Incontestablement, et comme attendu, le dialogue auquel a appelé jeudi le chef de l’État dans son discours à la nation ne pouvait laisser indifférent, et le paysage politico-médiatique dans sa totalité et l’opinion publique, soit la société dans toutes ses catégories.

Les réactions sont en effet nombreuses, et, bien que celles-ci soient exprimées différemment, elles attestent, toutes, d’un intérêt collectif en faveur de l’ouverture de consultations pour débattre de l’issue de la crise politique actuelle. Même les opposants farouches au régime, à l’exemple du parti Jil Jadid, que préside M. Sofiane Djilali, trouvent intéressante la proposition du chef de l’État. «M. Bensalah a parlé de dialogue et d’élection présidentielle comme seule voie de salut, la proposition en soi n’est pas dénuée d’intérêt», indique le parti dans un communiqué, où il expose en outre sa vision et ses conditions pouvant, selon lui, garantir le succès de la concertation voulue inclusive dans l’objectif de parvenir à une solution consensuelle. Ce qui ne manque pas du tout de réalisme, juste peut-être d’un peu de volonté de la part de certaines parties qui feignent d’ignorer encore les engagements solennellement mis en avant par le chef de l’État. Des engagements parfaitement adaptés aux attentes de la quasi-majorité de la classe politique et de la société civile. Et pour cause, quand un parti tel Jil Djadid note qu’aujourd’hui «il n’y a qu’une seule issue pour les tenants du régime : remettre le pouvoir au peuple», on se rend à l’évidence que c’est exactement ce qu’a dit M. Bensalah en réitérant dans son récent discours son engagement à garantir «au scrutin présidentiel toutes les conditions d’une élection régulière telle que souhaitée par notre peuple».  

 Les hautes instances de l’État souhaitent le consensus

En d’autres termes, il est donc certifié clairement qu’à l’heure de l’ouverture d’un dialogue où il est espéré, comme l’a souligné le chef de l’État, de «surmonter les obstacles qui sont à l’origine de la situation actuelle», le régime n’entend absolument rien imposer. Bien au contraire, les hautes instances de  l’État souhaitent vivement qu’il y ait émergence d’un consensus en faisant valoir la voie de la sagesse, la pondération, en préservant les  intérêts suprêmes du pays et en faisant appel à l’intelligence collective de tous les participants à cette nouvelle phase de  dialogue qui s’annonce sous le signe de la décantation.
Un dialogue  devant  tout naturellement se traduire par la définition des  mécanismes nécessaires à même de réussir une présidentielle crédible et intègre.
C’est  en effet dans cette optique que les partis politiques ont été nombreux  à  accueillir  l’appel du chef de l’État à un  dialogue national. En  effet, à l’appui du RND et du MPA qui  salué le contenu du  discours de M. Bensalah, l’Alliance nationale république (ANR)   s’en félicitée également de cette approche.  Ce parti estime que «cet appel s’inscrit en droite ligne avec la position constante exprimée par le parti depuis le début de la crise politique, et qui considère que le dialogue inclusif, sérieux et non exclusif constitue la seule voie pour  dépasser cette conjoncture complexe, dans le cadre de la solution   constitutionnelle et électorale». À ce propos, l’ANR a appelé à nouveau l’ensemble des partenaires (partis politiques, société civile et représentant du Hirak) «à faire prévaloir   impérativement les intérêts suprêmes de la nation sur les intérêts partisans ou personnels étroits et à engager, sans perte de temps, un dialogue responsable, réaliste et constructif permettant de répondre aux aspirations et aux revendications légitimes du Hirak populaire, et de concrétiser la volonté souveraine du peuple dans le cadre d’une présidentielle crédible», mettant en avant la nécessité de commencer par dégager «un consensus sur   l’instance indépendante chargée de l’organisation et de la supervision des élections».
Le mouvement El-Islah a également valorisé le contenu du discours de M. Bensalah, soulignant que le mécanisme de dialogue était «le moyen adéquat de rapprochement des vues et le plus à même de susciter un consensus national capable de sortir le pays de sa crise actuelle».  

Aller en urgence vers des assises de dialogue

Le président de cette formation politique, Filali Ghouini, a estimé impératif «d’aller en urgence» vers des assises de dialogue et de concertation regroupant les différents acteurs afin de parvenir à «un large consensus national, dont les résultats allieront le texte constitutionnel et les solutions politiques inspirées de la Constitution, et ainsi élaborer une feuille de route consensuelle et sereine aboutissant le plus rapidement possible à l’échéance présidentielle». Par ailleurs, le Front des forces socialistes (FFS) a considéré que le  discours du chef de l’État visait «le maintien du statu quo et la  résistance au changement», ainsi que l’application d’une feuille de route «afin de préserver un système stérile et usé, au lieu de suivre la voie de la sagesse en répondant positivement aux revendications populaires».
Pour le premier secrétaire national du FFS, Hakim Belahcel, «les solutions politiques existent et ne demandent qu’à être prises en compte».  
Karim Aoudia

Auteur: elmoudjahid
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