La réception hier de la raffinerie de Sidi R’zine (Alger) constitue un «acquis énorme» pour l’Algérie dans la mesure où elle pourrait passer du statut d’importateur de produits raffinés à celui d’exportateur à partir de 2021, a affirmé le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour.

La raffinerie de Sidi R’zine constitue un «acquis pour l’Algérie qui ne recourra plus à l’importation de produits raffinés, mais pourra, par contre, en exporter à partir de 2021», a indiqué M. Ould Kaddour, lors de la cérémonie d’inauguration de la raffinerie qui a subi une opération de modernisation. «Nous avons mis du temps pour relever le défi de réaliser ce projet, cependant, nous avons appris beaucoup de choses en termes de respect des délais de réalisation, de coûts et de qualité», a-t-il ajouté.

A une question de la presse relative à l’échéance de l’ouverture des plis du projet de réalisation d’une raffinerie à Hassi Messaoud, M. Ould Kaddour a indiqué que «cela se fera bientôt», sans donner plus d’information. S’agissant des changements opérés dernièrement au sein de Sonatrach, le ministre a expliqué que cela s’inscrivait dans le cadre du rajeunissement des effectifs du groupe, déplorant l’interprétation négative que certains médias ont donnée à ces changements : «C’est une spéculation qui n’a aucun sens.»

A noter que le coup d’envoi de cette nouvelle infrastructure a été donné par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni et le P-DG de Sonatrach, et ce, en présence du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh et du wali délégué de la circonscription de Baraki. D’un coût de 1,5 milliard de dollars, cette raffinerie permettra d’augmenter les capacités de production de carburant de 3,6 à 5,4 millions de tonnes par an, a précisé le vice-président de l’activité commercialisation à Sonatrach, Ahmed Mazighi.

Selon ce responsable, la réhabilitation de la raffinerie d’Alger s’inscrit dans un programme de réhabilitation des raffineries du Nord, a souligné M. Mazighi. Ainsi, pour répondre aux besoins nationaux en produis dérivés, dont le gasoil, Sonatrach avait lancé en 2008 un vaste programme de développement de l’industrie du raffinage. Ce programme est scindé en deux axes, à savoir la réhabilitation des vieilles raffineries pour augmenter les capacités installées, ainsi que la réalisation d’autres, afin de rehausser les capacités de production et de traitement des produits dérivés pour répondre aux besoins nationaux et en exporter les excédents.

Le plan de réhabilitation qui concerne les raffineries du Nord (Alger, Arzew et de Skikda) vise à fiabiliser la capacité existante, augmenter la capacité de traitement primaire de plus de 3,8 millions de tonnes par an entre 2012 et 2019. Il vise également à accroître la part relative de la production de carburants (essence et gasoil) par rapport aux produits primaires (naphta et fuel) et à adapter l’outil de production aux normes de consommation européenne (Euro V), aux normes de sécurité industrielles et aux normes environnementales, a ajouté M. Mazighi. Expliquant la réhabilitation de la raffinerie d’Alger, le même responsable a d’abord rappelé que le français Technip avait remporté en décembre 2010 le contrat pour la réhabilitation de la raffinerie de Sidi R’zine.

D’une durée de 38 mois et d’un montant d’environ 963 millions de dollars hors taxes, il était prévu que le groupe français réhabilite en partie l’installation pour augmenter de 35% sa capacité de production et lui permettre de produire des carburants aux normes internationales. Toutefois, le groupe Sonatrach a résilié en juin 2015 de façon unilatérale ce contrat, mettant en cause le français Technip qui n’a pas respecté ses engagements.

La compagnie Sonatrach avait ensuite attribué le projet au groupe China Petroleum Engineering & Construction (CPECC) en 2016, dont le contrat est estimé à 45 milliards de dinars. Cette raffinerie permettra ainsi de résorber quasiment le déficit en essence, estimé à 1,4 million de tonnes, à partir du deuxième semestre 2019. «L’ Algérie n’importera plus d’essence à partir du second semestre 2019», a indiqué M. Mazighi, soulignant qu’à partir de cette échéance, l’outil de production sera adapté aux normes de consommation européennes  (Euro V) et aux normes de sécurité industrielle et environnementales. Outre la réhabilitation de la raffinerie d’Alger, l’Algérie compte réaliser de nouvelles raffinerie à Hassi Messaoud et Batna.

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Auteur: Anis Khecheba
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