Fidèle à ses engagements intellectuels, la communauté universitaire multiplie les initiatives pour s’inscrire dans la dynamique de changement, et apporter ses propres solutions pour résoudre la crise politique qui prévaut actuellement.
C’est dans cette optique que le Conseil national des enseignants de l’enseignement supérieur (CNES), a organisé, hier, une rencontre fort instructive, à la faculté des sciences politiques et de l’information de l’université d’Alger-3. Une rencontre où les interventions d’universitaires de haut niveau ont fait ressortir une position unanime, qui est la nécessité d’«accélérer l’annonce et l’établissement d’un nouveau round de dialogue national», ainsi que l’option «incontournable», d’organiser les présidentielles dans les plus brefs délais. Partant du constat qu’il n’est plus question de «perdre du temps», les universitaires estiment qu’il y a urgence d’aller vers les élections «dans les plus brefs délais», et ce dans le cadre de la Constitution, le respect de la loi, et l’édification d’un consensus.
«La recherche de solutions pour la crise politique du pays ne peut se faire que par le dialogue et la recherche d’une convergence d’opinion autour du minimum politique», ont-ils affirmé.
Autrement dit, les concessions et le compromis sont «nécessaires» pour la préservation du caractère pacifique du mouvement populaire, et la concrétisation des revendications des citoyens.
Devant une salle comble, les intervenants ont souligné à l’assistance que «la consultation participative ne doit pas être faite dans un climat imposé, où des groupes, des partis politiques, ou autres acteurs imposeront leur diktat, ou desiderata, aux autres, mais dans un climat de débats objectifs et constructifs, ayant pour seule finalité l’intérêt national».
Au cours des débats, les animateurs du CNES ont précisé que «devant l’intérêt national, tous les intérêts partisans et personnels doivent s’estomper». Justement pour eux, «la démocratie, c’est le débat», car la confrontation d’avis et d’opinions divergents permettent de révéler la vérité ou de faire éclore de nouvelles idées.
C’est pourquoi, estiment-ils, la conjoncture politique actuelle, fait que les acteurs de la société civile, les partis politiques et les représentants du pouvoir «sont amenés à faire face à une situation des plus difficiles et à une impasse politique défavorable à la réalisation des objectifs du mouvement populaire», à savoir le passage vers un nouveau système politique, où les principes de justice, l’alternance démocratique, priment sur ceux de la cooptation, la corruption, et le clientélisme, «ayant caractérisés le système politique algérien durant des années». Au cours de cette rencontre, ses initiateurs ont tenu à «saluer» le rôle joué par l’institution militaire dans l’accompagnement du mouvement populaire et la préservation de son caractère pacifique ainsi que la protection des citoyens dans leur quête pour l’instauration des principes démocratiques.
L’heure n’est plus aux
« palabres », mais aux « actions efficaces », estiment les enseignants universitaires
Pour ce qui est des mécanismes de réalisation de ces objectifs du dialogue et le passage vers un nouveau système politique, les animateurs estiment que les mécanismes de débats, de dialogue et de compromis pour l’intérêt de la Nation «doivent être mis place».
En effet, il s’agit pour eux, de proposer «la création des conditions susceptibles de faciliter la participation des citoyens, individuellement ou à travers des corps intermédiaires partis politiques, organisations de la société civile, à tout le processus de l’instauration d’«une instance pour le dialogue national».
Aussi, cette instance devrait avoir en son sein, des membres représentants du mouvement populaire, des acteurs de la société civile, et les délégués des pouvoirs publics et ce «pour proposer à l’issue des délibérations, quelques pistes de forme et de fond qui peuvent contribuer à la réalisation du projet de société pour en finir avec les résidus du système de la corruption». Toujours selon les universitaires du CNES, «l’instance nationale chargée de l’organisation de ce dialogue, sera composée de 6 membres, dont 3 désignés représentant les trois autorités, à savoir : la présidence, le gouvernement, les deux chambres du Parlement, la Cour suprême et le Conseil d’Etat, et 3 autres membres élus, choisis parmi les partis politiques, la société civile, les personnalités et les élites nationales».
Après son installation, l’élaboration de son règlement intérieur et la désignation de son porte-parole, l’instance chargée de l’organisation du dialogue devra adresser «une invitation officielle à un dialogue national inclusif, sans exclusion aucune, dont l’unique objectif serait l’examen des mécanismes d’organisation d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais», a-t-on souligné. Pour les initiateurs de cette proposition «le président élu sera chargé d’opérer les profondes réformes politiques revendiquées par le hirak populaire».
«Le progrès, la prospérité, le développement durable et la démocratie participative et inclusive de notre pays ne seront possible que lorsque des leaders politiques, courageux et compétents décideront de changer les choses pour le mieux. La création de «l’instance pour l’organisation la surveillance des élections» en fait partie.
Dans ce sillage les intervenants insistent, entre autres sur l’amendement de la loi sur les élections «qui est une nécessité, vu les changements politiques majeurs qu’il faut suivre».
En somme, les participants, veulent faire de l’université «un espace où les idées émergent pour associer l’université au processus de changement».
Ils proposent d’inclure la consultation et la participation de tous les acteurs concernés «dont les contributions devraient être pertinentes», l’heure n’étant plus aux «palabres», mais aux «actions efficaces», ont-ils estimé.
Tahar Kaïdi
Auteur: elmoudjahid
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