Tensions familiales »
Entre querelles de voisinage, tensions familiales et alcool, un homme voit sa vie basculer après avoir incendié un bien appartenant à sa belle-sœur. Une affaire qui a conduit la justice à prononcer une lourde condamnation.
Dans la commune rurale d’El Attatra, relevant de la province de Sidi Bennour, ce qui n’était au départ qu’un différend familial s’est transformé en un crime, mettant en cause un homme marié et père de deux enfants.
L’affaire trouvait son origine dans des tensions qui couvaient depuis plusieurs mois entre l’accusé et sa belle-sœur. Les relations entre les deux familles s’étaient progressivement détériorées à cause d’un tas de fumier entreposé à proximité des habitations. Une querelle anodine qui fini, par alimenter disputes, rancœurs et échanges hostiles au sein du cercle familial.
Selon les éléments de l’enquête, la situation a atteint son point de rupture le jour des faits. Sous l’emprise de l’alcool, l’accusé a décidé de régler le différend à sa manière. Après s’être procuré une quantité d’essence, il s’est dirigé vers le tas de bouse de vache appartenant à sa belle-sœur avant d’y répandre le carburant. Quelques instants plus tard, il y mettait le feu, provoquant un incendie qui allait rapidement attirer l’attention du voisinage.
Alertée par la propriétaire du bien incendié, la gendarmerie royale de Sidi Bennour s’est immédiatement saisie de l’affaire. Les enquêteurs, agissant sur instructions du procureur général près la Cour d’appel d’El Jadida, ont ouvert une enquête judiciaire afin de déterminer les circonstances exactes de l’incident.
En effet, lors de son audition, le mis en cause n’a pas cherché à nier les faits. Dans ses déclarations consignées dans un procès-verbal, il a reconnu avoir volontairement incendié le tas de fumier. Il a toutefois expliqué avoir agi alors qu’il se trouvait dans un état d’ivresse avancé. Il a également affirmé que son geste était le résultat de tensions familiales accumulées depuis longtemps.
Ce père de famille a révélé aux enquêteurs que les conflits autour de ce tas de fumier avaient profondément perturbé sa vie personnelle. Selon lui, les disputes répétées avaient créé un climat devenu insupportable au sein de son foyer conjugal.
Son épouse l’a même quitté quelque temps auparavant à cause de cette situation, le contraignant par la suite à s’installer dans un autre logement situé près de la famille de cette dernière. Fait surprenant, l’accusé a indiqué qu’après avoir allumé l’incendie, il avait lui-même informé son frère de ce qu’il venait de faire afin que celui-ci intervienne pour éteindre les flammes. L’incident n’a heureusement causé aucune perte humaine, mais les dégâts matériels ont suffi à déclencher des poursuites criminelles.
Au cours de l’enquête, les limiers de la gendarmerie royale ont auditionné la plaignante ainsi que le frère du mis en cause. La belle-sœur a maintenu l’ensemble de ses accusations, confortant les éléments recueillis par les enquêteurs. Le dossier a alors été transmis au parquet général près la Cour d’appel d’El Jadida.
Présenté devant la justice, le mis en cause a confirmé à plusieurs reprises ses aveux, aussi bien devant le parquet général que devant le juge d’instruction. Ce dernier a ordonné son placement en détention préventive à la prison locale d’El Jadida, où il est resté incarcéré pendant toute la durée de l’instruction.
Lors de son procès devant les trois magistrats de la chambre criminelle de première instance, le mis en cause a une nouvelle fois reconnu les faits tout en affirmant qu’il n’était pas pleinement conscient de ses actes au moment de l’incendie.
Son avocat a plaidé l’octroi de circonstances atténuantes, mettant en avant son état d’ébriété et le contexte conflictuel dans lequel les faits s’étaient produits. Le représentant du ministère public, pour sa part, a requis l’application de la loi dans toute sa rigueur.
Après le dernier mot du mis en cause et les délibérations, la Cour l’a jugé coupable pour incendie volontaire de biens appartenant à autrui et ivresse pour le condamner à vingt ans de réclusion criminelle.
Auteur: Abderrafii ALOUMLIKI
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