Mohamed Miraoui, ministre de la Santé.« Nous attendons la mise en place d’un nouveau gouvernement qui serait adossé à une crédibilité puisée dans le choix du peuple ».
Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, a affirmé, aujourd’hui lundi, que «le service civil, comme il est conçu, a montré ses limites et comporte des insuffisances qu’il faut corriger», annonçant, dans ce sens, une nouvelle stratégie du secteur pour inciter les médecins spécialistes à travailler dans le Sud et les Hauts-Plateaux.
Le ministre a également annoncé que son secteur est en train d’élaborer une «nouvelle stratégie» visant à inciter les médecins spécialistes à travailler dans ces régions dans de meilleures conditions notamment à travers des «mesures financières».
De son côté, Lyes Merabet, Président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), qui a estimé que ce «gouvernement illégitime» n’est pas habilité à proposer des mesures qui relèvent en fait de la politique de l’Etat en matière de santé publique. «Nous attendons son départ et la mise en place d’un nouveau gouvernement qui serait adossé à une crédibilité puisée dans le choix du peuple», a-t-il ajouté. Pour ce qui est de la question de la couverture médicale dans certaines régions enclavées au sud, à l’intérieur du pays mais même dans des régions des wilayas du nord, M. Merabet a indiqué qu’elle ne relève pas que du spécialiste et donc du service civil. Selon lui, c’est de l’échec d’une politique de santé qu’il s’agit et c’est «une conséquence de la mauvaise gouvernance dans un pays rongé par une gestion clanique et mafieuse», soutient-il.
Le syndicaliste assure que la volonté politique n’a jamais accompagné les réformes engagées dans ce secteur stratégique depuis 2004 et aucun bilan n’a été présenté ou rendu public à ce jour. Lyes Merabet explique que le problème est complexe et différents secteurs sont concernés, à commencer par le secteur prestataire de services (la santé) mais aussi celui de la sécurité sociale, de l’intérieur, l’enseignement supérieur pour la formation et éventuellement le secteur de la fonction publique et des finances. Selon lui, une stabilité politique est essentielle pour mettre en place des mesures incitatives capables d’apporter des solutions. Et l’incitation financière n’est qu’un élément, selon Lyes Merabet, dans une démarche que doit dégager la concertation avec l’ensemble des représentants des professionnels concernés et des différents départements qui interfèrent dans le traitement de la situation.
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Auteur: Farouk Djouadi
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