En prévision de la tenue, samedi prochain à Alger, de la conférence de la société civile, pas moins de quatre réunions ont déjà eu lieu, pour élaborer une feuille de route «consensuelle» destinée à contribuer à faire sortir l’Algérie de la crise politique actuelle.

Les résultats des travaux de ces réunions à laquelle ont pris part des représentants de 71 associations et syndicats devraient être soumis dans quelques jours à la Conférence de la Société civile attendue le 15 juin 2019, avant d’être présentés, dans une prochaine étape, aux partis politiques.
Convié à s’exprimer à ce sujet sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, M. Lyes Merabet, membre initiateur de la conférence nationale de la société civile au nom de la confédération des syndicats algériens, a de prime abord souligné que les choses avancent dans le bon sens. «On est en train d’avancer dans le bon sens, malgré des divergences, pour l’instant, sur certaines positions.
Mais pour l’essentiel, on est en train de synthétiser une position consensuelle sur pas mal de points. L’essentiel c’est que nous avons réussi à rassembler cette société civile qui était éclatée», a-t-il notamment déclaré mettant en avant, par la même, son sentiment de «satisfaction»  quant au travail accompli, pour l’heure. Le Dr Lyes Merabet, qui est par ailleurs, faut-il le rappeler, président du SNPSP (Syndicat national des praticiens de la santé publique), a mis l’accent sur le fait que les syndicats autonomes sont dans le Hirak depuis le 22 février dernier.
Poursuivant ses propos, il notera que «Maintenant, on est en train de constater qu’il est temps de s’asseoir dans des espaces de débats, de discussions mais aussi de dialogue et de négociations, pourquoi pas, dans un second temps».
Cela dit, a-t-il ajouté : «Avant de le faire, il faudrait être sur des consensus en matière de propositions et c’est là, l’essentiel du travail» actuel. Selon l’invité de la rédaction, il sera question samedi prochain de «sortir avec une proposition de feuille de route consensuelle  et ensuite d’aller —dans un second temps, mais assez rapidement— avec ce projet de feuille de route vers les formations politiques, les personnalités nationales et les clubs d’intellectuels aux fins de discuter de la proposition consensuelle adoptée par la société civile. L’objectif est de ramener tout le monde, en front uni, derrière une proposition à formuler devant l’autorité  avec laquelle il faudrait discuter», a-t-il mis en exergue. Evoquant la loi fondamentale du pays, il dira qu’il y a certes des «choses à revoir» dans l’actuelle Constitution. Cela dit, il s’interroge, ensuite, sur le fait de savoir si dans cette étape que connaît le pays, cela représente «la priorité absolue».  C’est sûr, a-t-il concédé, qu’il y a des insuffisances, qu’on s’est égaré sur nombre de questions et qu’on est en retard à propos de pas mal d’autres. Cependant, a-t-il insisté, ce n’est pas la bonne voie, parce que les conditions économiques actuelles du pays sont très difficiles risquant de déboucher sur une explosion sociale, a-t-il estimé. Aussi et après avoir mis l’accent sur le caractère pacifique et apaisé des manifestations populaires qui se déroulent chaque semaine à travers le pays, depuis le 22 févier, M. Merabet relève que celles-ci ne peuvent pas durer éternellement et qu’on ne peut donc s’éterniser sur un débat sur une constituante «pouvant s’étaler sur des années».  Convié à mettre en avant le contenu des discussions engagées par le groupe de travail auquel il a pris part, l’invité de la rédaction a souligné que la quasi-majorité des propositions « insistent sur un retour à un processus électoral, à travers l’organisation d’une présidentielle ».
Cela devrait être précédé, a-t-il dit,  d’un «dialogue établi après une situation d’apaisement», nécessité par la libération des détenus d’opinion, l’arrêt des interpellations de manifestants et la levée des contraintes sur la presse, autant de conditions pour engager un dialogue responsable et sans exclusion, a-t-il soutenu. Il faudrait aussi, selon lui, un assainissement de listes électorales et une mise en place de commissions nationales et de wilayas «neutres» pour organiser le scrutin, assurer sa surveillance et annoncer ses résultats.
Soraya Guemmouri
 

Auteur: elmoudjahid
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