Les mouvements de contestation ont connu un très fort regain en ce début de semaine à Sidi Bel Abbès, à la faveur de la mobilisation citoyenne que connaît le pays depuis le 22 février.

Rassemblement des agents contractuels de la commune du chef-lieu de la wilaya, fermeture des sièges d’APC, sit-in des demandeurs de logements, marasme au sein des administrations, dénonciation des actes de corruption et de spoliation du foncier industriel… Les mouvements de contestation ont connu un très fort regain en ce début de semaine à Sidi Bel Abbès, à la faveur de la mobilisation citoyenne que connaît le pays depuis le 22 février.

Fortement pénalisés par une détérioration accrue de leur pouvoir d’achat et l’insignifiance de leurs salaires (8000 dinars par mois), les contractuels à temps partiel de l’administration ont crié, haut et fort, dimanche, leur désarroi devant le siège de la wilaya. Ils réclament, légitiment, une révision de leur statut professionnel et «plus de transparence dans l’organisation des concours de recrutement aux emplois permanents», explique une employée de l’APC, recrutée il une dizaine d’années dans le cadre du diapositif de l’ANEM.

Le statut précaire des contractuels et les conditions de travail discriminatoires auxquels ils sont soumis révèlent, on ne peut mieux, toute l’injustice qui frappe cette catégorie de salariés. Avant eux, les contractuels du Centre hospitalo-universitaire Hassani Abdelakder ont, en fin de semaine dernière, observé un sit-in à l’entrée de cet établissement pour revendiquer la régularisation de leur situation.

Dans les différentes communes de la wilaya, des mouvements de protestation sont menés presque quotidiennement pour dénoncer la corruption, le despotisme et la gabegie au sein des Assemblées populaires communales (APC). Des actions spectaculaires de fermeture des sièges d’APC ont même eu lieu. Malgré un discours officiel glorifiant les «injazate» (réalisations) de ces deux dernières décennies, les populations des communes et hameaux déshérités de la wilaya ne décolèrent pas face à l’insuffisance criante des commodités de la vie quotidienne (routes, eau potable, réseaux d’assainissement, transport, etc.) et à l’accroissement du chômage.

Dans ces localités, les surcoûts de projets douteux et la mainmise de réseaux de prédation dopés par la commande publique reviennent en surface. Des citoyens exhortent, d’ailleurs, la justice à ouvrir des enquêtes approfondies et impartiales sur les projets relevant des secteurs de l’hydraulique, du logement et de l’aménagement urbain. Dans le secteur du logement, les souscripteurs de programmes LPA et ex-LSP n’hésitent pas à évoquer le diktat de certains promoteurs qui font fi de toutes les lois.

«La colère de la population n’est pas près de baisser tant que des promoteurs continueront à racketter d’honnêtes citoyens avec la complicité de segments entiers de l’administration», assurent des souscripteurs qui attendent, depuis plus de dix ans, les clés de leurs logements. Et là encore, malgré un nombre incalculable d’actions de protestation, les promesses et engagements (jamais respectés) ne font plus recette.

D’ailleurs, depuis plus d’un mois et demi, les déclarations des responsables locaux se font rares, sinon évasives, face à des attentes légitimes que la population traduit chaque vendredi dans la rue. Outre ces attentes, beaucoup de questions ressurgissent sur les actes de gestion d’anciens walis soupçonnés d’avoir bradé le foncier industriel et concédé des actifs d’anciennes sociétés publiques à des «affairistes», et ce, dans des conditions très suspectes.

On évoque ainsi la concession du parc de l’ex-Entreprise publique de transport de voyageurs (EPTVO), les attributions d’assiettes foncières dans le cadre du Calpiref, le détournement d’espaces verts pour la réalisation de projets immobiliers, les surcoûts exorbitants de certains équipements publics. Autant de dossiers que devrait prendre fermement en main la justice, loin de toute surenchère, et ce, en conformité avec le vœu exprimé par la population, descendue massivement dans la rue.

Related Post

Post Views: 121

Auteur: Anis Khecheba
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.