LE TEMPS – Hamma HANNACHI
Il est doux ce pouvoir, il n’est pas vieux non plus, le soft power a donné ses preuves quant à la conquête des marchés commerciaux ; grâce aux industries des loisirs et de la consommation (Hollywood en premier lieu), les Etats Unis, pionnier en la matière sont entrés facilement dans les foyers, instillant l’idéologie libérale.
L’inventeur du concept (Joseph Nye), explique le phénomène qui « …décrit un type de ressources particulières parmi d’autres, mais dont le poids exercé dans l’économie mondiale est devenu prépondérant »
En ce domaine la Chine, deuxième puissance économique mondiale, qui a connu une croissance rapide, supérieure à 9% emboîte le pas à la première puissance. La fameuse Route de la soie dévoilée en 2013 a préparé le terrain à une coopération solide avec les pays conquis économiquement ; le pays du Soleil Levant occupe d’année en année le terrain perdu par son concurrent.
En cette annus horribilis de Covid-19, lequel -ne l’oublions pas- est né dans son territoire (Wuhan), la Chine a adapté au goût du jour la politique du Soft power. Qu’on se rappelle le geste noble, quand une société chinoise a fait don de dizaines de milliers de masques FFP3 au gouvernement italien pour l’aider à diminuer la propagation du coronavirus.
En mai dernier, lors de l’Assemblée mondiale de la santé qui portait notamment sur l’accès aux vaccins et médicaments, le président chinois a promis de partager un éventuel vaccin avec le reste du monde et de consacrer, sur deux ans, 2 milliards de dollars à la lutte mondiale contre le nouveau coronavirus, apparu dans son pays au mois de décembre de l’an dernier. Une promesse fort appréciée par les pays en développement.
Des mois plus tard, alors que le monde pâtit encore des conséquences sanitaires et économiques de la deuxième vague, on apprend que 10 vaccins sont arrivés en dernière phase 3 (les plus avancés sont testés à grande échelle sur des êtres humains et pourraient être approuvés par les autorités sanitaires dès le début de l’année prochaine). Les laboratoires se frottent les mains, se préparant à en produire en grande quantité et les fournir aux milliards de personnes. Autant dire le bonheur annoncé pour les multinationales pharmaceutiques.
Sur le créneau de la recherche, la Chine est en tête de la course ; des centaines de milliers de Chinois ont été vaccinés contre le Covid-19. Et, en matière de Soft power ? Eh bien, elle a décidé pour le bonheur de l’humanité de rendre des vaccins Covid-19 « un bien public mondial », annonce l’OMS, et cela viserait 92 pays pauvres. En voilà un point supplémentaire à ajouter au capital sympathie de la Chine.
H.H.
Auteur: letemps1
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