Un processus électoral pour un scrutin présidentiel fixé en vertu des dispositions constitutionnelles, notamment  l’article 102 qui lui confère un caractère légal dans sa mise en action, risque de ne pas aboutir. Le report de cette élection paraît si évident, à telle enseigne que même la décision de son annulation devant émaner prochainement  du Conseil constitutionnel semble constituer une simple formalité.

Disons-le franchement, quand bien même le Conseil constitutionnel viendrait à valider les deux candidatures, les seules qui lui ont été remises pour examen sur un total de 77 lettres d’intention de candidature, le fait de persévérer sur la voie d’une présidentielle le 4 juillet, n’est ni plus ni moins qu’une anticipation de l’échec.
Le contexte ne s’y prête guère en effet, encore moins les conditions à même de garantir le succès de ce rendez-vous boudé d’avance, faut-il le rappeler, par la quasi-totalité des partis politiques et rejeté en bloc par la société,  s’il l’on tient compte de la position exprimée à ce sujet par des milliers d’Algériens sortis vendredi dernier. Forcément, la solution à la crise politique se trouve donc ailleurs.
Les chances de voir cette solution se muer en «feuille de route» consensuelle approuvée et acceptée par tous dépend nécessairement de la volonté de tout un chacun, hauts responsables de l’Etat, partis politiques, personnalités et société civile, de privilégier l’intérêt suprême de la Nation.
La pérennisation de la crise actuelle risque d’avoir de fâcheuses conséquences sur divers plans de la vie publique, même si l’on salue le juste «combat» que mène le peuple depuis le 22 février pour instaurer une démocratie, bâtir une Algérie meilleure et tracer la voie pour un avenir prometteur.
De tels objectifs ne peuvent se consacrer sur le terrain sans qu’il y ait définition au préalable d’une solution consensuelle à la situation actuelle, incluant aussi bien les modalités de mise en place d’une commission indépendante d’organisation et de contrôle d’un scrutin présidentiel que les conditions nécessaires au succès de cette élection, sans oublier d’établir aussi les contours de l’Algérie nouvelle. Aller vers le dialogue  ne  semble pas constituer une équation difficile si l’on tient compte d’une part de la disposition de la classe politique disposée à ouvrir le débat et à privilégier la concertation, et d’autre part de l’accumulation des propositions obéissant à l’idée de transcender la situation actuelle. Si l’on venait à en rappeler les prises de positions  des partis  politiques, ces derniers, toute  obédience confondue, sont  en  effet  favorables au dialogue.
C’est le cas notamment du  FLN  pour qui «la sortie de crise que traverse l’Algérie passe par le dialogue efficace, loin des conditions rédhibitoires et des complots». Idem pour ce qui est du RND  ayant réitéré tout récemment son appel à la classe politique afin d’engager un dialogue politique qui mènera à l’organisation de l’élection présidentielle et ouvrira la voie au processus de changement global, notamment à travers l’application des articles 7 et 8 de la Constitution. 
Le plus vieux parti de l’opposition, le FFS, estime, lui  aussi, nécessaire d’engager  un dialogue public et transparent idoine pour construire un pacte politique fondateur qui prendra en charge «tous les aspects de la crise».
Le parti se dit même  convaincu que ce dialogue  sera à même de jeter les bases de la construction d’une   vraie alternative démocratique, prélude à l’avènement de la 2e République. De son côté, le MSP a, lui aussi, appelé à ouvrir la voie du dialogue et de l’entente pour garantir la réussite de ce que  ce parti appelle la transition démocratique.
Bref, nombreux sont donc les appels pour l’ouverture du dialogue et qu’il y ait autant de dispositions à se concerter, sans  exclusion, sur l’avenir du pays, c’est déjà cela le début du  chemin qui mène vers le consensus.
Karim Aoudia   

Auteur: elmoudjahid
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