Le Comité des Nations Unies chargé du suivi du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auditionne depuis le jeudi 22 octobre 2026 l’Etat du Cameroun sur la situation des droits de l’homme au pays. Un rapport d’une coalition des organisations de la société civile déposé en septembre 2026 donne un aperçu de cette situation.

Les Nations Unies par le biais du Comité de suivi de la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques se penche sur la situation des droits humains au Cameroun. A l’occasion de sa 146è session qui se tient depuis le 19 octobre à Genève, ledit comité auditionne l’Etat du Cameroun sur la question. Ses inquiétudes concernent en même temps la lutte contre la corruption, les violences dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la poursuite des civils devant les juridictions militaires, les détentions arbitraires, l’affaire Martinez Zogo et bien d’autres.

Face au comité des Nations Unies, la délégation du Cameroun auditionnée à Genève jeudi dernier est conduite par l’ambassadeur, représentant permanent près des Nations Unies. Aux préoccupations soulevées, elle a apporté des réponses. Elles présentent le Cameroun comme un pays doté de textes juridiques relatifs à la protection des droits humains tout en reconnaissant que ces textes peuvent parfois souffrir d’une application inadéquate.

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Autant ces textes protègent, ils mettent aussi des personnes face à leurs responsabilités devant les juridictions. Les civils poursuivis devant les tribunaux militaires le sont en raison du fait que ces juridictions sont légales. Elles ont la compétence de poursuivre les civils lorsque les faits impliquent la participation présumée des forces de défense et de sécurité. Ou lorsqu’il y a usage des armes à feu dans la commission des faits. La délégation du Cameroun prend comme illustration l’affaire Martinez Zogo.

La question de la discrimination des personnes homosexuelles a aussi fait l’objet de question réponse. Bien que la pratique de l’homosexualité étant pénalement sanctionnée au Cameroun, les personnes homosexuelles ne sont pas traquées. Elles s’exposent à la rigueur de la loi en cas de flagrant délit ou d’atteinte à la pudeur. A expliqué la délégation camerounaise dont l’audition se poursuit ce vendredi.

Les préoccupations soulevées par le Comité se trouvent aussi dans un document préparé par une coalition des organisations de la société civile et soumis au comité en septembre dernier. C’était en prélude à l’examen du Cameroun par le comité des Nations Unies au cours de la session qui se déroule. Le rapport de la coalition de la société civile présente les chiffres de la situation des droits de l’homme au Cameroun, les recommandations et les questions pour un plaidoyer.

Le rapport dénombre en effet 540 cas de violations liés au processus électoral documentés, 312 arrestations recensées par les listes d’avocats à partir du 26 octobre 2025, 3 310 dossiers dans un registre indépendant dont 2 782 personnes encore détenues. 136 incidents documentés dans les régions anglophones en 2025 avec 278 victimes directes dans ces régions et 1 339 détenus classés « crise anglophone » dont 1 298 en situation de pré-procès.

Par ailleurs, la coalition indique que 256 plaintes ont été déposées depuis 2017 contre des agents pour torture ou usage excessif de la force. Et presque toutes ne sont pas suivis de procès. La société civile dénonce aussi deux nourrissons maintenues à la prison centrale de Bamenda au 20 septembre 2026. Ainsi qu’un bilan contradictoire des morts lors de la crise post-électorale en 2025 qui s’élève à 16 personnes selon le gouvernement et à 48 selon les sources des Nations Unies.

Auteur: Arnaud Nicolas MAWEL
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