C’est dans un contexte d’accumulation de propositions exprimant une volonté de transcender le contexte actuel, pour aller vers une solution consensuelle, qu’intervient la clôture de l’opération de dépôt de candidature pour la présidentielle du 4 juillet.

Cette  première étape du processus électoral, décidée par le chef de l’Etat, Abdelkader  Bensalah, dans le cadre de ses missions pour une période de 90 jours, est en effet arrivée à terme hier soir à minuit. Il en ressort un bilan provisoire de 74 lettres d’intention par lesquelles leurs auteurs souhaitent se porter candidats  à la magistrature suprême lors d’un scrutin fixé au 4 juillet dans le respect des échéances  constitutionnelles dictées notamment par l’article 102 de la Loi fondamentale.  Quant au profil de ces postulants, l’opinion retient que trois d’entre eux appartiennent à des partis politiques. En tout état de cause, cette première étape étant arrivée à terme, la phase suivante de ce processus se rapporte à l’examen de ces dossiers par le Conseil constitutionnel qui aura à se prononcer dans un délai ne dépassant pas dix jours sur les postulants retenus. A rappeler que la tenue de la présidentielle le 4 juillet a été décidée  le 9 avril dernier par le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah, qui avait convoqué le même jour  le corps électoral. Face à la dynamique citoyenne marquée par la poursuite des manifestations pacifiques réclamant un changement radical et le départ de toutes les figures emblématiques du système, le chef de l’Etat a fait en sorte de maintenir ce calendrier électoral qui, pour l’heure, demeure toujours inchangé. Il est conforté dans sa position par le soutien de l’institution militaire exprimée par la voix du  chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah, qui dans sa première réaction, à partir d’Oran, à la convocation du  corps électoral, avait affirmé que «la période de transition destinée à la préparation des élections présidentielles, se fera avec l’accompagnement de l’Armée nationale populaire, qui veillera au suivi de cette phase, au regard de la confiance réciproque entre le peuple et son armée, dans un climat de sérénité et dans le strict respect des règles de transparence et d’intégrité et des lois de la République». Ahmed Gaid Salah avait  aussi accusé  par la même occasion «certaines parties» de pousser certains individus au devant de la scène actuelle en les imposant comme représentants du peuple en vue de conduire la phase de transition, afin de «mettre en exécution leurs desseins visant à déstabiliser le pays». Depuis cette dénonciation, l’évolution de la situation dans le   sillage de laquelle se sont succédé  de grands  rebondissements a permis de lever davantage le voile sur ces viles intentions de conduire le pays vers le chaos. L’opinion découvre  alors l’existence de forces «extraconstitutionnelles, et l’institution militaire a affirmé, de son côté, sa détermination à faire barrage à tous ceux qui tenteraient d’ébranler  la stabilité du pays». La même institution avait clairement porté à la connaissance de l’opinion le complot qui se tramait contre l’Algérie,  orchestré par des  individus qui «ont vendu leur conscience et qui n’ont cure de l’intérêt supérieur du pays». Ceux-là mêmes «qui voudraient voir perdurer la crise en rejetant toutes les solutions disponibles et possibles, et  qui ont attendu des années durant  pour mettre à exécution leur plan machiavélique». 
Ceci  étant  dit  et pour revenir à la présidentielle du  4 juillet, l’attachement du chef de l’Etat à ce processus qu’il a réitéré d’ailleurs  lors de l’audience accordée  récemment au Premier ministre dénote son souci d’éviter le vide constitutionnel, synonyme d’un  saut dans l’inconnu  pour le pays. En raison de l’absence d’un consensus sur la solution à la crise politique que vit pays, le chef de l’Etat a sans doute préféré s’en tenir au respect des échéances dictées par la Constitution plutôt que d’aller vers  d’autres formes de transition aléatoires. Pour autant, l’opinion se pose toujours cette  question : y aura-t-il réellement une présidentielle le 4  juillet ? Les jours qui vont suivre  nous le diront. 
     Karim Aoudia 
 

Auteur: elmoudjahid
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