De rebondissement en rebondissement, l’évolution du contexte politique fait que la crise a propulsé le pays dans une nouvelle phase, avec ses exigences, ses aléas et inévitablement ses retombées sur l’avenir,  autant en termes de stabilité social qu’économique.

En effet, depuis la décision du Conseil constitutionnel, qui a invalidé, en début de ce mois, les deux dossiers de candidatures de la présidentielle de 4 juillet, certifiant du fait du report de ce scrutin tant les conditions y afférentes ne s’y prêtent pas, les conditions en question ont été clairement mises en valeur dans le  dernier discours du chef de l’État adressé à la nation, qui, en la matière, a priorisé la restauration de la confiance et la mobilisation des forces patriotiques autour d’un dialogue inclusif, sincère et serein, dans le seul objectif de parvenir à un  large consensus, soit une entente collective sur la feuille de route à mettre en exécution pour transcender la situation actuelle. Le chef de l’État a donc de nouveau appelé les partis politiques, représentants de la société civile et les personnalités nationales à adhérer à ce  processus consensuel, «et à faire valoir la sagesse et l’intérêt du peuple, tant dans leurs débats que dans leur revendications». La finalité étant d’aller vers un scrutin présidentiel consacrant un nouveau départ pour le pays sur des bases démocratiques respectant la souveraineté populaire, le chef de l’État s’est aussi engagé, à ce propos, à réunir les conditions indispensables, ainsi que les mécanismes les mieux adaptés pour réussir ce rendez-vous des urnes. Celui-ci sera donc le  troisième à initier successivement après l’annulation de deux présidentielles qui devaient se tenir, pour l’une le 18 avril 2018 et, pour l’autre, le 4 juillet 2019.
Les réactions de la classe politique à l’appel au dialogue et à la concertation lancé par M. Bensalah ont été  nombreuses. Certains approuvent l’idée, voire la nécessité de se mettre  autour  d’une  table  et débattre de l’Algérie de demain, alors que d’autres s’obstinent à camper sur leurs positions antérieurement exprimées sur la question, à savoir le  refus de  dialogue. Pourtant, les uns et les autres s’accordent sur le fait qu’il y a urgence d’ouvrir  la   concertation qui demeure la voie la plus sûre pour solutionner la crise actuelle, non sans cristalliser les revendications du peuple. Toutefois, on constate chez les positions de  certains, cette étrange attitude d’écouter sans entendre, sinon un empressement à calculer l’échec à l’avance. En la matière, on est tenté de citer deux exemples édifiants. Le premier se rapporte à la réaction du parti Jil Jadid, où il affirme que la «seule issue pour les  tenants du régime et de remettre le pouvoir au peuple».
Or, c’est  exactement ce qu’a souligné le chef de l’État, dans son discours en parlant de l’organisation d’une élection présidentielle, exactement «comme souhaitée par le peuple». Le second exemple est relatif à la réaction du  FFS, où le plus vieux parti de l’opposition a insisté sur «un vrai dialogue inclusif et responsable, pour la construction d’un État de droit». Là encore, c’est l’engagement dont  a fait  part solennellement M. Bensalah, sauf que le FFS semble aller trop vite dans son appréciation, lui qui prédit le fiasco avant de s’imprégner des données organisationnelles  de ces concertations. Pendant ce temps, la société civile s’apprête à finaliser les préparatifs d’une  conférence  nationale, prévue le 15 juin, afin d’aboutir à «une feuille de route» pour sortir de la crise que vit le pays et qui sera présentée, par la suite, à la classe politique.  Plus de 500 personnes représentant près de 40 syndicats, associations et organisations nationales devront prendre  part  à  ce rendez-vous. D’autre part, le projet de loi définissant les modalités de  la mise en  place d’une commission indépendante qui sera chargée de l’organisation et du contrôle de l’élection présidentielle est sur le point d’être finalisé. C’est dire que le fait d’aller vers une solution  consensuelle  à la  crise actuelle n’est pas hors de portée. Tout est une question de  confiance !  
 Karim Aoudia 

Auteur: elmoudjahid
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