Ramadhan est le mois de la solidarité par excellence. L’expérience de «jeûner» place un grand point d’interrogation devant les jeûneurs qui connaissent le sens de cette obligation, et sur laquelle ils se doivent de réfléchir lorsqu’ils sentent la faim et la soif, ainsi que l’amertume de la privation, éprouvant ainsi la même souffrance que ressentent les pauvres et les démunis  hors du mois de Ramadhan.

Ces derniers sont satisfaits quand ils savent qu’ils ont sur leurs tables les mêmes repas que la plupart de leurs concitoyens qui partagent la même foi et attendent tous la bénédiction de Dieu. A Bordj-Bou-Arreridj, beaucoup de personnes aisées financièrement se mobilisent pour venir en aide à leurs proches dans le besoin… L’Etat aussi participe à cet élan de solidarité et consacre chaque année des enveloppes importantes pour soulager les 

démunis. Dans cette wilaya où plus de  23.000 familles de cette catégorie ont été recensées, prés de cent millions de dinars ont été mobilisés pour financer les couffins du ramadhan distribués à ces familles. Quand on parle de couffin, nous pensons aux achats alimentaires effectués par ces démunis durant cette période car les structures de l’Etat ne vont pas se charger de le faire, ce qui permet de corriger les erreurs passées. 

Outre l’augmentation de la dotation qui passe à 6.000 dinars -au lieu des 3.000 habituels- la nouvelle formule qui consiste à faire un virement de l’aide octroyée va permettre d’assurer une transparence de l’opération qui est caractérisée désormais par la traçabilité en cas de contrôle et par la préservation de la dignité des personnes concernées qui n’auront plus à se déplacer pour récupérer leurs dus comme s’ils demandaient l’aumône, nous dit le directeur de l’action sociale au niveau de la wilaya, M Abdelkader Dehimi . Le DAS de Bordj-Bou-Arreridj qui explique que les personnes concernées ont été invités à ouvrir des comptes pour recevoir cette aide, indique que cette façon de faire «assure même une célérité de l’opération qui doit se terminer avant le début du mois sacré. Toutes les APC de la wilaya ont commencé à virer les sommes qui leur ont consacrées par le biais de leurs receveurs. Ceux qui n’ont pas encore de comptes recevront des mandats-poste avec le montant adéquat», précise-t-il.

Ces déplacements qui se traduisaient par des scènes de bousculades et de longues chaînes donnaient une piètre image de l’opération, dégradants même pour les bénéficiaires. Les virements évitent aux structures de l’Etat, comme les APC, de se charger eux-mêmes de l’approvisionnement en denrées alimentaires. Souvent ces dernières ne cadraient pas avec les besoins des personnes concernées, quand elles ne sont pas de mauvaise qualité ! Les observateurs ont remarqué que certains produits n’étaient pas adaptés pour le ramadhan ou faisaient partie des articles de luxe.

Avec de l’argent en main propre, le démuni achète ce qui lui manque surtout. Bien sur 6.000 dinars ne peuvent pas acheter grand-chose par les temps qui courent, mais très utiles en ce mois sacré.

Le mouvement associatif 

présent sur le terrain

N’oublions que le mouvement associatif est également très présent dans ce domaine. Plusieurs associations de la wilaya de Bordj- Bou-Arreridj ont annoncé avoir mobilisé des aides conséquentes pour les familles pauvres de la wilaya. Certaines d’entre elles se sont spécialisées dans les régions où elles sont implantées. D’autres ont choisi des catégories spécifiques comme les veuves et les orphelins.  Mais ces associations n’ont pas communiqué le nombre de citoyens touchés ainsi que les sommes consenties. 

Il faut dire que cette aide qui dépend du soutien des donateurs particuliers se poursuit en se développant durant tout le mois. Le nombre des bénéficiaires pourraient augmenter sensiblement dans les prochains jours. Notons que les couffins octroyés par l’Etat pour les démunis de la wilaya sont financés par le ministère de la Solidarité à hauteur de 17 millions de dinars, la wilaya avec 8 millions, les APC avec 55 millions et le Fonds de péréquation avec 19 millions.

Ce qui a permis de couvrir tous les concernés qui est en hausse par rapport à l’année dernière. En effet en 2018, les démunis de la wilaya étaient de l’ordre de 21.251 

familles.

Le chiffre qui a été arrêté par la DAS en collaboration avec les APC a fait l’objet, rappelons-le, d’enquêtes avec les services concernés comme la CNAS et la CASNO. Les listes envoyées par les Assemblées populaires communales ont été assainies, note le DAS de la wilaya de Bordj-Bou- Arreridj.

Fouad Daoud

Auteur: elmoudjahid
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