Marrakech- Les participants à un séminaire organisé sous le thème « la formation par Apprentissage et alternée : Bilan et attentes », ont appelé vendredi, à Marrakech, à intensifier la coordination entre les entreprises et les établissements de formation professionnelle pour assurer une meilleure insertion des lauréats et répondre aux besoins des entreprises.
Les intervenants dans le cadre de cette rencontre, organisée par le Secrétariat d’Etat Chargé de la Formation Professionnelle, ont souligné la nécessité de réduire l’écart entre le milieu de l’entreprise et le système productif afin d’être en mesure d’accompagner le développement socio-économique que connait le Maroc.
Le directeur de la formation en milieu professionnel au sein du secrétariat Chargé de la Formation Professionnelle, Adel Mahmoudi, a mis l’accent sur l’importance de renforcer la qualité de la formation professionnelle et de développer un nouveau modèle du partenariat public privé (PPP) avec une implication accrue des professionnels dans tout le processus de mise en place de la formation en milieu professionnel (FMP).
Il ressort aussi des conclusions tirées du bilan effectué de la FMP (apprentissage et alternée), la nécessité de consolider le rôle des régions comme principaux acteurs territoriaux de la FMP, de sensibiliser les conseils régionaux et collectivités territoriales sur le rôle primordial de la FMP dans la création des richesses locales et de mettre en place des formations adaptées à chaque région, a-t-il expliqué.
Ces conclusions jettent la lumière, également, sur la nécessité de la refonte du cadre réglementaire régissant ce secteur et l’amélioration du système de gouvernance aux niveaux régional et national, a-t-il précisé.
M. Mahmoudi, qui présentait le contexte de réforme, la stratégie nationale de la Formation professionnelle 2021 ainsi que la feuille de route de ce secteur validée par le Souverain, a estimé que le bilan de la stratégie nationale de la formation professionnelle « est plus que positif ».
De son côté, le président de la Commission Talents, Formation et Employabilité de la Confédération générale des entrepreneurs du Maroc (CGEM), Hamid El Otmani, a fait remarquer que le Maroc est cité en modèle dans le domaine de la formation professionnelle, qui a accompli de grands progrès sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI.
Et d’appeler à remettre la formation professionnelle sur la voie de l’excellence, valoriser la perception de la formation professionnelle et à améliorer son attractivité afin que son image ne soit plus collée à « l’échec et au décrochage scolaire », insistant sur l’importance d’accompagner les entreprises au niveau de l’encadrement et du tutorat.
Pour sa part, le directeur général de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), Abdelmouneim Madani, a présenté une analyse des caractéristiques du marché de l’emploi : un taux du chômage élevé avec cependant une pénurie de la main-d’œuvre dans certains métiers (BTP, aéronautique, digital, métiers de services) et une inadéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi, relevant que la formation par apprentissage et alternée représente une solution idoine à même de réduire cet écart.
La représentante de l’Agence allemande de coopération (GIZ) a présenté à cette occasion, le projet « appui à la mise en œuvre de la formation professionnelle en milieu du travail » (Tamheen), ses composantes et son état d’avancement.
Financé par la GIZ, ce projet vise le développement des offres de formation professionnelle en milieu de travail adaptées aux besoins du marché de travail et des spécificités des régions, a-t-elle indiqué, notant que cette coopération fructueuse entre la GIZ et le Maroc vient répondre à un besoin en formation professionnelle adaptée aux marchés de l’emploi.
La directrice de la formation au sein de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), Mme Souad Ellouzi, a de son côté, relevé que la formation par alternance représente le mode de formation le plus approprié pour la FMP, notant cependant que le tissu économique marocain a des capacités limitées en terme d’encadrement.
Et de faire savoir qu’au niveau national, quelque 200 établissements sont concernés par la formation par alternance concentrés en majorité à Casablanca, Tanger, Marrakech et Rabat, appelant à développer la formation professionnelle au niveau local.
Ce séminaire de deux jours sera l’occasion pour les différentes parties prenantes de débattre des aspects liés à la modernisation de la formation par apprentissage et alternée, afin de répondre aux besoins socioprofessionnels et aux spécificités des régions et de contribuer à l’emploi des jeunes.
Il permettra, ainsi, aux principaux acteurs publics et privés du dispositif de la formation en milieu professionnel, alternée et par apprentissage, d’engager une réflexion élargie pour asseoir les jalons d’une formation en milieu professionnelle de qualité, attractive, flexible et adaptée aux besoins du milieu du travail.
Cette rencontre offre l’opportunité pour formuler des propositions quant aux pistes d’amélioration des dispositifs législatifs et réglementaires régissant la formation en milieu professionnel, par apprentissage et alternée, pour améliorer leurs mécanismes de gouvernance et accroître leur efficacité, à l’amélioration de la formation par apprentissage et alternée pour répondre aux besoins socio-économiques des régions et aux préalables à adopter pour instaurer un nouveau modèle attractif et réactif de formation en milieu professionnel, alternée et apprentissage, qui répond aux besoins en compétences des écosystèmes, des entreprises, des milieux et des populations.
Auteur: Mohammed KOURSI
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