Plusieurs pays et organisations internationales ont multiplié leurs appels à un cessez-le-feu «immédiat» en Libye, et exhorté les parties en conflit à «revenir» à la table des négociations pour mettre fin à l’escalade militaire, réaffirmant le soutien à toutes les initiatives visant à trouver une solution politique à la crise.

À la suite des derniers développements intervenus sur la scène libyenne, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et son homologue russe, Vladimir Poutine, ont appelé, mercredi dernier, à un cessez-le-feu en Libye, «à partir de dimanche 12 janvier», selon une déclaration commune publiée, à l’issue d’une rencontre à Istanbul.

«Nous appelons tous les belligérants en Libye à cesser les hostilités à 00h00 le 12 janvier et à déclarer un cessez-le-feu durable», a indiqué le document publié par la présidence turque.

Les deux chefs d’Etat exhortent, en outre, les différentes parties à «s’asseoir immédiatement à la table des négociations dans l’objectif de mettre un terme aux souffrances du peuple libyen». MM. Erdogan et Poutine ont aussi exprimé leur soutien à une conférence internationale prévue en janvier à Berlin afin de trouver une solution pour retourner au processus politique sous l’égide des Nations unies.

L’Italie a, quant à elle, appelé, par la voix de son chef du gouvernement, Giuseppe Conte, le général à la retraite, Khalifa Haftar, à cesser son offensive en Libye, lancée en avril dernier pour tenter de prendre le contrôle de la capitale Tripoli.

M. Conte a mis en garde mercredi dernier contre «les risques pour la stabilité de la région tout entière» et «a appelé à l’abandon de l’option militaire». «La seule solution viable est politique», a-t-il insisté.

Dans le cadre de ses efforts pour un règlement politique de la crise libyenne, l’Algérie, avait appelé lundi dernier la communauté internationale et le Conseil de sécurité en 

particulier à assumer leurs responsabilités pour imposer «un cessez-le-feu immédiat» en Libye et «mettre un terme à cette escalade militaire qui fait, chaque jour, davantage de victimes…».

L’Algérie avait appelé également «les parties étrangères à cesser d’alimenter cette escalade et d’accorder aux parties belligérantes, leur soutien militaire, matériel et humain», et a plaidé pour «le respect de la légalité internationale afin de faciliter la reprise du dialogue pour parvenir à une solution politique à la crise». 

Le président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, Fayez El-Serraj, avait, de son côté, réitéré sa pleine confiance dans les efforts que l’Algérie déploie en vue d’atténuer l’escalade, «en soutenant la solution politique». 

Large soutien au règlement politique

Les réactions soutenant un règlement pacifique de la crise libyenne, loin de toute ingérence étrangère, se poursuivent aussi, notamment après l’annonce d’un déploiement militaire turc en Libye. 

Dans ce contexte, l’Union européenne (UE) a promis d’intensifier ses efforts pour une solution pacifique à la crise en Libye.

«L’UE soutient pleinement le processus de Berlin et toutes les initiatives de l’Onu visant à trouver une solution politique globale à la crise en Libye», a indiqué un communiqué du Conseil européen (représentant les Etats membres), publié à l’issue d’une réunion avec le chef du GNA libyen, Fayez al-Serraj, à Bruxelles. 

«Nous voulons empêcher la Libye de devenir le théâtre d’une guerre par procuration. Et faire en sorte que la Libye ne devienne pas une seconde Syrie», a lancé également le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a l’issue de la réunion.

Le président du Conseil présidentiel libyen a une fois de plus, a-t-on souligné, réitéré «son soutien total au processus (conférence) de Berlin». Selon M. Mass, le responsable libyen a fait savoir en particulier «qu’il était prêt à faire avancer ce qui doit y être convenu — à la fois un cessez-le-feu et un embargo sur les armes avec les Etats voisins, mais aussi et surtout le processus politique en Libye sous l’égide de l’Onu». 

Mardi, le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Josep Borrell, avait condamné «l’ingérence étrangère» dans la crise libyenne, plaidant auparavant en faveur d’une solution politique en Libye. 

Préoccupée par la situation en Libye voisine, la Tunisie, a, quant à elle, par le biais de son président Kais Saied, émis l’espoir que la crise (libyenne) «ne dégénère pas en combats à l’intérieur de la Libye», soulignant toutefois que tout indique que «la situation risque de connaître des complications, en particulier à la lumière de l’ingérence étrangère», avait rapporté l’agence de presse TAP. Après avoir rappelé les efforts pour résoudre le conflit libyen de manière pacifique, le président tunisien a évoqué la possibilité d’«un afflux de réfugiés, que ce soit des frères libyens ou d’autres pays dont les citoyens résident en Libye comme cela s’est produit en 2011».

Le président Saied a, à cet effet, souligné l’importance de coordonner les actions au niveau régional «afin que certains obstacles ne se produisent pas ou qu’un certain nombre de problèmes qui n’ont pas été pris en compte n’apparaissent pas entre-temps». 

Haftar rejette l’appel au cessez-le-feu d’Ankara et de Moscou

Le général à la retraite, Khalifa Haftar, a rejeté jeudi soir l’appel au cessez-le-feu lancé la veille par Ankara et Moscou, annonçant ainsi la poursuite de ses opérations militaires contre les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et la communauté internationale.

Dans un communiqué lu par son porte-parole Ahmad al-Mesmari, le général Haftar a indiqué que «la stabilité ou la relance du processus politique» en Libye ne pouvaient être réalisées avant l’«éradication des groupes terroristes» et «la dissolution et le désarmement des milices qui contrôlent, selon lui, la capitale libyenne».

Le général Khalifa Haftar mène depuis début avril une offensive contre la capitale libyenne, siège du GNA de Fayez al-Serraj. Le GNA a de son côté salué mercredi soir le cessez-le-feu.

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine ont appelé mercredi à Istanbul à un cessez-le-feu en Libye. 

Auteur: elmoudjahid
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