «pris ses responsabilités historiques» en demandant l’application de l’article 102 de la Constitution.
«L’ANP est la digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN), car elle est restée attachée au peuple et à la patrie» a souligné M. Goudjil qui a également mis à profit cette opportunité pour mettre en exergue le fait que la Constitution accorde au chef de l’Etat intérimaire, Abdelkader Bensalah, la mission de préparer des élections présidentielles, libres et transparentes, qui seront entièrement supervisées par une commission indépendante. «Le changement ce n’est pas que changer des personnes. En effet, pour construire un Etat il faut savoir différencier entre gouvernement et Etat. Les gouvernements viennent et partent tandis que l’Etat reste», a-t-il affirmé non sans déclarer que la notion de Nation, est la chose commune qui appartient à l’ensemble des citoyens. M. Salah Goudjil a, par ailleurs, mis en exergue l’impérieuse nécessité du dialogue : «Il faut dépasser les divergences pour l’intérêt suprême de notre pays et ce, par le dialogue. L’Algérie avant tout», a-t-il réaffirmé avant de rappeler le fait que «nous ne devons laisser personne s’ingérer dans nos affaires intérieures et nous nous devons de préserver l’indépendance de notre décision politique».
Le président du Conseil de la nation a lancé, au passage, un appel à toutes les formations et personnalités de l’opposition pour œuvrer ensemble à préserver le pays. «L’unité nationale ainsi que la non-ingérence sont des lignes rouges non négociables», a-t-il appuyé avant d’aborder les prochaines échéances.
«Le futur président de la République aura pour premier chantier la rédaction d’une nouvelle Constitution, avec le concours de l’ensemble des forces vives, qu’il présentera au suffrage du peuple», a-t-il informé avant de préciser que cette nouvelle loi fondamentale devra protéger nos constantes nationales telles que les valeurs du 1er Novembre 1954, notre hymne et l’emblème national. À la fin de son intervention devant un auditoire composée des membres du Conseil de la nation et de nombreux invités, M. Salah Goudjil a expliqué que «l’adoption d’une nouvelle Constitution par le prochain président de la République, permettra d’avoir des institutions fortes et débouchera sur de futures élections législatives». Et de prévenir, enfin, que «la démocratie dans notre pays dérange énormément les puissances étrangères». «Ces puissances redoutent la démocratie véridique en Algérie car cette dernière immunisera notre nation contre l’ensemble des dangers», a-t-il conclu.
La clôture de la session de la Chambre haute du Parlement intervient, faut-il le dire, conformément aux dispositions de l’article 135 de la Constitution et de l’article 5 de la loi organique 12-16 portant organisation de l’APN et du Conseil de la nation et leur relation fonctionnelle avec le gouvernement.
Sami Kaïdi
Auteur: elmoudjahid
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