C’est avec beaucoup d’émotion que la judokate Salima Souakri a signé son ouvrage autobiographique baptisé Ceinture noire, cœur blanc, du journaliste et écrivain Jaoudet Gassouma, et ce, à l’occasion d’une vente-dédicace, samedi dernier, à la librairie L’Arbre, à Sidi Yahia, dans la commune de Hydra, devant un public venu assez nombreux.
Paru aux éditions Al Bayzin, en 2018 à l’occasion de la 23e édition du SILA, cet ouvrage, richement illustré, retrace, sous la plume du journaliste-écrivain Jaoudet Gassouma, les multiples triomphes sportifs de Salima Souakri, mais également sa vie hors tatamis, avec ses hauts et ses bas. Après avoir présenté quelques traits de caractère et la personnalité de cette dame au « fort charisme », sur la base de témoignages de ceux ayant côtoyé Salima Souakri, l’auteur a évoqué la gloire décrochée par cette ancienne sportive depuis ses débuts en judo, en 1983, à l’âge de 9 ans, jusqu’à a fin de sa carrière en 2008. Durant plus de 25 années de pratique, elle a notamment remporté 12 titres de championne d’Afrique et s’est classée à trois reprises 5e aux jeux Olympiques (Barcelone-1992, Atlanta-1996 et Athènes-2004). Elle a été, en outre, médaillée d’or aux Jeux méditerranéens en 2001 et médaillée d’or au Grand Chelem Paris-Bercy en 2002. En 1992, Souakri a décroché, haut la main, la médaille de bronze aux Championnats du monde juniors au Canada. «Nous ne naissons pas champions, nous le devenons avec la sueur et le travail», «le judo a été pour moi une véritable école de la vie», a affirmé Salima.
Dans son intervention à l’occasion de cette vente-dédicace Salima affirme que «cette école véhicule beaucoup de valeurs qui se retrouvent dans le code moral de ce sport, c’est-à-dire le courage, la pugnacité, la sincérité, le respect, l’honneur, la volonté farouche». La détentrice du grade de 6e dan a raconté avec émotion les moments émouvants de sa vie… De la prime enfance, avec ses premiers combats dans la vie, à son entame de la pratique de judo et ses combats sur les tatamis, caractérisés par la persévérance et le courage, le parcours héroïque de cette battante est retracé dans un récit autobiographique.«Je suis ravie de la naissance de cet ouvrage qui illustre un peu mon vécu sportif et particulièrement en tant que femme sportive et qui représente donc le sport féminin», a déclaré Salima. «C’était un long combat pour moi marqué par des étapes très intéressantes. De mes premiers pas sur un tatami de judo quand j’avais 9 ans, en 1984, jusqu’à la fin de ma carrière en 2008», a-t-elle précisé. Cette judokate de renommée internationale, championne d’Afrique et mondialiste, était dans l’obligation de se couper les cheveux en « coupe garçon » et se prénomma Salim pour intégrer ce monde sportive dédié exclusivement à la gent masculine par la société algérienne. C’est à partir de là que le combat de cette fille de  9 ans, sœur de six garçons, a débuté. «Ce n’était pas évident pour moi dans la mesure où nous vivons dans un environnement où tout était tabou pour la femme», a-t-elle lancé. Pour s’affirmer, il fallait réussir, et tous ceux qui étaient contre le fait que la femme pratique un sport, et particulièrement un sport de combat, sont devenus ses propres fans. «plus que ça, ils étaient fiers qu’une fille de leur quartier les représente bien, sur les plans régional et national et même international», dira Salima. La championne de judo a, par ailleurs, raconté avec douleur l’assassinat de son frère aîné à l’âge de 21 ans durant la décennie noire. Malheureusement, le temps d’après la décennie noire n’était pas une période qui allait arranger les choses pour Salima,  parce qu’elle avait coïncidé avec son intégration à l’équipe nationale… «Je me souviens, on s’entraînait tard le soir, et pour rentrer à la maison… Ce climat était dangereux mais il fallait rester là, en Algérie, pour combattre coude-à-coude». Il y a lieu de noter, enfin, qu’après sa carrière d’athlète, Souakri a embrassé la carrière d’entraîneur, tout en se lançant en parallèle dans le monde des médias où elle a animé notamment une émission à caractère social dans une chaîne de télévision privée.  Elle a été nommée, par ailleurs, Ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef en 2011.
Sihem Oubraham

Auteur: elmoudjahid
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