Des personnalités, sollicitées pour rejoindre l’Instance nationale de dialogue et de médiation, ont décliné hier l’invitation d’adhérer au panel, alors que d’autres ont émis des réserves et des préalables, tout en soulignant l’impératif d’aller vers un dialogue national inclusif pour dépasser la crise politique que traverse le pays. Dans ce contexte, l’ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, a réitéré sa position de ne pas être candidat à d’éventuelles instances de transition ou à une élection.
Pour sa part, l’avocat et militant des droits de l’homme, Mokrane Aït Larbi, a affirmé ne participer à aucun dialogue rejeté par la «révolution pacifiq0ue», rappelant que le dialogue «est un moyen de rapprocher des opinions dans le but de régler des crises, mais le seul objectif de ce dialogue, tracé par le pouvoir, ne dépasse pas la préparation de l’élection présidentielle». Dans un communiqué publié sur son compte Facebook, Aït Larbi a souligné qu’«aucun dialogue (…) ne peut aboutir avant la prise par le pouvoir de mesures d’apaisement tangibles et des garanties suffisantes de respect des droits et des libertés», citant, entre autres (…), le respect des libertés publiques individuelles et collectives, le respect de la libre circulation, l’exclusion de tous les symboles de la corruption issus du système et l’ouverture des médias. Pour sa part, l’avocat et ancien député Mustapha Bouchachi a décliné l’invitation à rejoindre le panel du dialogue et de la médiation, en estimant sur son compte Facebook, que «les données et conditions de la tenue d’un dialogue national ne sont pas réunies». Il a expliqué que parmi les préalables à sa participation à ce dialogue figuraient, notamment (…) «la cessation du harcèlement exercé sur les manifestants pacifiques». De son côté, Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), également membre de la Confédération des syndicats algériens (CSA), s’est dit, dans une déclaration à l’APS, «honoré» que son nom soit cité pour une mission «aussi noble» afin de contribuer à une sortie de crise, indiquant, toutefois, que la décision définitive d’intégrer ce panel revient à son syndicat et à la CSA. M. Merabet a ajouté que le dialogue «ne doit pas être focalisé uniquement sur les élections présidentielles» et les réformes qui seront initiées «doivent marquer une rupture avec les anciennes pratiques de gestion des affaires publiques». «Le dialogue doit être ouvert pour que les revendications populaires soient réellement concrétisées», a-t-il martelé. Le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), Messaoud Boudida, a précisé, quant à lui, qu’il s’exprimait au nom de son syndicat qui est également membre du Forum de la société civile et de la CSA. «Ces deux organisations disposent déjà d’une feuille de route pour une sortie de crise. De ce fait, il est inconcevable d’adhérer à une autre feuille de route qui ne serait pas acceptée par ces deux organisations», a-t-il dit. Il a, en outre, indiqué avoir appris par le biais de la presse que son nom figurait dans la liste émise par le panel, niant tout contact direct avec les membres de ce panel.
De son côté, Hadda Hazem, directrice du quotidien arabophone El Fadjr, a déclaré avoir appris son invitation à rejoindre le panel du dialogue à travers la presse et les réseaux sociaux, précisant qu’aucun membre de cette instance ne l’a contactée de manière officielle. Elle a estimé que la solution à la crise politique que vit le pays «passe nécessairement par le dialogue», exprimant sa disponibilité à intégrer le panel pour «apporter le plus escompté». «J’adhère à la feuille de route du panel, d’autant plus que l’Etat et l’Armée se sont engagés à ne pas faire partie de ce dialogue, seule solution à la situation de crise qui n’a que trop duré».
Pour rappel, l’Instance nationale de dialogue et de médiation, qui a tenu dimanche sa première réunion, a décidé, d’un commun accord entre tous ses membres, d’inclure parmi sa composante, Yacine Boukhnifer, un des jeunes du Hirak, portant ainsi le nombre de ses membres à sept. Dans le même contexte l’Instance a réitéré son appel à des personnalités dont les noms circulent, en vue de « répondre à l’appel de la Patrie». Il s’agit de Djamila Bouhired, Ahmed Taleb Ibrahimi, Mouloud Hamrouche, Ahmed Benbitour, Mokdad Sifi, Abdelaziz Rahabi, Lyès Merabet, Lyès Zerhouni, Boudiba Messaoud, Guessoum Abderrazak, Rachid Benyelles, Hadda Hazam, Brahim Ghouma, Brouri Mansour, Hanifi Rachid, Adda Bounedjar, Farès Mesdour, Mustapha Bouchachi, Chems-Eddine Chitour, Benbraham Fatima Zohra, Drifa Ben M’hidi, Saïd Bouizri et Mokrane Aït Larbi. L’Instance a affirmé que «ses portes demeurent ouvertes à toutes les personnalités nationales, y compris celles de la Communauté nationale établies à l’étranger».
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M. Mouloud Hamrouche : «Pas candidat à des instances de transition ou à une élection»
L’ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, a réitéré, hier à Alger, sa position de ne pas être «candidat à d’éventuelles instances de transition ou à une quelconque élection».
«Je souhaite rappeler aux honorables membres du panel et des forums, ma déclaration du 18 avril dernier où j’indiquais que ‘‘Je ne serais pas candidat à d’éventuelles instances de transition ou élection’’», a indiqué l’ancien chef du gouvernement (septembre 1989 – juin 1991), dans un communiqué transmis à l’APS. M. Hamrouche, invité la veille par les personnalités du dialogue et de la médiation à rejoindre leur panel, considère que «le mouvement unitaire et pacifique du peuple a, depuis le 22 février dernier, neutralisé, momentanément, une série de facteurs de déstabilisation et stoppé d’imminentes menaces». Ces menaces «n’ont pas disparu pour autant et sont toujours en gestation. Il revient à ceux qui sont aux commandes d’agir, de répondre au ‘‘Hirak’’ et de mobiliser le pays pour lui éviter les pièges d’un chaos», a-t-il souligné.
Auteur: elmoudjahid
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