Prenant à son tour, son bâton de pèlerin pour promouvoir l’option du dialogue englobant toutes les parties de la société, le président du bureau national de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (UNPEF), Sadek Dziri, et coordinateur de la Confédération des syndicats autonomes (CSA), a proposé de former ce qui sera connu sous le nom de «collectif de médiation». Une démarche qui aura pour mission de négocier avec les forces démocratiques ayant boycotté le Forum du dialogue national, le 9 juillet dernier.
L’impératif de la concertation et du dialogue pour sortir de l’impasse politique motive désormais les acteurs politiques qui multiplient les appels à accepter les concessions, à débattre et «à faire des compromis». C’est ce que confirme M. Dziri, lorsqu’il invite la classe politique «à faire preuve de sagesse en dépassant les clivages idéologiques et en adhérant pleinement au processus du dialogue». Pour convaincre les acteurs politiques de leur responsabilité en cette période charnière, il est primordial, pour ce responsable, de convaincre le plus grand nombre, de la nécessité pour chacun, d’assumer le destin collectif.
La principale mission donc, pour ce «collectif de médiation», est de convaincre les acteurs de la société civile, les syndicats et les partis politiques de pôle démocratique de «rejoindre et participer au processus du dialogue national», notamment l’ordre des médecins et les syndicalistes «proches des démocrates», pour aboutir à une initiative politique «et contribuer en tant que société agissante qui propose des solutions à la crise». «La société civile doit retrouver sa position de leader dans la structuration et la représentation de la société. Elle doit être sa voix en défendant ses revendications en les transformant en projets à proposer à la classe politique et à l’État», a avancé M. Dziri, en affirmant que le dialogue est une nécessité «qui ne doit pas être porté par une motivation partisane ou idéologique, mais par la prise de conscience de la gravité de la situation». En insistant sur l’importance de «fédérer toutes les sensibilités politiques», le syndicaliste a mis en garde contre toute tentative visant «à traîner le Hirak pacifique, vers des affrontements marginaux en vue de semer le chaos, de porter atteinte à l’unité nationale et à la cohésion sociale. Toute forme de radicalisme et surenchères politiciennes visant à faire échec de l’initiative de dialogue sérieux et inclusif est désapprouvée», pour la simple raison que «le peuple s’est libéré de toute forme de tutelle sur sa volonté», a-t-il ajouté.
Le dialogue national global avec les acteurs de la classe politique, de la société civile, des personnalités nationales et des activistes du soulèvement, portant sur la situation politique, économique et sociale du pays, et les moyens de sortie de crise, est aujourd’hui un prélude pour préparer et réunir les conditions indispensables à l’amorce d’une transition réelle, notamment le temps et les mesures d’ouverture, qui permette une rupture réelle avec l’ancien système, ainsi que de garantir la construction d’institutions légitimes et crédibles, a encore estimé Sadek Dziri, qui souligne que cette position illustre la dynamique de la société civile.
En revanche, les partis semblent être «désorientés» par rapport aux positions politiques à observer. C’est l’avis de Mohamed Henad, professeur des sciences politiques.
Pour lui, «les formations politiques sont elles aussi responsables de l’impasse actuelle».
Il explique que les partis ont échoué à contribuer à «cet effort de participation à la concrétisation des aspirations des Algériens sortis en masse pour réclamer une véritable transformation politique». «Chaque phase nécessite un discours, un positionnement», or, ajoute-t-il, «le tournant historique actuel exige de la décantation, un nouveau discours politique» et surtout «un nouveau contrat social, pour fonder une nouvelle pratique politique».
La gravité de la situation requiert des valeurs, telles que le devoir de patriotisme, pour «engager une initiative politique destinée exclusivement à proposer au peuple algérien, estime le politologue qui considère que la décrispation politique et l’apaisement des tensions politiques sont nécessaires comme une première étape afin de mener à bien la délibération pour les futures réformes politiques à entamer. «Il est temps de faire preuve d’acuité politique, et non pas d’opportunisme», conclut le professeur.
Tahar Kaidi
Auteur: elmoudjahid
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