Le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac), propose à la Conférence des chefs d’État qui se tient ce 22 janvier 2026, un ensemble de mesures destinées à colmater les brèches.

Réuni en session extraordinaire le 19 janvier 2026 par visioconférence, le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de la barque macroéconomique de la Cemac. Sous la présidence de Tahir Hamid Nguilin, ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale de la République du Tchad, les ministres ont dressé un constat sans détour : les déséquilibres budgétaires et extérieurs persistent et fragilisent la stabilité monétaire et financière de la Sous-région.À l’image d’un navire soumis à des vents contraires, la Cemac avance, mais avec une coque affaiblie par le non-respect répété des engagements communautaires en matière de gestion des finances publiques.

Pour éviter que le bateau ne prenne l’eau, le Comité ministériel propose à la Conférence des chefs d’État un ensemble de mesures destinées à colmater les brèches et à remettre le cap sur la discipline collective.À court terme, il s’agit notamment de garantir la cohérence entre les lois de finances nationales et les engagements internationaux des États, de négocier ou de poursuivre les programmes économiques et financiers avec le FMI, et de renforcer la communication des statistiques, y compris celles relatives aux finances publiques.

Le Comité insiste également sur l’accélération de la mise en place des Comptes uniques des Trésors (CUT), la digitalisation des finances publiques, la préservation de l’indépendance des institutions communautaires, en particulier la Banque centrale, ainsi que le rapatriement des avoirs détenus à l’extérieur de la zone Cemac.À moyen terme, la solidité du navire passe par le renforcement et l’assainissement du secteur bancaire, ainsi que par l’accélération de la stratégie communautaire d’import-substitution, présentée comme un levier essentiel pour réduire la dépendance extérieure et stabiliser la balance des paiements.Conscient que sans suivi rigoureux, le cap pourrait de nouveau être perdu, le Comité ministériel recommande au PREF-Cemac de mettre en place un mécanisme de suivi et d’évaluation trimestrielle de l’ensemble de ces mesures.Ces recommandations sont désormais sur la table de la Conférence extraordinaire des chefs d’État de la Cemac, qui se tient ce 22 janvier 2026 à Brazzaville, sous la présidence de Denis Sassou Nguesso, président en exercice de l’organisation.

À l’heure où la mer financière reste agitée, la survie du bateau Cemac dépend plus que jamais du respect scrupuleux des règles communes et d’une gouvernance budgétaire rigoureuse. Faute de quoi, le risque de naufrage ne pourra être écarté.

Léon Mgba

Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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