«L’Algérie a réussi une étape fondamentale et vient de mettre en place un des mythes fondateurs de la nouvelle république», estime le président du parti Jil Djadid, qui s’exprimait, jeudi, sur les ondes de la radio nationale. «Si on fait le bilan des onze derniers mois, soit moins d’une année, on s’aperçoit que notre pays a traversé des étapes incroyables marquées par le départ des principaux dirigeants et une ouverture réelle, avec une possibilité de changer le système de gouvernance», s’est félicité Sofiane Djilal, qui récuse la thèse selon laquelle le Hirak a échoué.
Revenant, lors de son passage à l’émission «L’Invité de la rédaction», de la Chaîne III, sur le déclenchement, le 22 février 2019, du mouvement populaire, il considère que le quatrième mandat a été la porte ouverte «à tous les abus et à tous les dérapages», et affirme que l’Algérie s’est enfoncée «petit à petit dans un piège qui commençait à être mortel», indiquant que les Algériens ont été «trompés par leurs dirigeants et dépouillés de leurs richesses».
Selon lui, les citoyens sont sortis «parce qu’ils ne supportaient plus le régime qui a érigé la corruption et la prédation comme moyen de gouvernance», relevant que c’était «le moment de faire ce changement». «Aujourd’hui, ce changement est possible, mais il faut être conscient des enjeux. Le système qui a été mis en place depuis très longtemps est profondément enraciné. Il y aura forcement des résistances et des blocages», a-t-il prévenu. Sofiane Djilali estime, par ailleurs, que notre pays est entré dans une «nouvelle phase» et que des bouleversements et des changements «très importants» se sont opérés durant les onze derniers mois. «Il faut maintenant préparer très sérieusement la construction d’une nouvelle gouvernance», a-t-il ajouté
Profitant de cette opportunité, il est revenu sur sa rencontre avec le président de la République. «C’était une occasion pour échanger les idées sur les grandes questions, de mieux comprendre la vision de M. Tebboune et d’évoquer un certain nombres de propositions et d’interrogations que se posent les citoyens, dont les Hirakistes qui marchent chaque vendredi», a-t-il indiqué. Il relève que l’Algérie se trouve face à une «nouvelle réalité», estimant que l’ancien régime a été «totalement éliminé». «Nous avons une opportunité importante pour construire une nouvelle gouvernance qui doit passer forcement par une révision de la Constitution», a-t-il souligné.
Le président de Jil Jadid a, en outre, évoqué la volonté de revoir les prérogatives du Parlement, afin de contrôler réellement la vie politique et le fonctionnement du gouvernement, et de mettre en place un «système judiciaire indépendant de l’Exécutif».
«La justice a un rôle extraordinaire à l’intérieur d’une société. Elle a le pouvoir d’équilibrer les rapports entre les citoyens, mais aussi entre le citoyen et l’Administration, en général, et entre gouvernants et gouvernés, en particulier», a-t-il déclaré. «J’ai posé la question au président de la République, et il était favorable à la séparation du pouvoir judiciaire du pouvoir exécutif. Il envisage de donner, à travers cette nouvelle Constitution, toutes les prérogatives à une justice libre et indépendant», a-t-il noté, ajoutant que le referendum est envisagé pour mai ou juin prochains, soit avant l’été. Considérant que la transparence d’un processus électoral permettra une «véritable représentation», il précise qu’une élection législative anticipée s’impose d’elle-même. «L’important est que soit maintenue cette volonté de répondre aux revendications de la population», a-t-il conclu.
Kamélia Hadjib
Auteur: elmoudjahid
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