La classe politique, la société civile et les personnalités redoublent de revendications multiples relayées chaque semaine par les manifestants. Et, chaque fois que le niveau des doléances augmente, c’est la crise qui trouve en elles un terreau fertile pour se prolonger et repousser toute possibilité d’une solution rapide, capable de tracer la voie au retour à un processus constitutionnel, ce qui passe nécessairement par le retour aux urnes afin d’élire un président de la République qui aura la charge de mettre en œuvre un plan de réforme en toute légitimité.
Jusqu’à présent, le mouvement populaire a réalisé plusieurs acquis qui ne doivent pas être sous-estimés étant donné qu’ils étaient ou qu’ils demeurent au cœur des préoccupations des citoyens. Il y a eu d’abord l’annulation de toute possibilité d’un cinquième mandat pour l’ex-président. Ensuite, la population a rejeté tout dialogue avec le pouvoir en place ce qui a été accordé puisque le panel constitué, à cet effet, est indépendant, étant donné que l’Etat et l’institution militaire n’y participent pas.
A propos de la prochaine élection, il est aussi acté que la commission qui se chargera du scrutin, de sa préparation à l’annonce des résultats, sera indépendante avec une présence nulle des autorités pour évacuer tout soupçon de fraude.
Il reste à définir les contours de cette instance, chose laissée à l’appréciation des participants au dialogue qui doit débuter incessamment, comme l’a annoncé le panel. Ce dernier s’attend à ce que d’autres personnalités intègrent ses rangs pour parvenir à une représentativité plus large de toutes les composantes de la société. Dans ce cadre, ce ne sont pas les bonnes volontés qui manquent même si certaines défections ont été enregistrées. Il y a eu aussi de l’hostilité vis-à-vis du panel car quelques parties l’avaient donné pour mort sans mesurer le risque d’un vide qui n’aurait rien arrangé, car les choses allaient empirer et la perspective d’une sortie de crise s’éloignerait davantage sans un dialogue sérieux apte à dégager une feuille de route conduisant à une élection.
Depuis l’annulation de la présidentielle du 4 juillet dernier, qui avait certes constitué une victoire de la volonté populaire, l’Algérie se trouve dans une situation difficile caractérisée par des désaccords sur la manière de gérer cette période pré-électorale.
Nombreux sont ceux qui appellent de leurs vœux l’avènement du changement du système mais l’accord est loin d’être acquis sur la manière d’y parvenir. Et c’est parce que des divergences sont exprimées, qu’il y a nécessité d’échange de points de vue dans un cadre organisé afin de retenir les propositions idoines pour mettre fin à la conjoncture actuelle. Des avertissements sont lancés de partout pour mettre en garde contre les vulnérabilités qu’un tel contexte peut engendrer au plan politique, économique et social. Néanmoins, quelques analystes constatent que malgré les mois de mobilisation et de détermination populaires, le blocage tant annoncé n’a pas eu lieu. En témoigne le fait que la fin du cursus scolaire et universitaire s’est déroulée dans le calme, que les rouages de l’industrie, de l’agriculture et des services continuent de fonctionner et que les problèmes générés au sein des entreprises dont les patrons sont en détention sont pris en charge par l’Etat afin de minimiser l’impact sur l’emploi et l’appareil de production.
Même la prochaine rentrée sociale est en train d’être préparée par le gouvernement afin que tous les détails soient réglés à l’avance et éviter tout risque de désorganisation quelconque.
Le pouvoir est loin de vouloir imposer un coup de force électoral à un peuple résolu à parachever sa révolution et la faire aboutir à une transition démocratique, prélude de l’avènement de la deuxième République.
C’est pour cette raison que l’initiative est laissée aux acteurs de la scène politique de préparer les conditions de cette transition alors que l’Etat restera garant de son aboutissement en acceptant les propositions issues des prochains rounds de dialogue et que ses propositions seront traduites en loi et règlement pour passer ensuite à leur application.
A. M.
Auteur: elmoudjahid
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